Il n’y a pas que la tristesse qui indique une dépression, il y aussi l’irritabilité

29 mai 2016 dans Psychologie 762 Partagés

Il n’y a pas que la tristesse permanente et intense, ou autrement dit, l’humeur teintée de désespoir et de démotivation, qui indique une dépression.

De fait, une personne dépressive peut ne pas forcément être triste, mais irritée, l’irritabilité étant la cousine germaine de la tristesse.

Oui. Aussi étrange que puisse paraître cette affirmation, une personne déprimée peut ne pas manifester de tristesse, mais bien de l’irritabilité, de l’instabilité ou de la frustration.

Les plaintes somatiques, la mauvaise humeur, les gênes, les douleurs physiques, les montagnes russes émotionnelles, etc.

Tout cela peut se substituer à la tristesse comme le symptôme d’un problème émotionnel tel que la dépression.

Ainsi, on pourrait dire que les manifestations de haine comme l’insensibilité, l’irritabilité, l’agressivité et le comportement « ‘autoritaire » sont des cris qui peuvent émaner du puits de noirceur dans lequel la dépression nous noie.

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L’irritabilité comme critère diagnostique de dépression

Selon les critères de la dernière version du Manuel Diagnostique et Statistique des Troubles Mentaux (DSM-5) et de la Classification Internationale des Maladies (CIE-10), un diagnostic clinique de dépression peut être envisagé si la personne montre des signes d’irritabilité plutôt que de tristesse.

C’est-à-dire qu’une personne constamment de mauvaise humeur qui présente une colère persistante, une tendance à répondre aux événements avec des accès de colère ou en insultant les autres, ou encore un sentiment exagéré de frustration pour des choses sans importance, peut être couplée à une humeur dépressive pathologique.

Chez les enfants et les adolescents peut se manifester une humeur irritable ou instable plutôt qu’une humeur triste et teintée de démotivation.

Cela est donc différent de ce que l’on considère comme le schéma type de « l’enfant gâté » qui répond avec irritabilité face aux frustrations.

Cependant, il faut souligner que de même que la tristesse en elle-même n’est pas un critère suffisant de dépression et doit s’accompagner d’autres connotations pour être considérée comme pathologique, il en va de même avec l’irritabilité.


Concrètement, pour faire un diagnostic de dépression selon les systèmes classificatoires cités, ces deux conditions et une certaine intensité sont nécessaires, mais pas suffisantes. Pourtant, il en est ainsi ; il ne suffit pas d’être triste ou irrité pour être déprimé.


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La tristesse et l’irritabilité sont des états émotionnels injustement traités

La tristesse et l’irritabilité en elles-mêmes sont des états émotionnels sains, car elles tentent de nous dire qu’il y a quelque chose qui nous gêne ou qui nous nuit.

Elles ne deviennent pathologiques qu’à partir du moment où elles déforment notre vie et qu’elles détériorent considérablement nos sphères personnelles, sociales et professionnelles pendant longtemps.

Perdre les pédales facilement, faire des commentaires désagréables, être peu tolérant, manifester de l’impatience, ressentir de la nervosité, être agité, avoir des réactions inhabituelles, commencer à s’éloigner de certaines personnes parce qu’on est désagréable, etc.

Tout cela montre que quelque chose ne va pas dans notre vie et que l’on doit prendre certaines mesures.

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Ainsi, la colère ou l’irritabilité qui se manifestent quand ou souffre d’une dépression sont une façon pour nous d’extérioriser ce que l’on ressent et que l’on n’exprime pas.

On dit que la personne déprimée a la sensation d’être opprimée, et de porter autour du cou une écharpe qui pèse des tonnes.

Par conséquent, elle a l’impression de se noyer, sa vitalité s’évanouit, et elle sent que cette écharpe l’empêche d’avancer, ce qui gâche sa vie et qui déséquilibre son humeur.

Cela rend compte de l’instabilité et de la difficulté qu’ont ces personnes pour vivre au quotidien.

Ainsi, du fait de cette sombre écharpe qui ne nous permet pas de rassembler nos forces, tout ce que peut faire la personne déprimée, c’est manger quelque chose et dormir ; tel est le poids de l’angoisse, laquelle se traduit par une réalité asphyxiante de tristesse ou d’irritation selon la personne et, bien sûr, selon le moment.

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