La maternité : un tremblement de terre dans l’âme

18 juillet 2017 dans Psychologie 416 Partagés

Il y a aujourd’hui beaucoup d’informations autour de la réalité de la maternité. Mais très peu parlent de manière réaliste de la crise dans laquelle une femme se retrouve plongée lorsqu’elle devient mère.

Laura Gutman traite ce sujet dans son livre « La maternité et la rencontre avec l’Ombre. » Cette psychothérapeute explique comment les femmes entrent en contact avec leurs « ombres » dès l’arrivée de leurs enfants.

« Une femme peut sentir que sa structure intérieure, son équilibre et sa stabilité émotionnelle se brise complètement quand elle se confronte à la maternité. »

Qu’appelle-t-on « ombres » ?

Le terme « ombre » a été inventé par C. F. Jung. Ce concept embrasse plus que le fameux « inconscient » de Freud. Il se réfère aux parties inconnues de notre psyché et de notre monde spirituel.

Tout l’univers a sa part opposée : jour et nuit, masculin et féminin, positif et négatif, lumière et ombre… Notre monde psychique est également formé d’une partie lumineuse et d’une partie obscure. Nous ne voyons pas ce qui se trouve dans l’obscurité, mais cela ne signifie pas qu’elle n’existe pas.

Les « ombres » se développent dès l’enfance. Depuis tout petits, nous construisons notre structure de personnalité et notre ego. Parfois, il y a des sentiments et des événements douloureux que nous ne pouvons pas digérer émotionnellement et que nous décidons d’oublier directement. Nous leur tournons le dos pour continuer sur le chemin de la vie. Ces aspects non résolus et parfois inconscients sont « nos ombres ».

« Si nous n’avons pas réalisé l’exercice sincère de quête de nos aspects les plus occultes, souffrants ou douloureux, ils chercheront à s’infiltrer lors des moments les moins opportuns de notre existence. »

-Robert Bly-

Qu’est-ce qui arrive aux femmes à l’arrivée de la maternité ?

Indépendamment de l’âge, l’enfant que nous avons été continue à vivre en nous. Parfois, pour nous aider à profiter, à nous amuser… D’autres fois, il nous connecte à cette partie la plus vulnérable de nous-même, à nos peurs les plus primaires, à nos souvenirs et peut-être à ce qui nous a manqué.

La maternité nous secoue à tel point qu’elle révèle toutes nos carences ou nos blessures émotionnelles. Elle nous ramène à nos expériences avec la mère, avec le père, avec les personnes qui nous ont éduqué-e et alimenté-e émotionnellement… Elle nous ramène aux souvenirs les plus émotifs de notre enfance. Ces souvenirs, peut-être douloureux, qui sont restés enterrés jusqu’à présent.

Pendant la grossesse, se réveille cette mémoire de l’enfance. À ce moment, les vieux conflits commencent à affleurer, les blessures s’ouvrent à nouveau. Et tout cette explosion émotionnelle coexiste avec les changements psychologiques, hormonaux et énergétiques propres à cette période.

Dans ces cas, il est normal que la femme ressente de la confusion, de la tristesse, de l’angoisse… et qu’elle aille souvent chez le médecin. Et celui-ci lui donne un diagnostic, parfois peu adapté, de « dépression » ou « dépression post-partum ». Cela suppose souvent une prescription automatique de médicaments qui bloquent la pensée et les émotions. Il faut savoir que la médication peut apporter un soulagement momentané, mais s’il y a un travail psycho-thérapeutique à faire, les blessures seront enterrées à nouveau sans guérison.

Comment arrive-t-on sur le chemin de la guérison ?

Il faut considérer que beaucoup d’aspects occultes de la psyché féminine s’activent et se désactivent avec la maternité. C’est souvent un moment de révélation, de crise… Il est important de signaler qu’il peut demander de l’aide et un soutien psychologique.

En effet, rendre conscient ce qui est inconscient fait souvent mûrir. Rendre consciente la douleur, la bouger et la sortir en pleine lumière est le chemin adéquat pour pouvoir la guérir, pour qu’elle ne revienne pas contre nous lors des moments où nous sommes le plus fragile.

« Transiter et surmonter la douleur vous fait développer des aspects de votre être qui étaient auparavant endormis. Cela vous donne la vision et la sécurité de quelqu’un qui a appris à naviguer par une forte houle. »

D’autre part, pour récupérer et renforcer son amour propre, il est nécessaire de guérir les blessures émotionnelles qui ont été accumulées pendant l’enfance. C’est-à-dire, trouver et guérir notre enfant intérieur. C’est ainsi que se dissolvent les modèles qui ont été créés pour compenser et blinder la douleur, via un processus de réintégration de la personnalité. On rend ainsi possible la guérison, favorisant une maternité et une vie plus saine, équilibrée et heureuse.

« C’est la tâche de chaque être humain : traverser la vie terrienne à la recherche de sa propre ombre, pour la porter à la lumière et marcher sur le sentier de la guérison. »

Lisez aussi : L’insupportable pression qui pèse sur la maternité

A découvrir aussi