La thérapie cognitive pour la dépression basée sur le mindfulness

· 3 juillet 2018

La dépression représente l’obscurité de l’âme, la démotivation, le désespoir et la tristesse. Beaucoup d’adjectifs ont été utilisés pour la définir. Et une chose est certaine : ses effets sont dévastateurs.

La dépression clinique ou « dépression majeure » est une condition qui fait que le patient souffre d’un état dépressif persistant ou d’une perte d’intérêt. En plus de ces symptômes, on peut aussi voir apparaître des difficultés à trouver le sommeil, une perte de l’appétit, une diminution de la concentration, etc.

Les statistiques concernant le nombre de personnes qui souffrent de dépression sont préoccupantes. Il s’agit de l’un des troubles mentaux les plus prévalents. 17% de la population affirme avoir souffert de dépression au cours de ces six derniers mois. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) révèle qu’en 2020, la dépression sera la seconde maladie la plus répandue dans le monde. Son traitement constitue le principal défi dans le champ de la santé mentale.

Le traitement de la dépression

À la fin des années 80, plusieurs façons de vaincre la dépression ont surgi. Les antidépresseurs ont commencé à se transformer en traitement de première ligne pour la dépression clinique. Les traitements psychologiques ont aussi connu du succès. La thérapie comportementale a affirmé que les personnes déprimées devaient participer davantage à des activités agréables et utiles.

thérapie cognitive pour la dépression

La thérapie cognitive avait pour objectif de changer la façon dont les pensées contribuaient à l’apparition et au maintien des symptômes dépressifs. Finalement, la thérapie interpersonnelle affirmait qu’apprendre à résoudre des disputes interpersonnelles et à changer de rôles soulagerait la dépression.

Avec tous ces traitements disponibles, on aurait pu penser que le problème de la dépression allait se résoudre. Or, les choses ne se sont pas passées de cette façon.

Le problème des rechutes

Malheureusement, même si les thérapies contre la dépression ont prouvé leur efficacité, les recherches ont révélé un autre problème. Il concerne le retour d’épisodes dépressifs chez des personnes qui en ont déjà souffert. Par conséquent, certains considèrent que la dépression est une maladie chronique, pour toute la vie. Le risque de rechutes est supérieur à 80%. Les patients vivront en moyenne quatre épisodes dépressifs majeurs d’environ 20 semaines.

La rechute et la récurrence après un traitement sont des résultats très habituels et frustrants. Voici donc le véritable problème. Pour faire face aux rechutes, l’usage de la thérapie cognitive a été recommandé. Grâce à elle, les nouveaux épisodes ont été de moins en moins fréquents, même s’ils ont continué à persister. Un nouvel élément pour solutionner ce problème a donc été pensé.

La thérapie cognitive pour la dépression basée sur le mindfulness

Inclure la conscience pleine comme possible composant du traitement psychologique de la dépression a été envisagé. Mais que signifie l’expression « conscience pleine » ?

La conscience pleine implique de prêter attention aux choses mais d’une façon particulière : avec une fin, au moment présent et sans juger (Jon Kabat-Zinn). Il peut être libérateur de percevoir nos pensées comme de simples pensées.

Le simple fait de reconnaître nos pensées comme étant de simples pensées peut nous libérer de la réalité biaisée qu’elles créent souvent. Cela permet une plus grande clairvoyance, ainsi qu’un plus grand sens de contrôle sur nos vies.

méditation contre la dépression

La clé consiste à se défaire des pensées négatives et répétitives

La thérapie cognitive pour la dépression basée sur le mindfulness affirme qu’il est essentiel de reconnaître et de se défaire des états mentaux caractérisés par des patrons perpétuant des pensées négatives et ruminantes.

Si nous ne faisons pas attention à ces patrons, il est probable que nous tombions dans une spirale de baisse de l’humeur et de rechute. L’outil basique pour effectuer le changement des états mentaux est l’emploi intentionnel de l’attention et de la conscience.

À quel moment peut-on mettre cette habileté en pratique ? En principe, cet état mental peut être pratiqué dans n’importe quelle situation.

La conscience pleine en tant qu’habileté fondamentale

La conscience pleine est l’habileté fondamentale enseignée par la thérapie cognitive pour la dépression basée sur le mindfulness. Cela implique de prêter attention d’une façon particulière, avec un but, au moment actuel et sans jugements de valeur.

Prendre conscience des patrons de pensée, des émotions et des sensations corporelles constituent un premier pas essentiel. La conscience pleine fournit les moyens pour changer les « fonctionnements mentaux ».

La structure de la thérapie cognitive pour la dépression basée sur le mindfulness

La thérapie cognitive pour la dépression basée sur le mindfulness a une durée de 8 sessions. Dans ce type de thérapie, le processus consistant à apprendre à prêter attention est essentiel. Il constitue le point central des premières sessions.

Les patients parviennent à prendre conscience de la faible attention qu’ils prêtent à leur vie quotidienne. On leur apprend à voir que l’esprit change très rapidement. Dès qu’ils comprennent que leur esprit divague, ils apprennent à reprendre le contrôle et à le recentrer sur un seul élément. Cela s’apprend d’abord en utilisant des parties du corps puis en s’appuyant sur sa respiration.

mindfulness devant lever de soleil

Finalement, les patients apprennent à être conscients de la façon dont la divagation de leur esprit peut permettre la présence de pensées et d’émotions négativesAborder sur-le-champ les changements d’humeur ou les affronter plus tard représente une seconde phase de la thérapie cognitive pour la dépression basée sur le mindfulness.

Comme nous l’avons vu, la thérapie cognitive pour la dépression basée sur le mindfulness est un type de thérapie efficace pour le traitement des états dépressifs. Grâce à elle, les patients apprennent à identifier leurs pensées négatives, leur laisser de l’espace, les accepter et, finalement, les laisser partir.