Le langage des yeux

30 mai 2015 dans Psychologie 6 Partagés

La communication verbale ne représente qu’une petite partie de ce que nous exprimons. Normalement, nos paroles sont filtrées par le conditionnement social ou par les circonstances, c’est pourquoi elles ne communiquent pas toujours ce que nous voulons réellement dire.

Toutefois, quelque chose de complètement différent se produit avec les yeux, et c’est pour cette raison que l’on dit souvent qu’ils sont le miroir de l’âme.

Le langage des yeux est inconscient. En effet, aucun d’entre nous n’a constamment le contrôle sur la façon dont nous regardons autour de nous.

Nous pouvons encore moins contrôler le champ d’ouverture de nos pupilles, ou le niveau d’humidité dans nos yeux. Ces petits détails recèlent de précieuses informations sur ce qui se passe véritablement dans notre tête.

L’alphabet des pupilles

Les pupilles envoient des messages très subtils, c’est pourquoi ils passent généralement inaperçus. 

Cependant, elles possèdent un alphabet qui leur est propre et qu’il est possible de déchiffrer. L’aspect le plus visible des pupilles est leur taille, qui change automatiquement en fonction des circonstances, et indépendamment de notre volonté.

Normalement, les pupilles se dilatent si nous regardons un objet qui nous plaît ou si nous nous trouvons dans une situation qui nous met à l’aise. 

Évidemment, elles s’agrandissent si la lumière est faible ou si nous avons du mal à voir quelque chose. Mais si les conditions d’illumination et la visibilité sont bonnes, la dilatation des pupilles est signe que quelque chose nous plaît.

Le contraire est également vrai. C’est-à-dire que lorsque nous faisons face à quelque chose qui nous fait peur ou qui génère en nous une réaction de rejet, les pupilles se rétrécissent.

Des petites pupilles sont un signe d’hostilité et de mauvaise humeur, même si nous ne regardons pas directement l’objet qui est à la source de ces émotions.

Il est fort probable que ce phénomène soit connu de façon intuitive depuis des centaines d’années. Les prostitués chinoises et de l’Égypte antique se mettaient de la belladone (une plante médicinale) sur les yeux pour accroître la taille de leurs pupilles au moment de s’occuper de leurs clients. Elles devaient penser que cet artifice les rendait plus désirables.

En ce qui concerne les pupilles contractées, il est facile de les observer dans les yeux de toute personne qui se prépare à l’attaque. Outre le fait de plisser les yeux, nous verrons que la taille des pupilles rétrécit également si nous prenons le temps d’observer l’autre.

Le mouvement des yeux

Les yeux sont continuellement en mouvement, même lorsque nous dormons. Généralement, il s’agit de petits mouvements au niveau des paupières et du globe oculaire qui sont assez difficiles à remarquer.

Cependant, il existe des mouvements plus explicites qui permettent d’identifier ce qui se cache derrière cette dynamique.

Si les yeux bougent vers le haut et s’inclinent vers la droite, cela signifie que les mécanismes du cerveau relatifs à la mémoire se sont mis en marche. Ce mouvement fait généralement suite à l’évocation d’un événement ou d’une situation passé(e). 

En revanche, si les yeux bougent vers le haut et la gauche, cela signifie que les fonctions créatives liées au milieu visuel viennent de s’activer. Ce mouvement se produit généralement lorsque nous apercevons une image qui nous semble surprenante.

L’action d’orienter les yeux vers la gauche est un signe clair que le processus créatif vient d’être activé. Les orienter vers la droite fait référence à la mémoire. Dans les deux cas, ils font allusion à des expériences sonores.

Ce ne sont là que quelques exemples de ce vaste univers qu’est la communication non verbale.

Bien que le fait de savoir lire dans les yeux de la personne à qui nous parlons peut s’avérer utile, il ne faut pas oublier que les mouvements des yeux prennent également une valeur anecdotique, car ils ne révèlent que des données isolées quant à ce qui se passe véritablement dans notre cerveau.

Photographie : Augusto Serna – Vía Flickr

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