Maladie et culpabilité : quelle est leur relation ?

26 juillet 2018 dans Psychologie clinique 0 Partagés
maladie et culpabilité

La maladie et la culpabilité forment un binôme macabre affectant des personnes  qui, en plus de faire face à des problèmes de santé, aussi bien physiques que psychologiques, doivent supporter le fait d’être malades. Des questions comme « pourquoi moi? » ou « suis-je suffisamment fort-e? » occupent habituellement l’esprit des personnes affectées. Cela peut déboucher sur de véritables problèmes émotionnels. Il est aussi commun de croire que l’on tombe malade parce que l’on est faible.

La culpabilité est une forme de peur très particulière. Si elle est cultivée depuis notre plus tendre enfance, elle peut en arriver à bloquer notre développement émotionnel, provoquant des problèmes de santé. S’auto-condamner et s’auto-invalider est propre aux personnes qui se sentent coupables de leurs maladies.

Par ailleurs, le sentiment de culpabilité est normalement un programme inconscient qui conditionne nos vies. Il nous fait vivre des situations de souffrance. Il se cache dans des comportements auto-destructeurs, dans des échecs soudains et inexplicables, dans la perte de relations précieuses, dans des sources de travail et de réussite. Si, en plus de cela, nous souffrons d’une maladie, tout peut s’aggraver.

« Sur quatre-vingt-dix maladies, cinquante naissent de la culpabilité et quarante de l’ignorance. »

-Paolo Mantegazza-

Maladie et culpabilité dans les troubles mentaux

S’il y a bien certaines maladies qui sont particulièrement liées à la culpabilité, ce sont les troubles mentaux. Ils ne reçoivent pas la compréhension et le soutien qu’ont les personnes avec des problèmes physiques, comme un cancer ou une sclérose en plaques.

femme triste

Les troubles mentaux, tout comme les autres maladies, ne sont pas choisis par les personnes. En plus de la souffrance et de l’incompréhension que ressentent beaucoup de gens, on retrouve la peur et le mépris des autres, qui ne sont pas capables de comprendre ce qui leur arrive.

La douleur psychologique et la souffrance émotionnelle sont moins dramatiques que la douleur physique. Or, elles sont tout aussi communes et plus difficiles à supporter. Les personnes avec des désordres mentaux ne sont pas des monstres.
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Le stigmate psychiatrique est peut-être le facteur le plus significatif qui influe négativement sur le processus de recherche thérapeutique et de réhabilitation. Il interfère avec l’accès au traitement et au respect des prescriptions médicales, rendant plus difficile une réintégration sociale efficace et un retour à la vie normale.

En outre, le stigmate et l’exclusion sociale contribuent significativement à la souffrance individuelle. Celle-ci peut faire empirer l’évolution et le pronostic de la maladie. D’un côté, elle le fait en prenant la forme d’un attribut individuel qui lie la personne souffrant de troubles mentaux à certaines caractéristiques indésirables ou à des stéréotypes négatifs. Et, de l’autre, elle fonctionne comme un produit socialement construit par l’adjudication de stéréotypes et de rejet par le groupe ou la société en général.

« La santé mentale nécessite beaucoup d’attention. Il s’agit d’un grand tabou qui doit être affronté et résolu. »

-Adam Ant-

Maladie et culpabilité: pourquoi les malades se sentent-ils coupables?

Comment une personne peut-elle en arriver à se sentir coupable de sa maladie? Comment un malade du cancer peut-il se sentir coupable de ne pas supporter le traitement? Ce sont des questions auxquelles il est difficile d’apporter une réponse. L’explication pourrait être la suivante: dans des situations qui ont un grand contenu émotionnel, les émotions sont plus persuasives que la logique.

Ces sentiments peuvent parfois être justifiés, comme dans la relation entre le cancer du poumon et le tabagisme. Or, dans de nombreuses situations, ce qui apparaît clairement est une trop grande tentative de contrôle sur nous-mêmes et sur ce qui nous entoure. Dans ces cas, nous pouvons même être victimes du biais de l’illusion de contrôle, qui nous fait nous sentir responsables de choses qui ne sont pas entre nos mains.

Les personnes qui souffrent de ce biais se croient responsables de tout et de tout le monde. Par conséquent, elles stressent quand elles ne peuvent pas tout contrôler et s’attribuent à tort cette responsabilité. Ce type de raisonnement mène donc les personnes malades à se sentir responsables et coupables de leur maladie.

« Les sentiments de culpabilité sont très répétitif, ils se répètent tellement dans l’esprit humain que vous finissez par vous fatiguer de les entendre. »

-Arthur Miller-

homme qui se sent coupable

Comme nous le voyons, maladie et culpabilité vont souvent de pair. Surtout dans le domaine des troubles mentaux. Combattre le stigmate associé à ces maladies doit être l’une des priorités des professionnels de la santé et des personnes qui en souffrent.

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