Les besoins sociaux : réussite, pouvoir et affiliation

24 janvier, 2020
Nous nous interrogeons souvent sur ce qui peut motiver le comportement d'une personne. Les psychologues Murray et McClelland ont ainsi découvert que nous avons besoin de satisfaire une série de besoins.
 

Quels éléments régulent notre comportement ? Les théories qui évoquent les motivations des êtres humains vis-à-vis des besoins sociaux sont nombreuses. En outre, il existe beaucoup d’études qui ont essayé de déterminer pourquoi nous nous comportons d’une certaine manière quand nous avons de nombreuses alternatives.

On trouve des facteurs de motivation à l’origine de tout comportement. Autrement dit, certains éléments qui font qu’un comportement soit d’une certaine manière ou qu’il n’aille pas dans une direction concrète. On trouve, parmi ces facteurs de motivation, les besoins sociaux.

Les facteurs de motivation ne sont pas seulement des objectifs que les personnes veulent atteindre. En effet, dans le cadre de l’étude de la motivation, il existe deux approches différentes :

  • La motivation comprise comme des objectifs, des buts et des valeurs
  • La motivation comprise comme des instincts, des besoins ou des pulsions

En se basant sur la seconde approche, plusieurs auteurs ont étudié ces instincts ou besoins que l’être humain « cache » derrière la mise en route d’un comportement.

 
Un homme pensant à ses besoins sociaux

 

Les besoins : facteurs de motivation primaires

Les besoins se classent dans le groupe de facteurs de motivation primaires. Cela signifie que satisfaire les besoins -y compris les besoins sociaux- est une condition pour la survie.

Murray (1938) définissait les besoins comme la propension à agir d’une certaine manière. Selon lui, les besoins sont internes, qu’ils soient biologiques ou psychologiques. Dans son schéma, on n’inclut pas les pressions de l’environnement pour nous comporter d’une manière déterminée à un moment déterminé.

En outre, les besoins incluent des processus cognitifs, émotionnels et comportementaux qui intègrent de véritables lignes d’action pour le sujet. Ainsi, les besoins marqueraient ce que la personne fait.

 

Murray a consacré une grande partie de son travail théorique à l’étude des besoins. Nous avons hérité par exemple du Test d’aperception thématique (TAT). On y évalue les besoins personnels de chaque individu. Il a également élaboré le Personality Research Form (PRF). Murray essayait d’évaluer la personnalité à partir de son modèle de besoins.

Les besoins sociaux selon McClelland (1987)

McClelland, psychologue américain qui développe son activité professionnelle à l’université d’Harvard et de Boston, fixe 3 besoins primaires qui se trouveraient selon lui à la base de notre pensée, de notre ressenti et de nos actions : les besoins sociaux.

McClelland définit les 3 besoins les plus importants de l’être humain, ceux auxquels on ajoute l’adjectif « social ». Ces besoins surgissent de la nature même de l’Homme. Ce dernier est un animal social et a besoin d’un processus de socialisation pour développer ses compétences.

Les besoins sociaux que McClelland identifie sont les besoins de :

 
  • Réussite
  • Pouvoir
  • Affiliation

Ces besoins ne sont pas universels. En effet ils sont le fruit de la nature historique de l’être humain mais également de son contexte socioculturel. C’est pourquoi la liste des besoins peut être relativement différente, bien qu’elle reste cohérente.

Le besoin de réussite : nous savoir bons et meilleurs

McClelland identifie le besoin de réussite sur la base du comportement de l’être humain. En raison de son besoin de réussite, la personne veut souvent optimiser ses performances. Cela a non seulement pour but les bénéfices matériels que cela peut apporter mais également de bien le faire.

En partant d’une tâche, on peut augmenter ses sentiments d’efficacité en se sachant meilleur, en se sentant compétent.

Par conséquent, le besoin de réussite est lié à la réalisation de quelque chose de bien fait simplement grâce à la satisfaction du résultat qu’on obtient, ainsi que l’amélioration et le développement des compétences personnelles.

 

Le besoin de pouvoir : nous savoir dominants

Le deuxième besoin que McClelland identifie sur la base du comportement de certaines personnes est le besoin de pouvoir. Ce besoin de pouvoir ou de prestige influe sur le fait que certaines personnes veulent le contrôle des situations et des personnes, ainsi que de leur capacité d’action.

Ce besoin inclut la recherche du statut et de positions de contrôle institutionnel, social et groupal. C’est pourquoi les caractéristiques de ces personnes sont liées au pouvoir, au contrôle et à la domination.

De la même manière, les personnes avec un besoin de pouvoir très important sont également des individus qui ne savent pas assumer l’échec, la frustration et la défaite. Ce besoin de pouvoir, porté à l’extrême, peut être lié à des problèmes artériels, du stress et autres maladies. Ainsi, quand le besoin de pouvoir est élevé, il est important de travailler le sens de la responsabilité de la personne.

Le besoin d’affiliation : nous sentir aimés

 

Le dernier des besoins sociaux que McClelland étudie est le besoin d’affiliation. Cela semble être le besoin le plus clair, et c’est sans doute celui que les personnes auront le plus en commun.

À partir du besoin d’affiliation, la personne chercherait à maintenir des relations affectives et sociales avec une personne ou un groupe de personnes.

Cela peut paraître évident. Néanmoins, il convient de rappeler que la socialisation est une motivation pour le développement de compétences ou de capacités importantes, du langage à l’empathie.

Par conséquent, sur la base de ce besoin, les personnes se préoccupent de paraître attractifs vis-à-vis des autres. Elles veulent être acceptées et intégrées au groupe. Le besoin d’affiliation illustre comment les personnes préfèrent les relations chaudes avec un grand groupe de personnes, où pouvoir sentir leur appartenance à un groupe dans lequel elles se sentent valorisées.

Ce besoin d’affiliation peut dériver sur le besoin d’intimité, plus spécifique des relations affectives amoureuses. McAdams définit le besoin d’intimité comme la recherche d’une interaction affectueuse et proche de l’autre. On a observé que ce besoin était plus important chez les femmes que chez les hommes.

 
Un groupe d'amies en train de rire

Les besoins sociaux, les seuls facteurs de motivation ?

Les besoin sociaux exposés ne sont pas les seuls que l’on trouve sur la base du comportement de l’être humain. En effet, il existe de nombreux autres éléments, comme la motivation de contrôle.

Selon la perspective de R.W. White (1959), on a étudié la manière dont l’Homme cherchait à tout prix à pouvoir contrôler son environnement et à équilibrer les transactions existantes entre organisme et contexte.

Deci (2008), quant à lui, comprend que la motivation intrinsèque la plus importante de l’être humain est celle d’exercer ses propres compétences et d’atteindre la maîtrise dans différents domaines (sans qu’on en reçoive des récompenses externes).

Dans la théorie de l’autodétermination, enfin, on comprend que le besoin de l’Homme réside dans l’apprentissage et dans l’obtention de ressources suffisantes pour être indépendant. Cela signifie que l’homme cherche des défis pour pratiquer, devenir habile et se sentir compétent face aux tâches qu’on lui propose.

 

Quoi qu’il en soit et en le détachant de toute définition, il semble clair que parmi nos besoins les plus importants et motivants du comportement, on trouverait le besoin de se sentir compétent, le besoin de sentir son appartenance à un groupe et le besoin de contrôle au sein de ce groupe. En outre, connaître sa facette motivatrice nous permet d’expliquer, de comprendre et d’intervenir sur les comportements dysfonctionnels.

 

 
  • Doyal, L; Gough, I. (1994). Teoría de las necesidades humanas. Barcelona-Madrid, Icaria- Fuhem.
  • Maslow, A. (1954). Motivación y personalidad. Barcelona, Sagitario.
  • Schütz, A. (1965). ‘The social Word and the theory of social action’, en D.Braybrooke (ed.) Philosophical Problems of the social Sciencies. New York, Macmillan.