Le piratage du cerveau

Le piratage du cerveau est-il possible ? Bien que cela puisse paraître de la science-fiction, il est pourtant possible de changer les pensées et les émotions.
Le piratage du cerveau

Dernière mise à jour : 02 juillet, 2021

Aujourd’hui les préoccupations semblent plutôt être politiques en raison de l’émergence de nouvelles idéologies et de la montée des extrémismes. Cependant, la science est en passe de réaliser des progrès substantielles à la frontière entre la technologie et la neurologie. Peut être devrions-nous davantage craindre que la technologie rende possible une forme de piratage du cerveau.

Même si cela ressemble à de la science-fiction, le piratage du cerveau, dans une certaine mesure, est déjà possible. Nous croyons au libre arbitre. Nous supposons que nos sentiments et nos pensées découlent de notre liberté individuelle et que, par conséquent, nos actions le sont aussi.

Or, cette idée est fausse. De nombreux facteurs de conditionnement déterminent la façon dont nous pensons, ressentons et agissons. Donc, si nos décisions ne sont pas libres, qu’est-ce qui les conditionne vraiment ?

Cerveau et homme.

Nos choix ne sont pas totalement libres

Les choix que nous faisons dépendent de conditions biologiques et sociales que nous ne pouvons pas contrôler. Par exemple, je peux choisir ce que je vais manger aujourd’hui. Cette décision, bien qu’elle semble libre à première vue, est conditionnée par mes gènes.

Je ne peux manger que ce que mon corps tolère. De plus, le choix dépendra également des ressources dont je dispose. Je ne peux pas manger un steak de veau si je n’ai pas l’argent pour l’acheter. Il y aura même des facteurs culturels. Si ma culture interdit de manger de la viande de chien, je ne vais certainement pas choisir d’en consommer.

“Les hackers amateurs piratent les systèmes informatiques, les professionnels, eux, piratent les gens.”

Bruce Schneier

L’amour en est un autre exemple. Choisissons-nous les personnes dont nous tombons amoureux ? En général, on ne le fait pas.

Ces exemples montrent clairement que, si nous regardons de plus près les décisions que nous prenons au quotidien, nous nous rendons compte que la plupart d’entre elles échappent à notre contrôle. Par conséquent, nous ne décidons pas librement ce que nous pensons. Ni même ce que nous ressentons ou ce que nous voulons. Il y a des limitations.

Cette croyance dans le libre arbitre a de grandes conséquences. Si les entreprises ou les gouvernements parviennent à pirater le cerveau, les personnes les plus faciles à manipuler sont celles qui croient encore au libre arbitre.

Le piratage du cerveau exige trois éléments. Tout d’abord, de solides connaissances en biologie. Ensuite, un grand nombre de données sur la population. Enfin, de grandes compétences en informatique. Ces trois éléments réunis rendent possible la prédiction des décisions qu’une personne va prendre. Pire encore, cela permet même de manipuler ses sentiments.

“La peur est le chemin du côté obscur. La peur mène à la colère, la colère mène à la haine, la haine mène à la souffrance…”

-Yoda, Star Wars –

Le piratage du cerveau

Les fake news sont une autre illustration de la restriction des libertés. Lorsque nous lisons une fausse information à notre insu et que nous la croyons, nous pensons que nous sommes libres de la croire ou non.

Mais la vérité est que quelqu’un nous a dupé. La personne qui a introduit cette fake news dans notre cerveau l’a fait pour nous faire croire qu’une fausse information était vrai. C’est donc une forme de piratage du cerveau.

Il est aussi possible de créer des algorithmes qui prédisent nos préférences avec toutes les informations que nous publions sur les réseaux sociaux. Il s’agit là d’un piratage plus élaborée du cerveau.

Ces préférences permettent aux hackers de créer des fausses nouvelles qui correspondent aux croyances d’une personne donnée. Il est ainsi possible de créer des faux messages personnalisés. Ces derniers peuvent être très convaincants.

Évidemment, tout cela n’est pas nouveau. La publicité le fait depuis toujours. La différence est qu’aujourd’hui, avec l’essor de l’internet et des médias sociaux, il existe davantage de données disponibles sur les gens. Par conséquent, les messages peuvent être davantage personnalisés.

De plus, l’utilisation de la peur, de la haine et de la cupidité se généralise. Ainsi, on a plus tendance à croire de fausses informations sur une personne ou sur un groupe de personnes que nous n’apprécions pas.

Deux personnes connectées par le cerveau.

Ce que l’avenir nous réserve

Mais cela ne s’arrête pas là. Aujourd’hui, l’utilisation d’appareils qui mesurent la fréquence cardiaque est plus répandue.

Imaginons un instant que ces données relatives à la fréquence cardiaque soient corrélées aux recherches effectuées sur Internet ? Et si elles étaient associées à l’utilisation de notre carte de crédit ? On pourrait alors nous vendre n’importe quel produit ou idéologie politique. Dans cette situation, l’électeur saurait-il vraiment ce qui est juste et le consommateur ce qu’il veut ?

Notre réponse à ce phénomène est une réaction brutale. Au lieu de relever le défi, nous nous réfugions dans des illusions encore plus lointaines. Nous avons recours à des fantasmes religieux et nationalistes toujours plus éloignés de la véracité scientifique.

Il existe toutefois une solution. Elle consiste à connaître ses points faibles. Les ordinateurs sont piratés parce qu’il y a des lignes de code défectueuses. Les humains, quant à eux, le sont à travers leurs peurs, leurs haines, leurs préjugés et leurs désirs.

Les pirates du cerveau ne peuvent cependant pas créer la haine et la peur à partir de rien. Mais, lorsqu’ils découvrent qu’elles existent chez une personne, il leur est plus facile de savoir les exploiter pour en tirer un bénéfice.

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  • Harari, Y. N. (2016). Homo deus: Breve historia del mañana. Madrid: Debate.