Ce n’est pas en critiquant davantage que l’autre va changer plus vite

25 janvier 2017 dans Curiosités 1056 Partagés

Un reproche est une critique, une plainte formulée à propos de l’autre, une agression déguisée de mots. C’est un monstre qui s’alimente de la frustration et qui devient de plus en plus grand avec la rancœur et la frustration. Il a l’intention de tout changer, mais son unique et réelle finalité est de déverser de la tension et de détruire l’autre personne.

Très souvent, nous avons recours au reproche ou aux sous-entendus pour nous plaindre de quelque chose que nous n’aimons pas chez l’autre personne et nous attendons que, de cette manière, elle change sa façon d’agir. Cependant, ce type de critique n’encourage pas au changement, mais rabaisse l’autre personne, la menant ainsi à se sentir coupable et sans défense.

Celui/celle qui reçoit une critique se sent attaqué-e et sa réaction immédiate est normalement une réaction de défense, emplie de colère ou de culpabilité. Comme le vent qui petit à petit érode la pierre, les reproches détériorent peu à peu la relation entre deux personnes, de manière discrète mais continue.

La frustration de celui/celle qui critique

On dit que les yeux sont le miroir de l’âme mais dans de nombreux cas, ce qui nous reflète le plus n’est pas nos yeux mais nos mots. Les reproches dénoncent l’état de colère, de frustration, un manque d’habilités de communication et de gestion de l’autre.

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Leur fonction est un mélange de décharge émotionnelle et de manipulation de l’autre. Leurs auteur-trice-s lancent des mots acérés avec l’intention que l’autre personne change d’apparence et fasse ce que celui/celle qui critique décide. Mais ces messages n’entraînent en général que peu de changements.

Leurs causes peuvent être diverses, allant des petites actes insignifiants jusqu’aux reproches portant sur des aspects importants de la relation. Lorsqu’ils sont exprimés de manière isolée, ils n’entraînent pas de grandes difficultés ; le problème surgit quand cela devient une habitude et non plus une exception.

Les critiques ont la forme d’une épée car elles sont longues et aiguisées

Elles sont parfois petites, subtiles mais constantes, comme la torture de la goutte d’eau qui tombe sur la tête d’une personne jour après jour, jusqu’à causer des blessures graves. Dans d’autres cas, les critiques sont limitées et ponctuelles mais brusques et intenses, entraînant des dommages qui mettent du temps à être soignés.

Les reproches sont habituellement répétitifs, stéréotypés, chargés émotionnellement et se répètent souvent. Ils font normalement référence à des aspects du passé ou à des actions habituelles de l’autre personne et se centrent davantage sur elle plutôt que sur le fait en lui-même.


Quelques exemples de reproches sont : « te voilà redevenu comme avant », « tu n’as jamais envie de rien », « tu fais toujours la même chose », « à ce niveau tu devrais déjà le savoir », « tu ne changeras donc jamais ? », « si tu continues comme ça je ne le supporterai plus », « tu me tapes sur les nerfs ».


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Les reproches sont des attaques et ils sont très souvent accompagnés de mots qui blessent. Sous leur forme la plus extrême, ils peuvent ridiculiser, insulter ou menacer l’autre personne, la faisant se sentir sans défense, triste, coupable, peu courageuse ou peu sûre d’elle.

Elle use mais n’entraîne pas de changement

Normalement, l’effet qu’elle produit est tout le contraire : plus on se plaint et on critique quelque chose, moins il est probable que l’autre obéisse. Elle éloigne les personnes, faisant que le changement et la communication soit de plus en plus compliqués.


« Soyez conscient de la différence entre analyse amicale et critique destructrice. Observez si le but de vos mots est d’aider, de vous soulager d’un poids ou de faire du mal. »

-Napoleón Hill-


Les critiques et les problèmes de communication sont l’un des principaux facteurs qui conduit à la fin d’une relation entre deux personnes. Les reproches agissent comme une barrière et empêchent que la relation se déroule de façon adéquate.

Il existe d’autres façons de communiquer moins douloureuses

Si vos émotions vous étouffent, vous pouvez utiliser l’autre personne comme soutien au lieu de le prendre pour un sac de boxe. Et même si ce sont des aspects de l’autre qui vous frustrent, vous pouvez vous appuyer sur lui, lui expliquer d’un ton tranquille et sans reproches la façon dont vous vous sentez, ce qui vous a dérangé-e et ce que vous aimeriez qu’il se passe dans le futur.

Transformez le reproche en demande. Il n’y a rien de comparable entre dire « tu es toujours occupé-e, on dirait que tu te soucies de moins en moins de moi » et « on ne passe pas beaucoup de temps ensemble ces derniers temps, tu me manques, tu crois qu’on pourrait faire quelque chose tou-te-s les deux cette semaine ? »

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Voici quelques techniques pour transformer vos critiques en messages qui feront moins de mal :

  • Vos sentiments vous appartiennent, indépendamment de celui/celle qui vous les fait ressentir : ne faites pas culpabiliser l’autre pour ce que vous ressentez et assumez vos propres émotions. Changez le « tu m’énerves » en « quand tu fais ça, ça me rend nerveux-se ».
  • Concentrez-vous sur le présent ou le futur au lieu de penser au passé : il est plus adéquat d’agir au moment présent puisque cela nous laisse une possibilité de faire quelque chose alors que le passé nous enferme dans une prison dont nous ne pouvons pas sortir. Il est plus adapté de dire « la prochaine fois, j’aimerais que tu fasses ceci » plutôt que « tu ne fais jamais attention à moi ».
  • Soyez concret au lieu de généraliser : une personne ne peut pas changer qui elle est, mais elle peut changer ce qu’elle fait. Concentrez-vous sur les actions concrètes plutôt que sur la manière d’être de l’autre, et cela vous aidera à trouver de meilleures solutions au problème. Essayez un « tu as l’air fâché-e aujourd’hui, quelque chose ne va pas ? » au lieu d’un « tu es énervant-e, tu fais toujours la tête ».
  • Utilisez le « s’il te plaît, merci, je suis désolé-e » sans ironie. Les mots et le ton adéquat peuvent éviter de nombreuses disputes.

C’est dans la vertu de demander que réside la vertu de ne pas donner

Vous exprimer de façon adéquate n’implique pas que vous soyez d’accord. Il est même possible qu’avec une bonne communication, il y ait toujours des aspects sur lesquels vous serez en désaccord ou des choses que vous aimeriez que l’autre personne change. Parfois, une entente n’est pas toujours possible.

Le dialogue et le changement sont beaucoup plus simples avec un soutien et une proximité plutôt qu’une distance et une douleur. Même si parfois deux personnes ne peuvent pas être d’accord, il est toujours plus réconfortant de voir l’autre devenir un-e allié-e plutôt qu’un-e ennemi-e.

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