L’impuissance sexuelle masculine : trop d’exigences ?

13 juillet 2017 dans Psychologie 63 Partagés

L’impuissance sexuelle masculine est devenue un sujet d’inquiétude pour de nombreux hommes. L’incapacité à atteindre ou à maintenir une érection qui permette une relations sexuelle de qualité et qui soit satisfaisante pour les deux membres du couple mène la personne qui en souffre à la frustration, voire même à la dévaluation d’elle-même.


C’est précisément cette importance et cette inquiétude excessive qui est responsable, en partie, du fait que l’impuissance se maintienne dans le temps et du fait que la personne se voit immergée, de plus en plus, dans une boucle sans issue.


Même si généralement, elle est souvent observée chez les hommes d’un certain âge, la dysfonction érectile n’est pas seulement une question d’âge. Un homme sur quatre qui en souffre a moins de 40 ans selon ce qu’a confirmé une étude menée par le chercheur Paolo Capogrosso, affilé à l’Université Vita-Salute de San Rafael à Milan, et publiée dans la revue The Journal of Sexual Medicine.

Pourquoi les hommes jeunes souffrent-ils eux aussi d’impuissance quand du point de vue de leur âge, ils sont au point culminant de leur « puissance » ? Même si le style de vie actuel a beaucoup à dire en ce sens, il semble aussi que le fait d’avoir divinisé le sexe et de l’avoir mis sur un piédestal y soit pour quelque chose. La pensée de « Je dois agir comme un champion » ou « je ne peux pas décevoir mon compagnon/ma compagne » pourrait être le déclencheur qui serait à l’origine de l’impuissance sexuelle.

Un « je dois » destructeur

Le stress avec lequel nous vivons aujourd’hui se trouve à l’origine d’une multitude de pathologies psychologiques et apparemment pas si physiologiques, comme le fonctionnement sexuel. Même s’il est certain que pour l’impuissance sexuelle il existe d’autres facteurs de risques qui abondent aussi aujourd’hui comme l’obésité, le tabagisme ou l’abus d’alcool, il semble que les grandes exigences soient celles qui remportent la palme d’or. Autrement dit, dans la majorité des cas, l’impuissance sexuelle a une origine plus psychologique que physique.


La cause réelle a été la divinisation du sexe, le fait de l’avoir mis sur un piédestal. Même s’il est certain que le sexe rapporte une multitude de bénéfices, aussi bien au niveau physique que pour la relation de couple, ce ne devrait pas être le premier poste sur l’échelle des valeurs de bien-être des hommes.


Cette idéalisation du sexe, de laquelle est d’une certaine façon responsable l’industrie pornographique, ne parvient à atteindre qu’une seule chose : nous abritons des exigences mentales du type « je dois ». Ainsi, si ces exigences ne sont pas atteintes telles qu’elles devraient l’être, alors « je serai un homme avec peu de valeurs », incapable de rendre heureux-se un-e homme/femme, un échec… L’homme a dans son esprit l’idée qu’il ne peut pas se permettre d’échouer, et cette peur d’échouer est précisément celle qui le mène à l’impuissance.

Ces exigences sont le résultat de la pauvre éducation sexuelle que l’on a reçue et des idées pré-conçues et peu réalistes qui circulent au sein de la société comme une rigole de poudre. Une idée de ce type est celle qui affirme que l’homme est le responsable du plaisir de la femme.

Quel est le résultat de ces exigences et du fait de nous ôter notre valeur si on ne les atteint pas ? Une grande anxiété, certes. Une anxiété qui, comme on le sait, nous empêche de profiter pleinement. L’anxiété, fruit de ces exigences, nous bloque mentalement et cela se transfère dans notre corps. Ainsi, cette émotion a tendance à se rétro-alimenter.


Le système nerveux parasympathique est le responsable de l’érection. C’est le système chargé de relaxer et de faire se reposer le corps après un effort. De cette manière, même si on lie l’érection à l’excitation, ce qui est certain, c’est que pour que cela se produise, la personne doit être relaxée. De cette manière, on permettra aux corps caverneux de se remplir de sang et de donner lieu à l’érection.


Le problème, c’est que quand l’anxiété entre en scène parce que l’on perçoit un danger, on active le système nerveux sympathique, chargé de nous stimuler et de nous permettre de survivre, et on inhibe le parasympathique. C’est sur ce point que se produit la dysfonction, puisque l’organisme fait passer avant la survie face à ce danger de l’acte sexuel qui allait avoir lieu.

Que faire pour me libérer de l’impuissance ?

La première chose que l’on peut faire, c’est accepter ce qui nous arrive. N’oubliez pas qu’à plus grande lutte, plus grande anxiété, et qu’à plus grande anxiété, plus grande impuissance. Pour autant, nous devons couper court à ce cercle vicieux, et pour cela, l’acceptation est une bonne méthode.

Une fois que l’on a accepté ce qui nous arrive, on le normalise, on en parle avec notre conjoint et même avec un-e ami-e, et on pourra alors mener à bien des exercices destinés à solutionner le problème. 


Un de ces exercices, au niveau cognitif, consistera à modifier mes croyances et mes idées erronées sur la dysfonction, ainsi que sur le sexe.


Pour cela, on peut récolter l’information ou consulter un-e spécialiste qui puisse déchiffrer toutes nos croyances irréalistes sur le sujet. Nous pouvons aussi le faire nous-mêmes en changeant nos « tu devrais » et « je dois » pour « je préférerais » ou « j’aimerais que ».

Au niveau comportemental, nous pratiquerons avec notre compagnon/compagne l’intention paradoxale. Cette technique consiste à s’obliger soi-même à ne pas avoir une érection ou une relation sexuelle complète. L’objectif est d’échanger des massages, des jeux, du plaisir et de profiter de cela, sans rien vouloir de plus. Si l’exercice est correctement effectué, le plus probable est que l’érection apparaisse de manière spontanée en raison du fait que l’on se soit laissé-e-s porter et que l’anxiété ne soit pas apparue pour nous bloquer.

En complément, on peut aussi pratiquer une technique de relaxation, comme le yoga ou le mindfulness, qui peuvent nous permettre d’être dans le présent et qui activent notre système nerveux parasympathique. Si vous vous sentez concerné, ne le niez pas et ne vous sentez pas honteux non plus. C’est ce qui vous empêche de sortir de là. Consultez un-e spécialiste et pratiquez ces exercices. Vous noterez comme l’impuissance disparaît, vous renforcerez votre confiance en vous et vous pourrez profiter de nouveau, ou du moins, comme avant.

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