Le consentement éclairé en psychologie

· 2 avril 2019
Connaissez-vous le concept du consomment éclairé ?

Le consentement éclairé en psychologie est apparu pour mettre en avant le principe d’autonomie (« capacité à se fixer des normes ou des règles sans l’influence de pressions externes ») par rapport au principe de bienfaisance (« obligation d’agir au bénéfice des autres, en promouvant leurs intérêts légitimes et en faisant disparaître les préjugés »). C’est l’une des conditions nécessaires dans la pratique professionnelle de la psychologie. Cet élément précède l’évaluation et l’intervention psychologique.

Nous pourrions définir le consentement éclairé comme l’approbation libre, volontaire et consciente d’un patient, qui se manifeste dans le plein usage de ses facultés, après avoir reçu les informations adéquates, pour qu’une intervention puisse avoir lieu afin d’améliorer sa santé.

« Personne ne peut nous faire nous sentir inférieurs sans notre consentement. »

-Eleanor Roosevelt-

consentement éclairé

Antécédents historiques dans le monde

La reconnaissance morale d’un droit à l’information et à la décision médicale de la part des patients est assez récente. De multiples décisions judiciaires viennent aussi la renforcer. Comme Jay Katz l’a signalé: « l’information et le consentement n’ont pas de racines historiques dans la pratique médicale mais l’éthique juridique l’a forcée à les accepter ».

En 1931, le Ministère de la Santé du Reich allemand a dicté une régulation au niveau des thérapies médicales et des expériences avec des humains. On reconnaissait ainsi le droit du patient (ou de son substitut légal) à donner son consentement pour participer à des essais cliniques. Cette norme n’a pas été appliquée sur le territoire allemand au cours de la Seconde Guerre Mondiale. Elle ne s’est pas non plus appliquée dans les camps de concentration et d’extermination, ou avec certains groupes sociaux. Par exemple, elle n’a pas été utilisée avec les gitans, les Juifs, les homosexuels…

Tout cela a poussé le Tribunal de Nuremberg, à la fin de la guerre, à faire des efforts pour établir des principes basiques afin de préserver les aspects moraux, éthiques et légaux impliqués dans les recherches avec des êtres humains.

L’importance du consentement éclairé en psychologie

La relation psychologue-patient, depuis l’époque d’Hippocrate jusqu’en 1960 aux Etats-Unis et en 1980 en Espagne, a été régulée par le principe paternaliste de bienfaisance. En d’autres termes, chercher le bien du malade et son consentement n’était pas pertinent car cela ne pourrait rien apporter.

Nous pouvons dire, sans le moindre doute, que le consentement éclairé en psychologie est celui qui a le plus cherché à « horizontaliser » la relation entre le psychologue et le patient. Il a contribué à mettre fin au modèle paternaliste. Ce droit domine et précède, d’une certaine façon, tous les autres droits.

Caractéristiques du consentement éclairé en psychologie :

  • C’est un processus verbal
  • Le processus est volontaire
  • Il s’agit d’un processus d’information
  • Il requiert une capacité de compréhension
  • Le processus finit par une décision

« Aujourd’hui, être libre, c’est être informé. »

-George Menager-

Bénéfices du consentement éclairé en psychologie

Il faut savoir qu’il existe des bénéfices réels et déterminables avec le consentement éclairé en psychologie. Les voici:

  • Bénéfices légaux. Protéger le médecin, dans le sens où les actions suivies et l’accord du patient vis-à-vis de ces dernières sont spécifiées. Le consentement protège aussi le patient car on lui communique ses droits et obligations au cours du processus.
  • Qualité de l’information partagée. Le consentement permet l’accès du patient à une information validée, cohérente et spécifique à sa maladie. Cela constitue une base pour la compréhension de son état actuel.
  • Extension de la connaissance disciplinaire. Si nous prenons en considération le paragraphe précédent, la qualité de l’information que le patient reçoit permettra la diffusion de concepts plus corrects au sein de son groupe de relations.
  • Il fournit une meilleure qualité d’intervention. La relation informée et la prise de décision conjointe permet un plus grand engagement du patient, dans la mesure où il comprend le sens des actions à réaliser.
  • Il promeut la recherche clinique. Le consentement éclairé en psychologie est un instrument qui permet de développer des recherches dans des communautés humaines, en respectant les aspects éthiques fondamentaux.
  • Objectiver accord et engagement. En signalant de façon claire et objective les actions des participants, il permet de clarifier les points abordés. Il diminue également les ambiguïtés et incertitudes qui pourraient interférer avec le processus thérapeutique.
consentement éclairé

 

Arguments contraires

Il existe aussi des arguments contraires utilisés par ceux qui s’opposent au fait que le patient joue un rôle primordial dans la prise de décisions. Les arguments traditionnels utilisés le plus fréquemment sont les suivants:

  • Le patient ne peut pas comprendre les informations de façon adéquate.
  • Les patients ne souhaitent pas être informés des mauvaises nouvelles.
  • L’information a tendance à effrayer le patient de manière disproportionnelle. Elle peut le pousser à refuser des interventions qui n’impliquent qu’un risque minime.
  • Connaître la vérité et les limitations du psychologue prive le patient de l’effet placebo fourni par l’espoir et la confiance.

Tous ces arguments renferment des éléments dignes de considération. Cependant, dans l’ensemble, ils peuvent être vus comme l’expression d’un point de vue traditionnel. D’un point de vue logique, ils ressemblent plus à des rationalisations et des justifications d’une pratique pré-établie qu’à des raisons objectives de la maintenir.

Actuellement, on peut dire que le psychologue a le devoir d’informer le patient et de l’éduquer pour qu’il soit capable de prendre une décision cohérente avec ses propres valeurs. C’est le patient qui aura le dernier mot, une fois qu’il aura reçu l’information et connaîtra le processus à mettre en oeuvre.

 

  • Katz, J. (2002). El mundo silencioso de médico y paciente . JHU Presione.
  • Luelmo, A. D. (2001). Régimen jurídico del consentimiento informado y la historia clínica de los pacientes en la ley gallega 3/2001, de 28 de mayo. Revista xurídica galega, (33), 327-342.