Le lien entre le sentiment de culpabilité et l'anxiété

Le drainage émotionnel généré par l'anxiété est immense. L'un de ses effets est le sentiment de culpabilité constant, un sentiment qui nous amène à penser que tout ce qui arrive est de notre faute et que notre propre souffrance est aussi un fardeau pour les autres. Que devons-nous faire dans ces circonstances ?
Le lien entre le sentiment de culpabilité et l'anxiété

Dernière mise à jour : 27 décembre, 2020

Le sentiment de culpabilité est une réalité assez courante dans les processus d’anxiété. C’est un état dans lequel l’esprit tire des conclusions très néfastes et même fausses sur lui-même. Les situations sont déformées jusqu’à ce qu’elles génèrent d’authentiques charges de conscience qui augmentent encore plus la souffrance.

“J’ai mal fait cela.” “Je suis sûr que j’ai blessé une telle personne par mon comportement.” “Je laisse tomber ma famille, je déçois mon partenaire, mes enfants.” “Ma mère est malade à cause de moi…” Nous pourrions donner encore plein d’exemples. La plupart des pensées d’une personne en proie à ce problème suivent toujours cette ligne, alors qu’elle n’est coupable de rien.

Elle est victime de cette anxiété qui a absolument tout le contrôle. Elle considère son trouble anxieux ou ses crises de panique comme une anomalie qui la dépasse et qui est complètement hors de son contrôle. “Comment puis-je me causer tant de souffrance ?” “Qu’est-ce qui ne va pas chez moi ?”

Ce genre d’idées finit par alimenter encore plus le cercle vicieux de l’anxiété. Si à cela s’ajoutent des facteurs néfastes comme les pensées obsessionnelles, la conséquence sera une bombe à retardement pour la santé mentale. Analysons de plus près ces situations.

Un homme qui ressent de la culpabilité et de la honte.

Sentiment de culpabilité : un effet de l’anxiété elle-même

Le sentiment de culpabilité est parfois logique, parfois irrationnel. Dans le premier cas, il est lié à des faits concrets : il est justifié d’éprouver de la souffrance. Elle est due au fait d’avoir causé du tort à d’autres personnes ou d’être responsable d’actes graves.

Dans le second cas, la culpabilité est l’effet de l’anxiété ou d’autres types de troubles psychologiques. Lorsqu’elle est liée à l’anxiété, elle est généralement associée à ces processus dans lesquels la personne se bat pour faire certaines choses, pour les ressentir et même pour y penser.

Le simple fait d’être conscient du biais mental négatif, d’un esprit qui vit parfois dans la peur ou l’incertitude, fait émerger l’ombre de la culpabilité. Lorsque les personnes concernées constatent qu’elles n’arrivent pas à contrôler ce biais et que leur comportement inquiète les autres, leur culpabilité s’intensifié.

Sentiment de culpabilité, honte et anxiété

Selon une étude publiée dans la revue PLOS ONE et réalisée à l’Université de Karolinska en Suède, les troubles anxieux sont très souvent liés à un sentiment de culpabilité et à un sentiment de honte. Il est évident qu’il s’agit de deux réalités différentes, mais toutes deux ont un déclencheur commun : l’inconfort.

Le sentiment de honte est plus dommageable chez les personnes souffrant d’anxiété ou d’un autre type de trouble. Cela revient à se sentir mal à propos de qui on est en tant que personne. C’est se sous-évaluer et, à son tour, se blâmer dans presque toutes les circonstances.

Sentiment de culpabilité et anxiété entretiennent un lien.

Comment gérer les émotions associées à l’anxiété ?

Le mécanisme pour calmer, démêler et apaiser le sentiment de culpabilité ou le sentiment de honte, passe évidemment par un seul chemin : il faut se concentrer sur l’élément déclencheur, à savoir l’angoisse elle-même. La thérapie cognitivo-comportementale et même la thérapie d’acceptation et d’engagement sont utiles et efficaces dans la plupart des cas.

Savoir gérer des émotions complexes telles que la culpabilité est toujours utile. Examinons donc certains aspects qui peuvent nous aider :

  • La culpabilité est un mécanisme par lequel nous émettons un jugement moral concernant notre comportement, nos sentiments ou nos pensées. Nous supposons qu’il y a quelque chose qui ne va pas chez nous. Or, l’anxiété n’est pas un défaut. C’est une condition psychologique que nous pouvons et devons gérer en nous engageant envers nous-mêmes.
  • Vous devez arrêter d’agir en tant que juge. Se punir constamment renforce l’anxiété : il est temps de vous traiter avec gentillesse. Des aspects tels que le renforcement de l’estime de soi, la prise de confiance en soi et l’affirmation de soi pourraient vous aider.
  • La culpabilité se nourrit de l’inquiétude. Plus nous nourrissons nos soucis, plus nous nous pelotonnons avec ces pensées obsessionnelles et souvent illogiques, et plus le sentiment de culpabilité grandit. Il faut donc se concentrer sur d’autres tâches, sur des activités enrichissantes.

En somme, comme l’a dit Oscar Wilde, l’un des pires cauchemars de la vie est de souffrir à cause de ses propres fautes. Libérons-nous de ce fardeau qui, dans de nombreux cas, alimente des processus anxieux.

Cela pourrait vous intéresser ...
Comment contrôler les situations très stressantes
Nos PenséesLisez-le dans Nos Pensées
Comment contrôler les situations très stressantes

Apprendre à contrôler les situations très stressantes est presque une stratégie de survie. Un jour de préoccupation est pire qu'un jour de travail ...



  • Hiedman Eric (2013) Shame and Guilt in Social Anxiety Disorder: Effects of Cognitive Behavior Therapy and Association with Social Anxiety and Depressive Symptoms. PLoS One. 2013; 8(4): e61713. 2013 Apr 19. doi: 10.1371/journal.pone.0061713