Leadership et discrimination à l’égard des femmes

· 20 juillet 2018

Beaucoup de gens pensent que l’inégalité entre les sexes est une chose du passé, mais c’est loin de la vérité. Nous pouvons encore voir une culture et une société qui favorise les hommes plutôt que les femmes. Malgré les progrès réalisés par le mouvement féministe, le machisme continue d’être défendu et se manifeste dans de nombreux contextes. Dans cet article, nous allons parler spécifiquement du leadership et de la discrimination des femmes.

L’une des preuves les plus frappantes de l’existence d’un machisme enraciné dans la culture est l’absence de femmes aux postes de direction. Le leadership a traditionnellement été traité comme une question masculine. Bien que nous soyons de plus en plus habitués à voir des femmes à des postes de responsabilité, la proportion de femmes leaders est encore très faible. En fait, si l’on parle de postes de direction dans les grandes entreprises françaises, il nous faut souligner que seulement 15% des chefs d’entreprise de 20 personnes ou plus sont des femmes.

Les différences entre les hommes et les femmes en matière de leadership

Au cours des dernières décennies, une multitude d’études ont été menées pour tenter de trouver la relation entre le leadership et la discrimination féminine. L’une des premières hypothèses qui ont été explorées est de savoir s’il existe des différences entre les hommes et les femmes en matière de leadership et si celles-ci sont la cause de la rareté des femmes aux postes de responsabilité et de pouvoir.

leadership et discrimination de sexe

En 1990, Eagly et Johnson ont effectué une méta-analyse de 162 études sur le leadership. Dans cette recherche, ils ont analysé séparément les différents comportements des hommes et des femmes en position de pouvoir. Les résultats ont montré qu’il y avait des différences entre les sexes dans le comportement des dirigeants.

Les hommes ont tendance à être plus autoritaires, agressifs et très axés sur les tâches. Cependant, les femmes dirigent avec un style plus démocratique, participatif et axé sur les relations. Les deux styles sont étroitement associés aux stéréotypes de genre dans la culture d’aujourd’hui.

Cependant, après analyse des différences existantes, les premières preuves en faveur d’une relation entre le leadership et la discrimination féminine apparaissent. Les études sur le leadership nous montrent que les leaders démocratiques, participatifs et axés sur les relations sont beaucoup plus efficaces que ceux qui ne le sont pas. Alors, comment est-il possible que les femmes, avec ce modèle de  » bon leadership « , n’aient pas un pourcentage élevé de postes de responsabilité ?

Les effets du leadership et de la discrimination à l’égard des femmes

Ensuite, nous parlerons de deux effets qui découlent du machisme et qui font qu’il est difficile pour les femmes d’accéder à des postes de direction. Il est important de comprendre que, bien qu’il n’y ait pas d’inégalité explicite entre les sexes, le machisme implicite dans notre culture et notre éducation a un effet tout aussi néfaste sur les femmes.

L’effet du plafond de verre

Le terme « plafond de verre » fait référence à l’existence d’une barrière invisible qui empêche les femmes d’accéder à des postes de direction ou de leadership. L’existence et l’influence des stéréotypes de genre sont la principale explication et justification de ce plafond de verre.

N’oublions pas que la figure du leader n’est pas quelque chose d’individuel, car sans adeptes, il n’y a pas de leadership. En raison des préjugés générés contre les femmes, nous constatons que les adeptes rejettent leur légitimité en tant que leaders. En outre, il existe une forte tendance à associer les postes à responsabilité au sexe masculin. L’auteur Schein a inventé le terme « think manager-think male » pour se référer à ce phénomène.

D’autre part, un effet associé au plafond de verre est le plafond de béton. Ce dernier terme désigne des situations dans lesquelles c’est la femme elle-même qui se limite à un poste de responsabilité. Cela se produit aussi à cause du machisme implicite dans les stéréotypes de genre, générant chez les femmes une anxiété de sortir de ce que la société attend d’elles.

leadership et discrimination : le plafond de verre

L’effet de la falaise de verre

Nous avons déjà mentionné qu’il existe de nombreuses difficultés d’accès des femmes aux postes de responsabilité, ce qui montre clairement la relation entre le leadership et la discrimination à l’égard des femmes. Mais que se passe-t-il lorsqu’une femme occupe un poste de direction ? C’est là qu’apparaît l’effet de la falaise de verre.

La falaise de verre fait allusion au fait que lorsque les femmes accèdent à des postes de direction, elles ont tendance à être plus précaires et sont associées à une plus grande probabilité d’échec et de critique que celles occupées par les hommes. Il semble que think manager-think male cesse d’avoir un effet lorsque la position de leadership est associée à une situation de crise.

Ainsi, lorsqu’il s’agit de pourvoir un poste de responsabilité avec une forte probabilité d’échec, on recherche généralement une femme. De cette façon, nous nous tournons vers le phénomène think crisis-think female. Des recherches restent à faire pour déterminer les causes de cet effet, mais les principales hypothèses sont celles qui parlent d’une meilleure gestion des situations de crise par les femmes ou même des hypothèses en faveur de la manipulation masculine pour accroître l’échec des femmes aux postes de direction.

En conclusion, il est important de réaliser que l’inégalité entre les sexes est encore très présente dans notre culture et notre société. La seule façon de la combattre est d’effectuer des recherches et un suivi critique de tous les aspects sociaux, culturels et éducatifs qui favorisent une relation entre le leadership et la discrimination féminine.