L’impact de la règle des trois degrés d’influence

· 16 août 2018

Au cours de ces dernières années, de nombreuses recherches ont été menées pour savoir comment s’influençaient les personnes. La règle des trois degrés d’influence est apparue suite à leurs résultats. Il s’agit d’une théorie très intéressante qui nous incite à prêter attention aux conséquences de ce que nous disons et faisons.

La théorie des six degrés de séparation existait avant celle qui nous intéresse aujourd’hui. Elle affirmait que chaque personne est séparée par seulement six degrés des grandes figures de l’humanité. En d’autres termes, chacun de nous connaît quelqu’un, qui connaît à son tour quelqu’un connaissant quelqu’un… Et ainsi de suite, six fois, jusqu’à arriver à quelqu’un qui connaît Donald Trump.

« Même les personnes les plus insignifiantes exercent une certaine influence sur le monde. »

-Louisa May Alcott-

La règle des trois degrés d’influence est similaire. Elle opère cependant d’une façon différente et a des effets beaucoup plus décisifs sur nos vies. Elle a été formulée par Nicholas Christakis et James Fowler en 2010. Selon eux, même si nous sommes éloignés des autres, nous ne sommes jamais une île.

La règle des trois degrés d’influence

Selon Christakis et Fowler, la règle des trois degrés d’influence peut s’exprimer de cette manière: ce que nous disons et pensons influence la pensée et le comportement de nos amis (premier degré), des amis de nos amis (second degré) et des amis des amis de nos amis (troisième degré).

règle des trois degrés d'influence

Mais comment en sont-ils arrivés à une telle conclusion? En 2007, ces chercheurs s’intéressèrent à une étude sur des maladies cardiovasculaires, qui avait commencé en 1948. Cette étude était en train d’être réalisée dans la ville de Framingham, aux Etats-Unis. Deux tiers des habitants adultes y participaient et, ensuite, leurs enfants et leurs petits-enfants rejoignirent le projet.

L’étude exigeait que chaque participant fasse une liste de ses proches, amis, voisins et collègues. Beaucoup de ces contacts participaient déjà à l’expérience, étant donné qu’il s’agissait d’une petite ville. Ces données permirent d’établir un réseau de relations entre les participants.

Les trouvailles des chercheurs

Après avoir défini les relations entre ceux qui participaient à l’étude, il fut établi que 50000 liens existaient entre tous les participants. À partir de là, les chercheurs commencèrent à croiser des données sur le style et la qualité de vie des participants. Ils voulaient savoir si les changements au niveau de l’un des membres de ce réseau social avaient une influence sur les autres membres.

L’un des sujets qui était traité dans cette étude était celui de l’obésité. Christakis et Fowler voulurent déterminer si, par exemple, le fait que quelqu’un devienne obèse avait une influence sur le réseau social de la personne. D’autres allaient-ils devenir obèses? Les résultats furent surprenants.

visages

Ils parvinrent à déterminer que si quelqu’un devient obèse, les amis de cette personne ont 45% de chances de devenir obèses à leur tour. Les amis de ces amis verraient cette probabilité baisser à 20%. Et les amis des amis des amis présenteraient ce risque mais à 10%. Au-delà du troisième degré, aucune influence n’avait été remarquée. Et c’est ainsi que fut établie la règle des trois degrés d’influence.

Aspects physiques et mentaux

Les chercheurs conclurent que ce qui se produisait avec l’obésité se produisait aussi avec d’autres choses comme le tabagisme. La règle des trois degrés d’influence se réalisait aussi. Même dans les cas opposés à ceux de l’obésité et du tabagisme. Si quelqu’un maigrissait dans ce réseau social ou si quelqu’un cessait de fumer, une influence s’exerçait sur le comportement des autres.

Christakis et Fowler, ainsi que d’autres chercheurs, ont pu vérifier que tout cela s’appliquait aussi aux attitudes et aux émotionsPar exemple, les gens qui sont amis avec des personnes qui se sentent seules ont tendance à se sentir seuls aussi. Une chose similaire se produit avec les niveaux de bonheur, les comportements coopératifs, la consommation d’alcool et presque tous les comportements et attitudes.

Les chercheurs ont aussi découvert que, bizarrement, les grandes figures du spectacle n’influencent pas ou peu le comportement des gens. Si une célébrité décide de suivre un régime, cela n’aura pas de répercussions sur ses fans. En revanche, si c’est un-e ami-e qui le fait, l’incidence est très visible.

 

Quelle est la conclusion de tout cela? Que nous ne sommes pas des îles. Tout ce que nous disons et faisons a, d’une façon ou d’une autre, une répercussion sur les autres. Si nous voulons un changement, la meilleure façon de l’atteindre est en commençant par nous-mêmes. De façon imperceptible, il commencera à se propager et pourra même mener à ces grands changements que tant de monde souhaite.