Les excuses qui prolongent la dépendance émotionnelle

28 juin 2019
Les excuses que nous nous trouvons lorsque nous souffrons de dépendance émotionnelle nous aident à reporter une fin presque inévitable et nécessaire : nous réconcilier avec la solitude.

La dépendance émotionnelle se propage par un attachement très intense et mal développé à une personne en particulier. Les personnes en souffrant sont souvent celles qui encensent et idéalisent leur partenaire. En effet, elles pensent que, sans l’existence de l’autre, leur bonheur serait impossible. D’autre part, elles utilisent un certain nombre d’excuses qui prolongent leur dépendance émotionnelle. Ce sont précisément elles qui les font se sentir incapables de se sortir de leur situation.

Une personne dépendante héberge dans ses entrailles des schémas ou des croyances fondamentales qui provoquent en elle la peur ou le refus de rester seule. A sont tour, cette situation engendre une croyance absolue qu’elle doit compter sur les autres pour s’en sortir dans la vie. Qu’elle ne peut rien faire seule et que ses décisions doivent être prises par les autres.

Ayant ces croyances, la personne dépendante émotionnellement se considère comme quelqu’un de faible.

Le patient type sous-estime ses propres capacités et a besoin de compter sur les autres. Ce besoin d’être avec une autre personne ou d’avoir un partenaire l’amène à chercher quelqu’un pour combler le vide qui émane de la peur de la solitude.

Son partenaire peut lui manquer de respect, lui être infidèle ou le maltraiter. Pour autant, même s’il veut briser le fil pendant un instant, il ne parvient pas à se détacher. Nous connaissons tous cette situation. Nous savons que nous souffrons et nous aimerions que notre vie coule suive un autre cours. Pour autant, le partenaire a souvent beaucoup de mal à changer son attitude. De son côté, le dépendant ne peut pas stopper la relation pour commencer à guérir ses plaies.

En ce sens, une dissonance cognitive se crée entre ce que la personne devrait faire pour son propre bien et ce qu’elle fait réellement.

La personne sait qu’elle doit partir, mais elle reste tous les jours. C’est là que surgissent les excuses qui prolongent la dépendance émotionnelle, comme le fait de parler pour se tromper soi-même et ainsi continuer à s’accrocher à la personne qui nous blesse ou à une relation qui est toxique.

la dépendance émotionnelle chez les adolescents

Quelles sont les excuses qui prolongent la dépendance émotionnelle ?

Quand il s’agit de dépendance émotionnelle, les excuses pour ne pas rompre la situation peuvent être aussi nombreuses qu’il y a de personnes dépendantes. En ce sens, on a vu qu’il y a certaines verbalisations nuisibles qu’elles introduisent dans leur dialogue interne ou qu’elles en viennent même à partager avec d’autres. Nous avons donc regrouper ces principales excuses qui maintiennent la dépendance émotionnelle, pour les partager avec vous.

La situation va changer

Cette excuse est un classique. Pour rejeter l’idée que la personne à côté de nous n’est pas la bonne, nous nous disons qu’elle va changer. Mais pourquoi cette personne devrait-elle changer ? Comment pouvez-vous être sûr qu’elle le fera vraiment ? Si elle ne l’a pas déjà fait, quel sera le stimulus qui le fera changer ?

Par conséquent, au lieu de tourner le dos à la réalité, il vaut mieux supposer que cette personne ne changera probablement pas et que nous avons deux options : l’accepter telle qu’elle est – ce qui, si nous souffrons, n’est pas une bonne option – ou couper la relation qui nous lie à elle, même si cela signifie passer par un deuil.

Gardez à l’esprit que les gens sont ce qu’ils sont et qu’à moins qu’ils ne décident eux-mêmes de changer leur comportement ou de modeler leur façon d’être, le changement n’interviendra pas par magie.

C’est simplement que je l’aime trop

On pense souvent que si l’amour est le motif qui nous pousse à agir, il légitime tout. Nous nous disons « l’amour peut tout faire« . Pour autant, ce peut être à cause de cette idée qu’une personne dépendante commence à prendre les coups. Peu importe si quelqu’un la manipule ou lui manque de respect, elle continue à s’accrocher parce qu’elle comprend que c’est précisément une démonstration d’amour.

Quand nous allons bien, tout va bien

Évidemment, tous les couples ont leurs bons et leurs mauvais moments. L’idée est d’examiner dans quelle mesure la fréquence et l’intensité des périodes difficiles l’emportent sur celles dans lesquelles le couple semble bien fonctionner. Si vous remarquez clairement que le mépris, les arguments et la toxicité de votre partenaire l’emportent sur les moments positifs, vous devez lever la tête vers l’horizon et vous demander ce que vous voulez vraiment en tirer.

Et si j’avais tort de finir cette relation ?

C’est l’excuse parfaite que n’importe quelle personne émotionnellement dépendante se dirait afin de ne pas mettre un terme à la relation. Elle va de pair avec « la situation va changer« . Notre désir que les choses se passent différemment nous ancre dans l’illusion que l’avenir meilleur viendra, alors je ne peux pas partir parce que cet avenir va me manquer. Si vous y regardez de plus près, ce n’est qu’une fiction que notre cerveau crée pour que nous n’ayons pas à passer par un processus de deuil.

Si votre partenaire n’a pas encore changé, si tout est toujours pareil, si cela fait des années que ça dure, si vous avez tout essayé… en quoi pouvez-vous faire une erreur ? N’est-il pas plus probable que vous soyez en train de commettre une erreur maintenant ?

Ce n’est pas le moment de parler

Le moment parfait n’existe pas, tout comme il n’y a pas de moyen parfait de communiquer avec notre partenaire. La clé, c’est que nous le fassions le plus tôt possible. Nous avons déjà vu que c’est un problème qui ne peut pas se résoudre tout seul.

Les moments possibles pour faire ce pas en avant sont nombreux. Si nous cherchons des excuses, nous allons toujours pouvoir en trouver. Qu’il s’agisse de l’anniversaire de votre partenaire, de la séparation de ses parents ou de l’approche de Noël. Comment pourrais-je lui dire alors que c’est bientôt notre anniversaire ?

Demandez-vous si ces excuses sont vraiment des raisons de reporter votre désir de lui communiquer quelque chose. Ou si c’est votre peur de sa réaction qui signe le report.

la dépendance émotionnelle chez les hommes

La clé contre la dépendance émotionnelle, c’est l’estime de soi

Il n’est pas facile de se débarrasser des excuses qui prolongent la dépendance émotionnelle. D’une certaine façon, sans elle, la dépendance ne serait pas caractérisée. D’autre part, il y a des facteurs qui peuvent nous aider à sortir de cette situation. L’un des plus importants est l’estime de soi.

La personne se regarde dans le miroir et ne parvient pas à trouver les raisons pour lesquelles quelqu’un voudrait débuter une relation avec elle. C’est pourquoi elle voit cette relation comme un bien précieux. Il s’agirait d’une « sorte de chance » qu’elle doit absolument conserver, quel que soit le prix à payer.

D’autre part, elle a aussi des moments de lucidité où elle est consciente que c’est la relation à laquelle elle s’accroche qui lui fait du mal. C’est dans ces moments où apparaissent les excuses qui prolongent la dépendance émotionnelle. Voilà pourquoi il est si nécessaire de les éliminer du dialogue interne.

Dans la dépendance émotionnelle, il y en a un qui est sur un piédestal. L’autre lui rend hommage d’en bas, parce qu’il se croit vraiment inférieur.

 

Riso, W. ¿Amar o depender? Cómo superar el apego afectivo y hacer del amor una experiencia plena y saludable. Editorial Planeta/Zenith