Malgré des années d’éducation, nous ne savons toujours pas nous aimer nous-même

6 juin 2016 dans Emotions 1 Partagés

Insuffisant. Hyperactif. Faible motivation. Provocateur. Nombreuses sont les étiquettes que l’on colle sur les enfants tout au long de leur parcours scolaire.

En revanche, on prend rarement le temps de les observer afin de comprendre quelle émotion se cache derrière chaque élève difficile.

Dans des contextes tels que l’entreprise ou la politique, il est curieux de voir l’importance que l’on accorde à l’Intelligence Émotionnelle.

On la voit comme quelque chose d’indispensable pour tout professionnel, alors que les Institutions Éducatives ne considèrent pas l’Intelligence Émotionnelle comme une compétence à favoriser.


L’éducation doit nous donner des compétences pouvant nous permettre de nous débrouiller seul. Rien ne sert de faire de nos enfants des experts en sciences ou en littérature si on ne leur apprend pas d’abord ce que sont l’estime de soi, le respect ou l’empathie.


Le poids des compétences cognitives représente toujours quelque de spécial pour le système scolaire. Les émotions sont considérées comme « tabous ».

On se dit qu’il est préférable qu’elles se cantonnent à la sphère privée et intime de chaque enfant.

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Une éducation qui forme des esprits, mais pas des personnes

Les enfants et les adolescents d’aujourd’hui sont d’habiles stratèges en matière de nouvelles technologies.

Les émoticones dans leurs messages représentent bien souvent leur seul rapprochement avec le monde des émotions.

Or, dès qu’ils s’éloignent de leur smartphone, ils sont incapables de gérer ou de voir venir des situations telles que le bullying, par exemple.

Begoña Ibarrola, psychologue et chercheuse, nous explique que dans les centres qui ont intégré l’Intelligence Émotionnelle dans les salles de cours et le cursus scolaire, les résultats s’améliorent notablement…et cela redonne espoir, indubitablement.


L’éducation a pour objectif de former ceux et celles qui changeront le monde demain : ainsi, le but consiste alors à éduquer des personnes heureuses, aptes au bonheur, respectueuses et pleines d’espoir.


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Pourquoi cette transformation si nécessaire dans notre éducation n’est-elle toujours pas effective ? Réfléchissons quelques instants aux aspects suivants :

  • La conception circulaire est déterminée la plupart du temps par une tendance politique qui régit le type de plan d’étude qu’elle considère le plus adéquat.
  • Le poids du cognitif est toujours très ancré dans notre système scolaire, même si des théories telles que « les intelligences multiples de Gardner » nous parlent du besoin évident de travailler sur l’Intelligence Émotionnelle chez les enfants, et ce dès leur plus jeune âge.

De plus, nous devons tenir compte du fait que tout changement au niveau institutionnel nécessite du temps.

Il faut une prise de conscience sociale, car investir dans les émotions, c’est investir dans le vivre ensemble, c’est apprendre à être plus apte aux relations humaines, au respect et à ce changement d’approche consistant à laisser de côté l’éducation des enfants parfaits pour former des personnes heureuses.

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Éduquons des enfants uniques, pas des élèves égaux

Dans une société aussi changeante que celle au sein de laquelle nous vivons aujourd’hui, et avec une très haute compétence professionnelle, rien ne sert de former des élèves égaux, tous spécialistes dans les mêmes matières.

Il est nécessaire de faire primer la valeur humaine, et de favoriser les capacités naturelles de l’enfant pour qu’il découvre par lui-même ce qui est le mieux chez lui et qu’il l’offre au monde afin d’être « unique ».

Un aspect dont il faut tenir compte, c’est que bien souvent, on fait reposer sur les institutions scolaires tout le poids de l’éducation d’un enfant.

C’est une approche erronée : nous sommes tous des agents éducateurs, la famille étant l’environnement essentiel et idéal dont on doit vraiment tenir compte.

La famille, premier environnement de l’Intelligence Émotionnelle

Les neurosciences nous le disent clairement : le contexte émotionnel dans lequel grandit un enfant les premières années de sa vie déterminera en grande partie son développement postérieur, voire même sa personnalité.

  • La reconnaissance, la réciprocité, l’attachement, et la communication émotionnelle sont des fils d’équilibre qui permettront à l’enfant de grandir, libre et mature.
  • Si vous voulez donner au monde un enfant capable de respecter les autres, d’écouter et de faire passer l’affection avant l’agression, vous devez alors lui servir de modèle. Faites attention aux mots que vous employez, à vos jugements, à vos actes ; soyez le meilleur exemple.

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L’école, un microcosme de l’environnement social

L’école sera pour l’enfant un clair exemple de ce monde auquel il devra faire face demain.

Les relations avec ses semblables et avec les figures d’autorité (les maîtres et les professeurs) lui permettront d’acquérir des compétences nouvelles et importantes.

  • Dans les centres où s’appliquent déjà les habitudes et les outils émotionnellement sains, les enfants sont très réceptifs à ce type de connaissances.
  • Ils les intègrent au quotidien car ils voient que ça fonctionne, que ce sont des stratégies utiles grâce auxquelles ils peuvent améliorer leurs relations et être plus assertifs au moment de voir venir les agressions ou de tisser des liens d’amitié.
  • L’Intelligence Émotionnelle devient une habitude pouvant permettre aux enfants d’optimiser leur façon d’apprendre, de canaliser leur anxiété ou leur nervosité.
    Par conséquent, les résultats scolaires sont meilleurs et ils prennent confiance en eux ; voilà une information vraiment encourageante.


Eduquer, c’est apprendre à laisser une trace dans le coeur des enfants


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