L’insomnie, le monstre nocturne de nos vies

7 septembre 2016 dans Psychologie 0 Partagés

Beaucoup d’enfants ont peur de l’obscurité et des monstres qu’elle peut amener.

Ils sont forcément sous le lit, vous séquestrent lorsqu’on est profondément endormi et ils sont capables de vous disputer si vous vous levez au milieu de la nuit et que vous allez dans le couloir.

Heureusement, ces monstres de l’enfance sont imaginaires. À l’inverse, il existe un monstre réel qui apparaît la nuit dans la vie des enfants mais surtout dans celle des adultes : il s’agit de l’insomnie. 

Nous pouvons comprendre l’insomnie comme un trouble du sommeil. Parmi les troubles du sommeil, on trouve les dyssomnies et les parasomnies.

Dans les premières, c’est la quantité, la qualité et l’horaire du sommeil qui sont altérées ; alors que les secondes provoquent l’apparition d’événements anormaux associés au sommeil, comme les cauchemars.

Ainsi, l’insomnie fait partie du groupe des dyssomnies.

“Si une personne avait autant d’idées pendant la journée que pendant ses insomnies, elle ferait fortune”
-Griff Niblack-

Qu’est-ce que l’insomnie et comment se manifeste-t-elle ?

Même s’il existe les « bons et les mauvais dormeurs » et différents modèles de sommeil (couche-tôt et couche-tard), il existe des indicateurs clairs du fait que quelqu’un souffre d’insomnie.

Le point commun et le plus évident est le mal être qu’une personne détecte dans sa vie provenant du manque de sommeil, un sommeil qu’il n’est pas facile de concilier à cause de divers facteurs, normalement relatifs à ses propres habitudes.

Pour différencier l’insomnie d’une difficulté passagère à trouver le sommeil, les spécialistes affirment qu’elle doit survenir pendant 3 nuits ou plus par semaine dans une période de 3 mois minimum.

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L’insomnie est un trouble du sommeil, dans la catégorie des dyssomnies, et il s’agit d’une difficulté persistante ou d’une incapacité à s’endormir ou à rester endormi.

Les personnes qui souffrent d’insomnie ont aussi parfois tendance à se réveiller tôt alors qu’elles se sont endormies tard.

Comment différencier l’insomnie d’autres problèmes de sommeil

Comme nous l’avons dit, l’insomnie fait partie des troubles du sommeil appelés dyssomnies.

Dans ce cas, la personne dort normalement, il n’y a pas de phénomènes étranges mais il y a des problèmes de quantité, de qualité et d’horaires.

Pour différencier l’insomnie primaire d’autres troubles similaires, la première chose est de les connaître.

Il est évident que même s’ils se ressemblent, ils ne sont pas provoquées par la même chose et n’ont pas le même traitement.

Voyons quels sont ces problèmes de sommeil :

  • Les troubles liés à la respiration pendant le sommeil, comme l’apnée ou l’hyperventilation alvéolaire.
  • L’hypersomnie primaire comme le syndrome de Kleine-Levin.
  • La narcolepsie.
  • Les troubles du rythme circadien (sommeil en retard, jet-lag, horaires alternants de travail).
  • Les troubles du sommeil non spécifiques comme le trouble des jambes sans repos ou la myoclonie nocturne.
  • Les troubles à cause de la consommation de substances qui affectent la quantité et la qualité du sommeil (caféine, médicaments, drogues).
  • Les troubles du sommeil dérivés d’affections ou de maladie.

Une fois que nous avons écarté ces causes, nous pouvons savoir si notre insomnie est primaire, c’est-à-dire qu’elle n’est pas due à une cause biologique ou à un autre trouble psychologique.

Parfois, l’insomnie peut apparaître comme une conséquence de la dépression, par exemple, et il faudra la traiter comme une forme d’insomnie particulière.

Comment l’insomnie nous affecte

Le manque de sommeil peut être vraiment exaspérant pour la personne qui en souffre : il n’y a pas seulement la fatigue, mais en découlent d’autres effets : l’apathie, le manque de concentration ou l’irritabilité.

Ne pas dormir suffisamment a une incidence directe sur notre énergie à cause de raisons évidentes et cela affecte notre travail, nos relations de couple ou d’amitié. 

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Le manque de sommeil a aussi une influence sur notre capacité de réaction, d’apprentissage et de mémoire.

Même si beaucoup de personnes célèbres se sont définies comme noctambules, cela ne doit pas nous induire en erreur.

Peut-être que, même si elles ne dorment pas la nuit, elles le font le jour, même si ce n’est pas le modèle le plus courant.

Il faut aussi savoir que certaines professions ont des horaires flexibles mais que l’impact des troubles du sommeil n’est pas le même selon leur nature : ce n’est pas la même chose de se consacrer à l’écriture que de travailler en tant que chauffeur de bus.

Ne pas dormir dans le premier cas peut se surmonter alors que dans le deuxième cas, cela peut entraîner des conséquences fatales.

Les meilleurs traitements pour l’insomnie

Si vous traversez un grave épisode d’insomnie, et que vous êtes incapable de trouver le sommeil pendant des jours, votre médecin traitant peut vous prescrire des benzodiazépines ou des somnifères.

Ces derniers sont préférables pour ce problème car ils sont éliminés en 5 heures et provoquent moins de dépendance.

Ces médicaments ne sont qu’un « pansement » pour les insomnies car c’est un problème qui a le plus souvent des causes environnementales et comportementales de l’individu en question.

C’est pour cela qu’il est conseillé de consulter un psychologie clinique avec une formation cognitivo-comportementale pour traiter l’insomnie.

Les techniques les plus utilisées sont les suivantes :

  • Le contrôle des stimulations : Contrôler la température et le bruit du lieu où l’on dort, éviter de passer du temps dans la chambre, à faire d’autres activités comme étudier ou regarder un film.
    Même s’il est recommandé de lire avant de dormir, car c’est une activité qui mène au sommeil, il faut essayer de ne pas lire au lit.
  • La restriction du sommeil : C’est une technique inventée par Spielman et qui consiste à restreindre les heures de sommeil pendant plusieurs jours jusqu’à ce que la personne « se rende » au moment où elle n’en peut plus. Il ne faut pas réduire le sommeil à moins de 4 heures.

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  • L’intention paradoxale : Elle consiste à contredire son désir. Si nous pensons que nous devons dormir, nous penserons que nous devrons rester éveillé. Il a été démontré que cette lutte cognitive paradoxale finit par provoquer le sommeil.
  • Les techniques de relaxation comme l’entraînement autogène et la relaxation progressive.
  • L’hygiène du sommeil : Améliorer l’éducation de la personne concernant les habitudes qui empêchent le sommeil (diminuer la caféine, faire du sport, améliorer son alimentation, éviter l’alcool).
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