Le traitement de l'éjaculation précoce

Le traitement de l'éjaculation précoce peut être abordé sous l'angle de la psychologie, de la pharmacologie ou des deux. Il sera important, tout d'abord, d'écarter les causes organiques du trouble, puis de commencer l'intervention.
Le traitement de l'éjaculation précoce

Dernière mise à jour : 13 juillet, 2021

L’éjaculation précoce implique que l’éjaculation se produit pendant l’activité sexuelle avant que l’homme ne le désire. C’est un problème qui peut être traité par la psychologie et la pharmacothérapie. De nombreuses études au cours de l’histoire ont mis en évidence un certain nombre de traitements.

Dans cet article, nous allons voir comment traiter ce problème qui, selon le DSM-5, touche entre 20 et 30 % des hommes âgés de 18 à 70 ans. Tout d’abord, nous définirons le concept d’éjaculation précoce, puis nous parlerons des traitements les plus importants.

Qu’est-ce que l’éjaculation précoce ?

L’éjaculation précoce ou l’éjaculation prématurée est le dysfonctionnement sexuel le plus courant chez les hommes. C’est ce que révèle une étude de Peralman (2006), qui affirme qu’elle touche 16 à 23 % des hommes.

Le DSM-5 la définit comme un “schéma persistant ou récurrent dans lequel l’éjaculation au cours d’une activité sexuelle avec un partenaire se produit environ une minute après la pénétration vaginale et avant que la personne ne le désire”.

Selon une étude de Fernández (2014), c’est un trouble qui est sous-diagnostiqué dans les soins primaires pour différentes raisons. Sa prévalence augmente avec l’âge.

Un homme mécontent.

Le traitement de l’éjaculation précoce

Quel traitement de l’éjaculation précoce est utilisé pour ce dysfonctionnement sexuel ? Selon le Guide to Effective Psychological Treatments de Marino Perez (2010), les trois traitements les plus validés (et les plus efficaces) sont les suivants :

  • La technique du stop and start
  • La technique de compression et d’écrasement basilaire
  • Et la pharmacothérapie

S’attaquer à la cause sous-jacente

Au-delà de ces éléments, nous devons souligner l’importance d’évaluer chaque cas spécifique, par le biais d’un entretien clinique approfondi et de questionnaires pertinents sur les dysfonctionnements sexuels. Et ce, afin de découvrir les causes du trouble et de commencer à y travailler.

Nous insistons sur ce point, car les techniques mentionnées ci-dessus, bien qu’elles se soient avérées efficaces, vont traiter les symptômes du trouble. Par conséquent, lorsque la cause est liée à un problème psychologique (anxiété, dépression, insatisfaction dans la relation…), il convient de l’aborder avec les techniques psychologiques correspondantes.

Cela dit, en quoi consiste chacune des techniques susmentionnées ? Comment fonctionnent-elles ?

1. La technique stop and start de Semans (1956)

La technique stop and start de Semans (1956) est basée sur la prise de conscience du “point d’inévitabilité éjaculatoire” de l’homme. C’est-à-dire l’instant du processus d’excitation de la réponse sexuelle masculine après lequel il éjacule sans remède ni contrôle.

Grâce à cette technique, l’homme est en mesure d’allonger de plus en plus le rapport car il reconnaît, de plus en plus efficacement, le type de sensations génitales et extragénitales (dans d’autres zones du corps) qui précèdent ce point. Il apprend ainsi à éviter d’atteindre le niveau d’excitation dans lequel l’éjaculation survient inévitablement contre sa volonté.

2. Les techniques de compression et d’écrasement basilaire de Masters et Johnson (1970)

Un autre traitement de l’éjaculation précoce est la technique de compression et d’écrasement basilaire de Masters et Johnson (1970). Dans la technique de compression, le partenaire stimule l’homme jusqu’à ce qu’il ait une érection complète. Aussi jusqu’à ce qu’il ait une sensation prémonitoire minimale d’éjaculation.

À ce stade, le partenaire sexuel exercera une légère pression avec sa main sur le pénis. De cette façon, la réponse de l’homme sera la perte immédiate de l’envie d’éjaculer et d’une partie de l’érection. Ce cycle de stimulation et de “compression” est à répéter successivement. L’objectif est que la durée de l’érection sans éjaculation augmente progressivement.

Dans la deuxième phase de la technique, la stimulation sera intravaginale dans le cas d’un couple hétérosexuel, sans changer la technique de compression manuelle dans le cas d’une urgence éjaculatoire. Le temps entre l’érection et l’éjaculation sera suffisant pour que le couple atteigne l’orgasme.

Un couple heureux au lit.

3. Les traitements pharmacologiques

Le traitement pharmacologique actuel de l’éjaculation précoce repose sur l’administration d’antidépresseurs. La fluoxétine (antidépresseur ISRS) et la clomipramine (antidépresseur tricyclique) sont les plus utilisés.

Lorsqu’aucune cause organique n’explique le trouble, le premier traitement de choix est généralement la thérapie psychologique. En ce sens, le traitement pharmacologique est généralement utilisé chez les hommes chez qui les procédures habituelles de sexothérapie ont échoué.

Ce sont, à ce jour, les traitements les plus validés et les plus efficaces pour l’éjaculation précoce. Comme nous pouvons le constater, ils sont très axés sur le symptôme. Il sera toujours important d’évaluer les causes du trouble, de les connaître et d’y travailler.

Comme l’indique une étude de Sarquella et al. (2014), parmi les causes les plus fréquentes, nous trouvons : l’anxiété, les pressions religieuses, la faible estime de soi, la peur d’engendrer, la dépression ou l’insatisfaction dans la relation du couple. Dans tous les cas, une approche multidisciplinaire du problème par des professionnels spécialisés sera essentielle.

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