Le Loup de Wall Street : entre ambition et pouvoir

· 23 mars 2018

Le Loup de Wall Street (2013) est un film nord-américain réalisé par Martin Scorsese et interprété par Leonardo DiCaprio, un duo qui semble fonctionner à merveille. Le Loup de Wall Street, malgré sa longue durée, a un rythme rapide et agile. Un film qui, alors que tout semble se terminer et que la fin semble proche, nous surprend avec des éléments encore plus fous mais, malgré tout, assez réels.

Scorsese est devenu l’un de ces réalisateurs auxquels nous ne reprochons pas grand-chose car il a su nous offrir beaucoup de grands films: Taxi Driver, Raging Bull, Les Affranchis, Casino, Aviator et une infinité de titres supplémentaires. Et même si, pour beaucoup, les films sont trop longs, la vérité est que Scorsese atteint son objectif: révéler l’une des nombreuses facettes de la société nord-américaine, l’authentique meute de loups qui habite à Wall Street.

Le film, même s’il peut nous sembler surréaliste, est inspiré des mémoires de Jordan Belfort. Un courtier qui a été accusé d’un grand nombre de délits liés à la manipulation d’argent et qui, après cela, a donné des conférences sur ses erreurs passées et sur l’éthique du monde des affaires.

Le célèbre acteur Leonardo DiCaprio, qui n’avait pas encore gagné d’Oscar à ce moment-là, incarne ce personnage charismatique et influent, parvenant à déconcerter complètement le spectateur lors de certaines scènes et à lui faire remettre en doute la moralité de ce loup de Wall Street.

« Jordan Belfort ressemble à un Robin des Bois pervers qui vole de l’argent aux riches pour se l’offrir à lui-même et à sa joyeuse bande de courtiers. »

-Le Loup de Wall Street-

Le Loup de Wall Street : la personnalité du broker

Le film démarre avec un jeune Jordan Belfort, tout juste marié, qui commence à entrer dans le monde de la Bourse ; très rapidement, nous découvrirons que Jordan possède un talent exceptionnel pour ce travail et que, même s’il ne connait pas très bien le monde des affaires, il atteint de grandes réussites professionnelles en très peu de temps.

Jordan est convaincu de savoir comment s’enrichir, comment devenir un véritable « gros poisson » dans le monde de la Bourse et, après cela, crée sa propre entreprise. Il commence par vendre des actions de mauvaise qualité aux personnes qu’il arnaque et qui ignorent tout du monde de la Bourse et finira par les vendre aux plus riches des Etats-Unis. Cette entreprise grandira à une vitesse frénétique et, par conséquent, ses revenus en feront de même. Jordan sera même interviewé par la revue Forbes qui lui donnera le surnom de « Loup de Wall Street ».

DiCaprio

Qu’exige Jordan de ses employés ? Leur parcours académique ne lui importe pas ou peu : l’important se résume à leur capacité de persuasion, une capacité qui est extraordinaire chez lui. L’essentiel est de vendre, vendre et vendre. Il réussit à convaincre ses futurs employés de leur future richesse ; ainsi, ils seront heureux, ils pourront s’acheter la meilleure voiture, la plus grande maison, auront la meilleure épouse qui soit et vivront une vie de luxes et d’excès infinis. D’excès, surtout.

Ses dons de leadership et son grand pouvoir de communication font de Jordan le parfait courtier : un homme qui n’a aucun scrupule, aucune morale, aucune empathie et qui ne se préoccupe que de se remplir les poches. Toute cette orgie de pouvoir le mènera à quitter son épouse et à se marier avec une jeune mannequin. Il est intéressant de voir comment le profil du broker change au fur et à mesure du temps, même si nous savons parfaitement que ses principales motivations sont: la compétitivité, l’ambition, le pouvoir, l’argent et le statut social.

Les personnages dessinés par Scorsese manquent de scrupules, ils n’ont aucun problème à maltraiter, piétiner ou écraser leur prochain dans le but d’atteindre leurs objectifs. Nous assistons à des scènes réellement perturbantes, comme quand une employée les laissent lui raser la tête pour gagner de l’argent, les violentes scènes de drogue ou l’orgie dans l’avion. Il semblerait que ces personnages n’aient pas de limites, à part l’argent et le pouvoir, et qu’ils en veuillent toujours plus. Leur ambition devient de plus en plus grande, jusqu’à les rendre complètement accros.

Au milieu de tout le chaos et du stress qu’implique le monde de la Bourse, Jordan apporte une certaine dose d’adrénaline et de « bonheur » à ses employés car il convertit son entreprise en véritable spectacle où tout est possible. Prostituées, drogues, fêtes, argent volant dans les airs… Tout, absolument tout, est fait pour que ses employés atteignent un stade d’euphorie et soient de plus en plus ambitieux, pour qu’ils deviennent de véritables requins capables de dévorer n’importe qui dans le but d’atteindre leurs objectifs.

« Je m’appelle Jordan Belfort. Je suis un ancien membre de la classe moyenne élevé par deux comptables dans un minuscule appartement de Bayside, à Queens. L’année de mes 26 ans, à la tête de ma propre firme de courtage, j’ai gagné 49 millions de dollars. Ça m’a vraiment fait chier, car avec trois de plus j’en aurais gagné un par semaine. »

-Le Loup de Wall Street-

hommes ambitieux

Argent, drogues, femmes et pouvoir

Le Loup de Wall Street nous montre l’autre facette du monde des finances, de la mondialisation, du capitalisme actuel et, plus concrètement, des personnes les plus puissantes. Jordan est un jeune de la classe moyenne qui se fraye un chemin dans un monde qui semble inaccessible pour le commun des mortels. Il devient en outre le plus gros requin de l’aquarium. Jordan est-il un génie ? Nous ne pouvons pas nier qu’il a un don inné et de grandes facultés de communication; cependant, son ambition le mènera à franchir toutes les limites de l’éthique que nous puissions imaginer.

Toute cette réussite professionnelle, ces affaires à la légalité douteuse et le rythme de vie frénétique ne sont pas faciles à digérer et il n’y a donc rien de surprenant à voir Jordan recourir à la drogue pour rester éveillé. Plongé dans un monde d’excès, il fera des folies impensables pour la majorité des gens. Tout, dans sa vie, sera excessif, que cela concerne le travail, le sexe ou son environnement familial.

Les drogues, en particulier la cocaïne, et le sexe sans limites apportent à Jordan l’énergie dont il a besoin pour son travail. Il se considère comme invincible et, par conséquent, offre tout cela à ses employés. Cependant, cet effet d’extase et d’euphorie n’est que momentané ; à long terme, cela détruira profondément sa vie.

piscine

Dans ce cas, les mafieux semble porter le costume et la cravate, possèdent des yachts, des demeures et, au lieu d’un pistolet, ont un téléphone. L’ambition conduit notre personnage à être un homme avide de pouvoir, d’argent. C’est précisément cette immense quantité d’argent qui le conduira dans un monde irréel et irrationnel où ses relations personnelles seront reléguées à un plan presque inexistant.

Tout n’est qu’artifice dans la vie de Jordan; il peut tout acheter et tout lui est permis, même les femmes qui seront chosifiées et reléguées à un plan purement sexuel. Il n’y a pas de buts inatteignables dans sa vie: Jordan a entièrement confiance en lui-même et sait qu’il peut réussir à faire tout ce qu’il se propose. Le Loup de Wall Street nous montre l’autre facette du monde des finances, dans le monde de Wall Street. Ce film nous présente un personnage avec beaucoup de traits qui peuvent être remis en question et, en même temps, qui peut nous apprendre un grand nombre de choses.

« La seule chose qui se trouve entre vous et votre objectif est l’histoire que vous ne cessez de vous raconter sur le pourquoi de son échec. »

-Jordan Belfort-