L’apparence sur les réseaux sociaux

12 novembre 2019
L'apparence sur les réseaux sociaux est presque devenue un style de vie. Nous modifions même notre comportement pour que les autres puissent voir ce que nous faisons. Mais, que se cache-t-il derrière tout ça ? Est-ce lié à notre estime de nous-même ?

L’apparence sur les réseaux sociaux est presque devenue une obsession. On pourrait même parler d’un style de vie. Combien de fois avons-nous pris des photos uniquement pour les publier sur notre profil Facebook, Instagram ou autre ? Notre téléphone fait partie de nous. Grâce à lui, nous racontons notre »fabuleux » quotidien afin que les autres nous admirent et « likent » nos publications.

Mais, que se cache-t-il derrière cette recherche incessante d’attention et d’admiration ? Est-ce la nouvelle forme de quête de célébrité ? Un tel phénomène pourrait-il signaler une fragilité dans notre estime de nous-même ? Sans aucun doute, cela requiert au moins un peu de réflexion ; l’objectif sera de nous demander si l’utilisation que nous faisons des réseaux sociaux met en évidence un quelconque type de manque affectif. L’apparence sur les réseaux sociaux est devenue un sujet de débat aussi bien au niveau populaire qu’au niveau scientifique. Approfondissons donc un peu ensemble à ce sujet !

L’apparence sur les réseaux sociaux et l’estime de soi

Les réseaux sociaux font partie des outils qui peuvent être très utiles aussi bien au niveau professionnel qu’au niveau personnel. D’un côté, nous pouvons nous en servir pour nous rapprocher des personnes que nous aimons et partager avec elles nos expériences. Nous prenons une photo d’un moment spécial, nous écrivons une légende et nous partageons aussi une musique que nous aimons, tout cela afin de générer des réactions, un débat. D’un autre côté, les petites et grandes entreprises peuvent aussi utiliser les réseaux sociaux comme un moyen de faire de la publicité.

Le problème se pose lorsque nous faisons de l’apparence sur les réseaux sociaux le centre de notre vie, notre motivation principale. Lorsque nous ne faisons pas que photographier les endroits où nous allons, mais que nous allons dans certains lieux expressément pour nous y photographier. Que nous nous habillons d’une certaine manière pour montrer notre tenue à tout le monde. Que nous agissons de telle sorte que les autres voient ce que nous faisons. Certaines personnes ont même perdu la vie en tombant du haut d’un bâtiment en tentant de faire le « plus beau selfie ».

Une personne qui soigne son apparence sur les réseaux sociaux

Qu’est-ce qui nous pousse à faire des réseaux sociaux un style de vie ? Pour répondre à cette question, il sera important de s’intéresser à l’estime de soi. Pour Massó, elle est liée à l’évaluation que l’on fait de soi-même. L’estime de soi peut se diviser en deux composantes :

  • La conscience que l’on a de nous-même, ou autrement dit, notre concept de nous-même. Il s’agit des traits de notre identité, de nos qualités et des caractéristiques de notre manière d’être
  • La seconde composante est sentimentale : elle traite de l’appréciation et de l’amour que l’on ressent et que l’on expérimente envers notre propre personne, nos intérêts, nos croyances, nos valeurs et nos manières de penser

La faible estime de soi a une influence sur la manière dont nous nous lions aux autres. L’équipe de chercheurs de López-Villaseñor (2014) assure que les personnes ayant une faible estime d’elles-mêmes vivent leurs relations sociales avec anxiété et peur du rejet. Ainsi, nous en arrivons à un point clé pour comprendre l’usage abusif des réseaux sociaux. La faible estime de soi et la peur du rejet se traduisent, dans bien des cas, par le besoin impérieux de chercher l’acceptation des autres.

« Il n’y a pas pire solitude que celle de ne pas être bien avec soi-même. »

– Mark Twain –

L’apparence sur les réseaux sociaux, ou comment remplir un vide intérieur

Selon la psychologie bouddhiste, un tel comportement virtuel consiste à remplir un vide intérieur. Lorsque nous nous sentons incomplets et frustrés, souvent, nous avons tendance à chercher le bonheur dans les stimuli externes. En l’occurrence, nous le chercherions sous forme d’attention et de reconnaissance. Ainsi, nous construisons de toutes pièces un bonheur faux, qui s’alimente des opinions des autres.

Vous pouvez parcourir l’univers entier à la recherche d’une personne qui soit digne de votre amour et de votre affection. Mais cette personne ne se trouve pas n’importe où. Cette personne, c’est vous-même.

Ce type de bonheur est fragile, entre autres car ces envies de plaire et d’arrondir les angles finissent souvent par affaiblir notre identité. En effet, les autres pourraient nous critiquer, ou tout simplement, ce que l’on offre pourrait ne pas leur plaire. Là, notre estime de nous-même serait encore plus dévastée.

Un autre facteur, c’est la volatilité de l’opinion des autres. Ce qui nous plaît aujourd’hui pourra cesser de nous plaire demain. Ainsi, un grand nombre de followers peut être éphémère. Que se passe-t-il alors ? Nous avons confié notre bonheur aux autres. Au lieu de nous en sentir responsables, nous l’avons offert aux autres pour qu’eux nous rendent heureux. Alors qu’en réalité, notre bonheur ne dépend que de nous.

L'apparence sur les réseaux sociaux, ou l'esclavagisme du téléphone portable

Réflexion finale

Tout ce qui brille n’est pas de l’or. De la même manière, tout ce que l’on voit sur les réseaux sociaux n’est pas le reflet de la réalité. Les gens ne montrent que ce qu’ils veulent bien montrer. L’apparence sur les réseaux sociaux est trop relative. Rares sont les personnes qui publient des photos d’elles lorsqu’elles pleurent ou qu’elles ne vont pas bien. Si nous y faisons un peu attention, nous nous rendrons compte que la majorité des choses que nous voyons, ce sont des voyages, des fêtes ou des évènements qui supposent une certaine importance pour chacun de nous. « Regarde ce que j’ai réussi à faire, regarde où je suis allé« … Ne commettons pas l’erreur de penser que les autres ne vivent que des bonnes choses 24h/24, 7j/7.

On entend souvent les gens dire des choses comme « que mon amie a de la chance que tout se passe aussi bien pour elle« , ou encore « mon ami est toujours occupé à faire quelque chose« . Cependant, si nous voyions le quotidien de chacune de ces personnes, sûrement découvririons-nous qu’il n’est en réalité pas bien différent du nôtre. Et qu’il se compose de moments de tristesse ainsi que de moments de joie. Cela nous montre ainsi que nous ne devons pas croire tout ce que nous voyons.

En guise de conclusion, nous pourrions souligner le fait que notre bonheur est entre nos mains, alors ne le laissons pas entre celles des autres, à la merci de leur avis. Les réseaux sociaux sont une vitrine biaisée, un mond où les émotions négatives n’existent quasiment pas et où rien ou presque n’est réel.

« La joie n’est pas dans les choses ; elle est en nous. »

– Richard Wagner –