Les trois étapes psychologiques que traverse le chômeur

23 mai, 2020
Une personne sans emploi et en difficulté pour trouver un nouveau travail passe par différentes étapes psychologiques successives. Le soutien de son environnement associé à une approche active de la situation sont essentiels pour éviter que la personne ne tombe en dépression.

L’absence de travail rémunéré est une situation qui affecte non seulement les finances du chômeur et de sa famille mais aussi ses émotions et son mental en général. Le phénomène a longuement été étudié. Ainsi, le professeur Susana Arancibia de l’Université du Pacifique souligne qu’il existe trois stades psychologiques par lesquels passe une personne sans-emploi.

Pour la plupart d’entre nous, la perte de notre travail est une situation dramatique. Susana Arancibia nous rappelle que le travail lie un individu à la société en lui donnant un rôle. Pour cette raison le chômage a des conséquences importantes qui se traduisent de manières différentes chez chacun. Cependant, on retrouve souvent trois grandes étapes psychologiques au cours de ce processus.

On pense généralement qu’une personne sans emploi formel est “improductive“. Cela n’est cependant pas vrai. En effet, une personne sans emploi s’engage bien souvent dans des activités domestiques, associatives ou des occupations temporaires qui sont souvent mal reconnues. Néanmoins, ces activités n’en demandent pas moins des efforts. Dans tous les cas, le manque de reconnaissance vécu par le chômeur conduit souvent ce dernier à traverser les trois stades psychologiques suivants.

Un chômeur désemparé

Entre doute et optimisme

Au début, le nouveau chômeur vit une sorte de choc dont le degré d’intensité varie au cours du temps. S’il s’attendait à être au chômage, l’impact est moins fort mais si cela est arrivé soudainement, l’effet est plus violent. Cependant, la personne refuse généralement d’assumer son nouveau statut. Il espère parfois être rappelé par son ancien employeur. Il s’attend encore à ce que “quelque chose” se produise et que tout redevienne comme avant.

C’est la première étape psychologiques du chômage. C’est une étape ambigüe. En effet, alors que le chômeur souhaite retrouver un travail, il commence aussi à apprécier le fait d’avoir du temps. Cela le soulage d’une certaine manière. Il se dit qu’il va trouver un nouvel emploi et que cela se fera relativement vite.

La deuxième étape psychologique du chômeur : la stagnation

Le deuxième stade psychologique que traverse le chômeur est le moment où il commence à se rendre compte qu’il ne sera peut-être pas si facile de retrouver un emploi. Cette phase intervient généralement entre 6 et 18 mois après la perte de l’emploi. La personne a alors fait beaucoup d’efforts pour trouver un nouvel emploi et rien ne semble fonctionner.

Le chômeur commence à sombrer dans le pessimiste et il commence à afficher des signes d’anxiété. Il se met à penser qu’il y a peut-être quelque chose qui ne va pas chez lui. Il peut présenter des épisodes d’insomnie et aussi des signes d’irritabilité et de frustration. Les sentiments de culpabilité et de honte sont également chose courante. L’estime de soi commence à en pâtir, tout comme la confiance en soi.

La perte d’intérêt et la résignation

Dans les 18 à 24 mois qui suivent la perte de l’emploi, une autre étape psychologique du chômeur commence. Il s’agit d’une phase caractérisée par la résignation. La personne ressent de la tristesse, un sentiment d’infériorité et de l’apathie. Il semble alors au chômeur que sa situation n’a pas d’issue. Il a l’impression que tous ses efforts sont vain. Un sentiment d’échec s’empare finalement de la personne.

Au delà de 24 mois, cette situation s’aggrave au fil du temps et cette tendance à la résignation s’accentue au point que le chômeur cesse pratiquement de chercher un nouvel emploi. Il se montre sceptique quant à toute option de travail possible et souffre de frustration chronique. La personne se sent moins compétente que les autres et risque de tomber dans la dépression. Son niveau de motivation est alors quasiment nul.

Le statut de chômeur peut mettre à mal le moral

Que faire pour aider un chômeur ?

Le partenaire, la famille et les amis tiennent un rôle très important pour une personne sans emploi. S’il trouve dans son cercle social proche de l’acceptation et du soutien, le chômeur sera certainement mieux armé pour faire face à cette période difficile. Il est important que la personne comprenne que sa valeur en tant qu’être humain va bien au-delà du travail.

De même, il est important qu’un chômeur fasse le meilleur usage de son temps. Une bonne option est par exemple de se former. Ainsi, il existe des centaines de cours en ligne gratuits et de très bonne qualité. Cela lui permettra d’améliorer ses compétences professionnelles et d’augmenter ses chances de trouver un nouvel emploi.

De plus, s’il s’avère trop difficile de trouver un emploi en tant qu’employé, il est toujours possible d’envisager de travailler à son propre compte. Il existe aujourd’hui de nombreuses activités professionnelles qui ne demandent pas de gros investissements au départ. C’est particulièrement vrai dans le domaine du service.

En phase de recherche d’un emploi, il est donc conseillé d’être à l’écoute de soi et des autres afin de trouver des idées pour entreprendre. Lorsque le marché du travail ne nous offre pas d’opportunité, c’est alors à nous de les créer.

 

  • Iribarría, J. A. D. P., Ruiz, M. A., Pardo, A., & San Martín, R. (2002). Efectos de la duración del desempleo entre los desempleados. Psicothema, 14(2), 440-443.