Neuroéducation : un changement dans les modèles éducatifs traditionnels

· 25 novembre 2018
Vous ne savez pas ce qu'est la neuroéducation ? Lisez la suite de cet article pour le découvrir.

Des enfants qui s’ennuient, des enfants dyslexiques, dyscalculiques ou avec un trouble de l’attention… Les besoins éducatifs des élèves sont immenses. Or, la réponse apportée dans les centres est souvent aussi limitée qu’homogène. Il est crucial de passer à une nouvelle étape. Une étape qui verrait la neuroéducation faciliter cette approche. Et ce contexte psychobiologique. Tout deux si nécessaires dans ces cas.

Aucune étude n’est nécessaire pour nous faire prendre conscience d’un fait. Le terme « neuro » apparaît déjà très fréquemment dans n’importe quel contexte. Le neuromarketing, le neuro-bonheur, la neuro-créativité et la neuroéducation nous situent sur une scène aussi novatrice qu’intéressante. Il est temps de connaître l’être humain en profondeur. C’est le moment parfait pour comprendre comment nous pensons, apprenons, ressentons et prenons des décisions.

« L’âme est dans le cerveau. »

-Eduard Punset-

Cette connaissance transcende de nombreux schémas actuels. Elle signifie se plonger dans ce tissu synaptique et orchestré par une série de processus cérébraux pour comprendre, par exemple, que tous les enfants n’apprennent pas au même rythme. Qu’il faut du temps. Que certaines structures peuvent mûrir un peu plus tard. C’est pour cela que beaucoup d’élèves connaissent des difficultés au moment d’apprendre ou de renforcer leurs compétences.

Nous ne pouvons pas faire pression sur un enfant pour qu’il apprenne quelque chose s’il n’est pas encore préparé pour le faire. Cette pression, par ailleurs, génère de la frustration, de la peur et de l’évitement. Ceci représente tout le contraire de ce que devrait être l’apprentissage : un processus qui s’appuie sur la joie, la curiosité et la motivation.

neuroéducation

 

Neuroéducation, un nouveau modèle éducatif

La science est en train de découvrir des aspects exceptionnels sur l’apprentissage et la mémoire, des aspects qui n’ont pas encore été incorporés dans les programmes scolaires. Il y a un fossé entre ce que les neurosciences nous révèlent à propos du développement du cerveau des enfants et ce que nous pouvons voir au quotidien dans les salles de classe. Nous continuons à traiter les enfants de la même façon pour qu’ils dominent certaines compétences. Nous suivons les mêmes méthodologies traditionnelles. Nous remarquons les erreurs, pointons du doigt l’élève qui s’éloigne du chemin, celui qui n’y arrive pas, celui qui ne réussit pas en maths, celui qui voit les lettres danser quand il essaye de comprendre un texte…

Toutes les facultés humaines, y compris celles qui concernent l’apprentissage, ne répondent pas à un simple caprice. Ce n’est pas une question d’attitude : c’est le résultat de notre activité cérébrale. Par conséquent, si nous étions capables de comprendre comment fonctionne notre cerveau, nous serions plus compétents au moment d’organiser une classe. Nous saurions comment préparer les élèves, nous saurions créer un projet éducatif.

Quelle est la finalité de la neuroéducation ?

L’éducation traditionnelle présente de multiples limitations. Nous avons de bons professeurs et d’excellents instituteurs mais quelque chose ne va pas. L’éducation a besoin d’une meilleure base scientifique pour comprendre en profondeur les clés du développement cognitifL’objectif de la neuroéducation, par conséquent, est d’établir une base scientifique réelle dans l’enseignement et l’apprentissage.

Cela implique d’intégrer les dernières découvertes des neurosciences, de la psychologie et des sciences cognitives dans nos modèles éducatifs. Ce n’est que de cette façon que nous pourrons voir éclore une éducation plus sensible, inclusive et valide. Mais, pour cela, nous devons mettre de côté des mythes très classiques. Comme ceux qui nous disent que nous n’utilisons que 10% de notre cerveau ou que nous disposons d’un hémisphère artistique et d’un autre mathématique.

 

Comment peut-on appliquer la neuroéducation dans les salles de classe?

S’il est vrai qu’il nous reste beaucoup de chemin à parcourir dans le domaine de la neuroéducation, il faut quand même préciser que nous avons connu certaines avancées. Les politiques éducatives changent progressivement et elles le feront de plus en plus au fil du temps. Les progrès en matière d’éducation spéciale sont de plus en plus visibles, et l’horizon qui se dessine est assez prometteur. Cependant, nous avons besoin d’une plus grande implication des agents sociaux et, surtout, de politiques éducatives.

Voyons maintenant comment la neuroéducation devrait s’appliquer dans les salles de classe.

Une meilleure identification des besoins individuels

Des enfants avec des problèmes d’apprentissage, des élèves souffrant de dyslexie ou ayant d’immenses capacités intellectuelles… Cette identification précoce nous permettra d’appliquer des stratégies plus ajustées afin d’optimiser l’apprentissage des élèves.

Des lieux d’apprentissage positifs et stimulants

L’apprentissage doit être positif et avoir lieu dans un environnement amusant et stimulant. Nous devons donc créer de nouveaux environnements, avec des professeurs impliqués et habiles au moment de faire vivre de nouveaux défis aux enfants, sans que la rigueur académique ne disparaisse.

Des groupes d’apprentissage

Les enfants retiennent mieux les informations s’ils travaillent en petits groupes. Ces groupes créés par différents élèves rendent leur apprentissage plus dynamique. Tout ce qu’ils découvrent devient plus significatif. Par ailleurs, la coopération est stimulée, tout comme le respect.

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La transmission des découvertes de la neuroéducation à l’enfant

L’élève doit aussi comprendre sa façon d’apprendre. Qui plus est, les neurologues indiquent que leur enseigner les « fonctions exécutives » serait idéal. Il s’agirait de leur donner des modèles pour qu’ils sachent, par exemple, comment fonctionne l’attention, comment reconnaître leurs émotions, comment savoir quand ils sont en colère, fatigués, tristes…

Leur apprendre à réguler ces émotions afin qu’ils se contrôlent et se connectent davantage aux tâches proposées devrait être un point essentiel.

Une instruction individuelle et cognitive

Cet aspect est sûrement l’un des plus compliqués à mettre en place. Nous aurions besoin de professeurs qualifiés dans ce domaine. De personnes capables de deviner, par exemple, quel canal d’apprentissage correspond à chaque enfant: cénesthésique, auditif, visuel…

Il est également essentiel de savoir comment l’élève progresse au niveau de l’attention, de l’inférence de l’information, de la résolution de problèmes, de la motivation, de la créativité… Ce n’est que de cette façon que nous pourrons créer de meilleures stratégies afin que chaque enfant soit capable d’atteindre son potentiel maximal.

Un changement des horaires

Selon la neuroéducation, il serait essentiel de procéder à un changement des horaires scolaires. Des études démontrent, par exemple, qu’il serait adéquat de réduire la durée des vacances d’été. L’école devrait durer toute l’année mais avec des vacances plus fréquentes (une semaine de repos toutes les trois semaines, par exemple).

Un changement serait nécessaire dans les collèges et lycées. Idéalement, les cours devraient commencer entre 10h30 et 11h. Selon les neurosciences, les adolescents ont besoin de dormir plus longtemps et leur cerveau n’est pas réceptif au cours des premières heures de la matinée.

 

Pour conclure, au fur et à mesure que notre compréhension du cerveau et de l’apprentissage s’améliore, il est essentiel que tous ces progrès s’appliquent dans le champ de l’enseignement. Nous ne pouvons pas rester en arrière. Nous ne pouvons pas continuer à instaurer des mécanismes obsolètes qui ne motivent pas les enfants, les frustrent et inquiètent aussi leurs parents.

Il faut oser innover et, surtout, être en syntonie avec le développement cérébral des enfants. En procédant de la sorte, nous leur permettrons de donner le meilleur d’eux-mêmes. Les élèves s’impliqueront alors véritablement dans leur apprentissage.