Lorsque notre partenaire ne comprend pas notre dépression

· 26 septembre 2018

La dépression n’est pas une notion très simple. Ce n’est pas une grippe. Pas non plus jambe cassée. Ce n’est pas quelque chose qui se soulage avec un simple bisou, un « je t’aime » ou un cachet. Ce trouble est cruel et il fatigue, il remplit notre esprit d’angoisse, nous frustre, nous fâche et nous pousse à préférer l’isolement… Tout cela est difficile pour ceux qui nous entourent. D’ailleurs, si notre partenaire ne comprend pas notre dépression, la réalité peut devenir encore plus difficile.

La majorité des histoires cliniques nous évoquent une réalité qui passe parfois inaperçue. Une dépression a un impact direct sur le partenaire de celui qui en souffre et par conséquent, sur le reste de la famille. La difficulté n’est pas dans le fait de prendre conscience de la présence de la maladie, du trouble. Le problème se trouve dans notre incapacité à comprendre et à aborder avec solvabilité ce type de conditions.

« Il y a des blessures qui ne se voient jamais sur le corps, qui sont plus profondes et douloureuses que d’autres et que mêmes nos êtres chers ne peuvent percevoir. »

-Laurell K. Hamilton-

L’amour que nous fournissons à notre partenaire ne suffit pas dans certaines situations… et notre volonté non plus. Souvent, il faut faire face à des faits déterminés auxquels personnes n’est préparé au niveau affectif. Par exemple, nous verrons comment l’autre personne préfère la solitude à notre compagnie. Comment elle fuit le contact physique. Comment sans savoir pourquoi, elle a cessé de s’intéresser à nos préoccupations et à nos dynamiques quotidiennes pour se convertir en une ombre sans forme qui se néglige personnellement.

Lorsque nous sommes prisonniers d’un trouble psychologique, la vie perd son ordre, son sens et sa logique. Si le partenaire ne comprend par notre dépression et n’est pas capable de transiter à nos côtés sans nous mettre la pression et sans nous juger, le processus de récupération sera beaucoup plus long.

troubles psychologiques et dépression

Lorsque le partenaire ne comprend pas notre dépression : prix et souffrance

La présence d’une dépression est comme un éléphant détruisant tout à l’intérieur d’une maison. C’est également comme un trou noir où tout s’écroule. Il engloutit tout pour nous emmener vers une dimension étrange où la réalité reste contenue dans un rien sans forme. Personne ne nous a préparé à comprendre ce type de processus où l’esprit agit comme notre pire ennemi.

Ainsi, si cette condition est dure à supporter pour ceux qui en souffre, elle l’est aussi pour leurs partenaires. Ils expérimentent premièrement du désarroi : l’autre cesse d’être disponible sur tous les plans. Les symptômes de cette condition contredisent l’essence même de toute relation heureuse : il n’y a plus de désir émotionnel ni désir sexuel, il n’y a plus d’intérêt et encore moins d’illusion.

D’autre part, le partenaire qui ne comprend pas notre dépression sentira en second plan un sentiment très commun : la culpabilité. Ai-je fait quelque chose pour qu’il/elle se sente ainsi ? Prendre la responsabilité de l’origine du trouble d’un être aimé est une conduite très récurrente mais totalement erronée.

Rappelons nous que dans une grande majorité des cas il n’existe pas d’origine concrète à ce type de situations. Néanmoins, c’est une forme de regret habituelle qui rend difficile le soutien de l’autre.

« Les erreurs les plus récurrentes au sein des couples souffrant de dépression sont au nombre de deux. La première est de se rendre coupable de l’apparition du trouble. La seconde est de personnaliser les symptômes. Si l’autre personne préfère dormir toute la journée à sortir se promener avec nous, cela ne signifie pas pour autant qu’elle nous aime moins. Cela signifie qu’elle n’est pas capable de se lever, que l’angoisse est pesante, que son esprit a plus de pouvoir que sa volonté. Nous frustrer en voyant notre partenaire ne pas répondre à nos demandes, conseils ou bonnes envies est quelque chose que nous ne pouvons pas nous permettre.

la dépression dans un couple

Comment aider notre partenaire s’il/elle souffre de dépression ?

Avant de détailler les clés qui peuvent nous aider à soutenir quelqu’un traversant une dépression, mieux vaut nous arrêter un instant sur un aspect. Lorsque le partenaire ne comprend pas notre dépression et qu’il commet l’erreur de nous culpabiliser d’en être arrivé là, c’est que quelque chose ne fonctionne pas bien. Au-delà de la présence de cette condition psychologique se trouve la maturité de ceux qui savent gérer les obstacles dans les relations.

Un lien affectif significatif et sain permet de contourner un quelconque problème. Qu’il soit grand ou petit. Qu’il soit d’origine économique, personnelle, affective ou bien entendu, lié à une maladie. Il faut comprendre le fait qu’une personne dépressive n’est pas quelqu’un ayant perdu sa capacité à aimer. En fait, elle a simplement perdu la capacité à s’aimer personnellement. C’est donc là qu’elle aura besoin de nous. Si nous ne sommes pas présents et si nous sommes incapables de le comprendre, les effets que nous causerons pourront être très graves.

« Si le partenaire ne comprend pas notre dépression, il faut lui donner les moyen de le faire. Néanmoins, s’il n’a pas la volonté de le faire et que nous ressentons une sensation de menace et de mal-être, nous prendrons une décision. Celle qui nous sera la plus bénéfique. »

Pour cela, il est vital d’avoir à l’esprit certaines stratégies à suivre pour procéder avec plus de sûreté, de proximité et de tact.

  • S’éduquer sur la dépression. Une clé est de faire partie du processus d’intervention et de récupération de notre partenaire. Suivre ensemble la thérapie et permettre aux professionnels de s’informer sur le type de dépression dont souffre l’autre nous sera d’une grande aide. Nous pourrons aussi laisser les spécialistes nous suggérer des clés déterminées pour faciliter la progression.
  • Ne pas forcer, ne pas obliger, ne pas se concentrer sur les objectifs. Une dépression exige du temps. Elle sera composée de hauts et de bas et elle ne répondra jamais aux pressions et aux ultimatums. Le processus de récupération est à la responsabilité exclusive de ceux qui souffrent de la dépression et nous devons respecter leur rythme sans leur imposer d’objectifs.
  • Accompagner, laisser de l’espace. Parfois, la simple présence vaut plus que des mots. Ne vous offusquez pas si votre partenaire fait un pas en arrière et décide de ne pas sortir se balader avec vous. S’il/elle décide de rester au lit, ne le/la sanctionnez pas, rappelez lui que vous êtes la pour lui/elle. Ne jugez même si c’est difficile, cette présence qui sait soutenir en silence.
  • Partager les responsabilités. L’unique obligation de la personne dépressive est sa récupération. De votre côté, il est essentiel de ne pas négliger votre vie, votre travail, et les dimensions qui protègent votre équilibre émotionnel. Chacun aura ses responsabilités. Tant que partenaire vous devez assurer votre bien-être pour donner le meilleur à cette personne qui a besoin de vous.

 

Pour conclure, nous pouvons deviner que ces situations ne sont faciles pour personne. Si le partenaire ne comprend pas notre dépression et ne donne pas de signes prouvant qu’il souhaite nous soutenir dans ce processus ; le mieux est de prendre une décision qui nous bénéficiera. Cela ne sera pas simple, mais si le but est de récupérer, il est nécessaire de sortir de cette environnement aussi bien difficile que blessant. 

D’autre part, faisons un effort pour ne pas rejeter le soutien des nôtres. Guidons-le s’il n’emploie pas l’approche qui nous conviendrait. Au final, le fait de pouvoir conter sur un partenaire affectueux disposé à nous aider est une force très puissante que nous pouvons utiliser en notre faveur avec un peu d’intelligence émotionnelle pour sortir de notre trou noir.