L’absence de désir sexuel est-elle un problème ?

7 juillet 2017 dans Psychologie 144 Partagés

Lorsque nous parlons de problèmes sexuels, nous pensons habituellement à des thèmes qui ont un lien avec l’orgasme. Il est devenu normal de parler de l’éjaculation précoce chez certains hommes ou de la difficulté à atteindre l’orgasme pour certaines femmes… Mais ces problèmes sont-ils les seuls ?

Absolument pas. Le fait est que, parmi toutes les difficultés qui peuvent nous toucher dans notre vie sexuelle, nous en trouvons certaines auxquelles nous ne savons pas apporter de solutions ; nous ne savons même pas s’il s’agit de problèmes. Dans cet article, nous allons nous concentrer sur la phase qui précède la rencontre sexuelle, celle où naît et où s’alimente le désir. Nous essayerons ainsi d’identifier à partir de quel point nous pouvons parler d’un véritable problème de désir et comment nous pouvons le solutionner. Poursuivez votre lecture pour en apprendre davantage sur ce thème !


« Ne rien désirer signifie ne pas vivre. »

 -Paul Géraldy-


La réponse sexuelle humaine

Pour commencer, il est important de bien savoir comment se passe la réponse sexuelle humaine. Elle se compose de cinq phases que nous allons immédiatement détailler :

  • Désir : c’est là que commence la réponse sexuelle. Cette phase se caractérise par la présence de pensées ou de fantasmes sexuels, par le désir d’avoir une relation sexuelle et par de possibles bouleversements hormonaux.
  • Excitation : voici la seconde phase. Les personnes ont une sensation subjective d’excitation. Mais ce n’est pas tout : le corps se prépare pour l’activité sexuelle. On assiste à une série de changements, aussi bien chez l’homme que chez la femme, qui ont pour but de mener à bien des relations de ce type.
  • Orgasme : il suit l’excitation. En plus d’une série de contractions dans le corps de l’homme et de la femme, il produit une sensation et un état de plaisir.
  • Résolution : après l’orgasme, une sensation de soulagement et de relaxation apparaît au fur et à mesure que le corps retourne à l’état qui précédait le début de la réponse sexuelle.
  • Satisfaction sexuelle : il s’agirait du composant psychologique subjectif de satisfaction grâce à la relation sexuelle qui clôt la réponse sexuelle.

Dans chacune de ces phases peuvent apparaître des problèmes qui rendent difficiles la réalisation de relations sexuelles satisfaisantes. Ces difficultés peuvent être classées selon différentes dimensions : temporelle, situationnelle, degré de sévérité et étiologique. En ce qui concerne la première, si le dysfonctionnement existe depuis toujours, il s’agit d’une difficulté primaire ; si elle est apparue à un moment déterminé, il s’agit d’une difficulté secondaire.

Si cette difficulté est présente dans toutes les situations, on dit qu’elle est générale. Le terme « situationnel » est employé si elle est associée à des circonstances très concrètes. Quant au degré de sévérité, il peut être « total » s’il apparaît à son niveau maximal ou « partiel » si ce n’est pas le cas. Enfin, en ce qui concerne l’étiologie, elle peut être organique ou fonctionnelle selon les causes qui la provoquent.


« Vivre ses désirs, les assouvir dans la vie, voilà le destin de toute existence. »

-Henry Miller-


Les problèmes du désir sexuel

Différentes types de difficultés peuvent surgir au cours de la première phase de la réponse sexuelle humaine. L’une d’elles serait un faible désir sexuel. Un désir trop fort supposerait aussi une conduite problématique. Mais le dysfonctionnement le plus commun dans cette phase serait le désir sexuel inhibé, qui peut conduire à une aversion des relations sexuelles (elles deviennent un passage obligé et cessent d’être vues comme des moments de plaisir). L’inhibition du désir sexuel est une réduction anormale et persistante du désir et de l’envie d’avoir des relations physiques.


« Il n’y a qu’une force motrice : le désir. »

-Aristote-


Pourquoi cette difficulté apparaît-elle ? Les causes sont très variées. Commençons par la relation de couple. Le fait qu’il existe des conflits, qu’elle soit devenue routinière ou que l’autre membre ait des difficultés sexuelles peut générer une inhibition du désir. Celui-ci naît de l’anticipation d’une situation qui procure du plaisir ; ainsi, si l’on ne la perçoit pas comme cela, il sera très difficile de voir apparaître un quelconque désir.

Nous pouvons aussi rencontrer d’autres causes. Au niveau physique, certains problèmes médicaux ainsi que la consommation de drogues ou de médicaments peuvent jouer un rôle. Les contraceptifs oraux ou la fatigue physique sont aussi des éléments à prendre en compte.

En ce qui concerne les facteurs psychologiques et individuels, on retrouve des éléments tels que l’anxiété, le stress ou la dépression, le fait d’avoir une orientation sexuelle ambivalente ou des paraphilies. En outre, avoir connu des expériences sexuelles traumatiques pourrait être un facteur déclenchant. Ce dernier point peut transformer l’inhibition en aversion sexuelle : un sentiment de dégoût extrême envers les relations sexuelles.

Le désir sexuel étant la première phase de la réponse sexuelle, un problème à ce niveau conditionne énormément l’activité sexuelle et, par conséquent, la satisfaction qui en ressort. Etant donné les bénéfices qui sont associés à la pratique sexuelle, il est important de chercher l’aide professionnelle d’un-e psychologue si vous rencontrez un problème de ce type.

Images de Sweet Ice Cream Photography, Charlie Hang et Jeremy Bishop.

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