Les larmes d’un enfant sont des balles qui vont droit au cœur (dépression infantile)

· 1 décembre 2016

La dépression infantile est peu connue mais elle existe. Des enfants tristes qui pleurent, qui s’énervent constamment et qui ne profitent pas de la vie. Des enfants qui sont épuisés par l’angoisse. Des enfants qui voient leur innocence assombrie par le terrible monstre de la dépression.

Car oui, il y a des enfants plongés dans une profond tristesse. Des enfants qui ne peuvent pas sourire car leur réalité s’est chargée de mettre des freins à leur innocence.

Cela ne semble pas réel car l’image que nous avons de l’enfance est celle d’enfants souriants, heureux et joueurs.

Tout problème mental a une certaine responsabilité sociale. Car lorsque nous voyons un enfant sérieux, la tête basse, nous forçons à lui dire de ne pas être triste, de ne pas pleurer, de sourire. Grossière erreur.

L’enfant déprimé entretient un dialogue intérieur avec lui-même qui est rarement explicite et visible.

Certaines des questions qu’il se demandera seront par exemple : Comment est-ce que je peux m’obliger à aller bien ? Pourquoi les gens s’efforce à me faire sourire, à me faire jouer, m’empêchent de pleurer et de me mettre en colère ? Pourquoi est-ce que je me sens toujours irrité ? Pourquoi tout le monde me regarde bizarrement ? Peut-être que je suis bizarre et que ça ne sert à rien de me forcer.

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La dépression infantile, une dépression aux traits visibles

La dépression infantile existe et il y a différents signes qui peuvent nous aider à activer l’alarme d’un déficit dans la vie émotionnelle de nos petits.

Certains de ses symptômes ressemblent à ceux des adultes. Par exemple, la tristesse fréquente ou la basse du rendement à l’école (comparable à la baisse du rendement au travail chez les adultes).

Mais, la dépression infantile se caractérise par le fait qu’il y a plus souvent de l’agressivité, de l’irritabilité ou des plaintes somatiques de type maux de ventre, de tête, douleurs musculaires etc.

De même, nous pouvons observer comment leur abattement entame leur motivation et leurs envies de jouer ou de faire des choses différentes. Cela peut aussi se remarquer lorsque l’enfant ne mange pas ou ne dort pas bien. Ou s’il est victime d’une baisse générale de régime.

Un petit affecté par la dépression ne réussit souvent pas à se concentrer, à penser ou à prendre des décisions. De plus, il peut y avoir des pensées de mort ou des idées, des programmations ou des tentatives de suicide.

Si vous observez 5 symptômes ou plus que ceux que nous commentons ici, il s’agit probablement de dépression infantile.

Cependant, il faut savoir que certains états d’apathie, de manque d’envie ou de tristesse sont parfaitement normaux.

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Il faut aussi respecter la tristesse ou l’apathie d’un enfant car nous l’obligeons à être joyeux sans écouter l’origine de son problème, nous lui imposons une règle éducative erronée.

Cela signifie que vous lui transmettrez que la tristesse, la frustration ou la colère ne sont pas normales et qu’il est donc inutile qu’il les ressente.

Qu’est-ce que cela implique chez un enfant ou un adulte ? Être triste à cause d’une perte n’est-il pas normal ? Ne nous sentons-nous nous-mêmes pas irritables à certains moments de la vie ?

Ces états émotionnels ne sont-ils pas utiles pour nous rendre compte de certaines choses ?

Il est aussi possible qu’un enfant déprimé ait une certaine agitation motrice, ce qui se nomme dépression agitée.

L’enfant ne peut pas rester en place et on a toujours l’impression que son siège est en train de brûler. Il tord ses mains dans tous les sens, bouge tout le temps, tape des mains etc.

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On dirait qu’il a une pile en lui, qui ne s’éteint jamais. Cet état ne doit pas être confondu avec un état d’hyperactivité.

C’est pour cela qu’il est essentiel que les professionnels puissent identifier d’autres symptômes qui accompagnent ce fait pour réaliser le bon diagnostic.

L’opposé de la dépression agitée est la dépression « au ralenti ». L’enfant pense, parle et bouge mais au ralenti. On ne peut pas parler avec lui et il faut lui répéter constamment les questions.

Ses centres d’intérêt sont peu variés et il reste dans le silence et immobile pendant de longues périodes.

Une autre piste peut être une estime de soi au plus bas. Peut-être que l’enfant croit qu’il n’en vaut pas la peine et qu’il a un défaut de fabrication.

Peut-être, même, qu’il magnifie ses erreurs, et qu’il est complètement aveugle à ses qualités.

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10 idées pour aider un enfant à se sentir bien

Francisco Xavier Méndez, excellent psychologue espagnol de l’enfant et de la famille, nous offre dans son livre « L’enfant qui ne sourie pas », un décalogue d’idées pour faire revenir le sourire et la joie chez les enfants affectées par une tristesse continue.

  • Montrez l’exemple : souriez, montrez votre bonne humeur, profitez de votre temps libre et de vos vacances, pensez à voix haute de manière sensée, etc.
  • Aidez l’enfant à s’amuser et à se sentir bien : programmez des activités agréables et amusants, invitez ses amis à la maison, surprenez-le avec des programmes novateurs et attractifs, soulignez ses réussites et tenez compte de ses préférences.
  • Épargnez-lui les souffrances inutiles : prenez soin de sa santé (vaccins, hygiène, habitudes de sommeils, alimentation etc.) et préparez-le à des situations stressantes (début de la scolarité et perte d’un proche, par exemple).
  • Encouragez l’harmonie familiale : manifestez de la tendresse dans les mots et dans les faits, stimulez la communication familiale, évitez les disputes de parents devant lui etc.
  • Éduquez-le avec affection et cohérence : agissez en accord avec l’entourage, fixez des normes de comportements raisonnables et exigez leur accomplissement, soyez compréhensif et flexible, collaborez avec son école etc.
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  • Stimulez ses qualités, ses goûts et ses hobbies : inscrivez-le dans une salle de sport ou un club, réveillez son intérêt pour la lecture, la musique, le cinéma, le théâtre, les collections, les travaux manuels etc.
    Encouragez-le à faire des expériences enrichissantes comme de nouvelles saveurs, de nouveaux sports ou jeux…
  • Entraînez-le à tolérer la frustration : n’acceptez pas ses demandes irrationnelles, ignorez ses petites crises, apprenez-lui à respecter son entourage, retardez graduellement la satisfaction de ses requêtes et  sa gratification, faites-lui partager ses jeux et jouets.
  • Rendez-le responsable, non pas coupable : évaluez ses efforts, non pas ses notes ou ses prix. Fixez des objectifs et félicitez-le lorsqu’il y arrive (“Bravo pour tes progrès ! » est préférable à « La prochaine fois, je veux mieux!”).
  • Modelez un style de pensée rationnelle : évitez les étiquettes et le langage absolutiste (tu es méchant, tu ne t’intéresses pas à moi). Au lieu de lui faciliter la solution, faites-le réfléchir (que pourrions-nous faire pour résoudre cela ? Et encore ?). Discutez avec lui, contrez ses idées et ses croyances irrationnelles etc.
  • Renforcez son autonomie : apprenez-lui les compétences de base comme se laver, s’habiller, cuisiner ou gérer son argent. Donnez-lui l’opportunité de pratiquer, aidez-le dans tout le nécessaire mais ne résolvez pas ses problèmes. Laissez-le prendre des décisions progressivement etc.

Cependant, si vous observez certains des symptômes dont nous parlons de manière continue, vous devez consulter un spécialiste pour qu’il évalue et travaille sur tout cela, pour rapporter le sourire sur le visage et dans le cœur de votre enfant.

La bonne santé émotionnelle de l’enfant n’est pas quelque chose qui apparaît comme par magie, il faut la cultiver.

C’est pour cela qu’il ne faut pas oublier qu’il est plus facile d’éduquer des enfants forts que de réparer des adultes brisés.