Le climat a-t-il une influence sur les attitudes violentes ?

· 10 janvier 2019
Que pensez-vous de cette hypothèse ?

Une étude menée par des scientifiques espagnols a été publiée dans la revue Science of The Total Environment. Elle établit une relation entre les vagues de chaleur et l’agressivité. Selon cette recherche, le climat a bien une influence sur les attitudes violentes.

D’autres études réalisées par des chercheurs de l’Université de Californie et de l’Université de Princeton révèlent que les changements climatiques sont étroitement liés aux manifestations de violence qui éclatent partout sur la planète.

Les petites variations de température ou les pluies ont substantiellement augmenté les attitudes violentes. Le risque de conflit s’est intensifié à différents endroits et points de l’histoire. Les auteurs ont été capables de démontrer que le climat de la Terre a un pouvoir d’influence sur notre comportement et notre humeur. Un pouvoir beaucoup plus grand que ce que nous pourrions penser.

Cette recherche prend pour exemples les pics de violence conjugale en Inde et en Australie ainsi que l’augmentation du nombre d’agressions et d’assassinats aux Etats-Unis et en Tanzanie. Mais elle n’oublie pas la violence ethnique en Europe et en Asie du Sud, les invasions de territoires au Brésil… Tout comme l’appel aux forces de l’ordre en Hollande et les conflits civils dans les tropiques.

« Il est étrange qu’une révolution se déroule dans un climat de tranquillité et de bon sens. Les cerveaux se déséquilibrent, l’imagination prend peur, s’assombrit, se peuple de fantômes. »

-Emile Zola-

attitudes violentes

Le climat, une source de conflit

Ces nouvelles études pourraient avoir un impact au moment où il nous faudra estimer à quel point le changement climatique que nous sommes en train de vivre peut nous affecter. De nombreux modèles climatiques prévoient une augmentation de la température mondiale de deux degrés au cours du prochain demi-siècle.

Les scientifiques ont trouvé que trois types de conflit étaient liés aux changements climatiques. Ils ont aussi découvert que le conflit est étroitement lié à la température. Vingt-sept études ont en effet pu établir une relation entre les hautes températures et une plus grande violence.

Ces chercheurs ont rassemblé les informations de 60 études existantes qui contiennent 45 ensembles de données différentes. Leur but est d’en tirer des conclusions générales qui auraient un cadre statistique commun. « Les résultats ont été surprenants », explique Solomon Hsiang, principal auteur de l’étude et professeur de Politique Publique à l’Ecole Goldman de l’Université de Californie à Berkeley.

« L’automne s’occupait de tuer et l’hiver de balayer. »

-Camilo José Cela-

Plus de chaleur, plus de violence machiste ?

Selon une étude menée par divers scientifiques espagnols, il y a bien un lien. Belén Sanz-Barbero, Cristina Linares, Carmen Vives-Cases, José Luis González, Juan José López-Ossorio et Julio Díaz sont les co-auteurs de « Vagues de chaleur et risque de violence au sein du couple ».

Cette étude a été publié le 10 décembre dans la revue Science of the Total Environment. Ces scientifiques assurent que le risque de féminicides de la part du conjoint augmente au cours des trois jours qui suivent une vague de chaleur. En prenant pour point de départ le grand nombre de femmes qui ont porté plainte ou affirmé avoir souffert d’un épisode de violence, les scientifiques ont souligné qu’il était vital d’identifier les facteurs qui pouvaient précipiter les attitudes violentes.

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Données recueillies après des vagues de chaleur

En s’appuyant sur ces données, les scientifiques soutiennent que le risque de féminicides de la part du conjoint a augmenté durant les trois jours qui ont suivi une vague de chaleur. Le nombre de rapports de police sur les cas de violence conjugale a augmenté une journée après cette vague.

Par ailleurs, les appels à l’aide de victimes de violence de genre ont augmenté cinq jours après. En fait, le risque qu’une femme soit assassinée par son conjoint est celui qui augmente le plus. Le taux est de 28%. « Nos résultats suggèrent que les vagues de chaleur sont associées à une augmentation de la violence au sein du couple« , soutiennent les chercheurs dans leur conclusion de l’article.

« La négation du changement climatique rend tout progrès technique difficile et pourrait accélérer les désastres naturels.

La pensée catastrophiste peut devenir de plus en plus crédible.

Un cercle vicieux peut se mettre en place, au sein duquel la politique serait réduite à une panique écologique. »

-Timothy Snyder-