La sexologie substantielle

· 9 avril 2019
Qu'est-ce qu'étudie donc la sexologie substantielle ?

La sexologie substantielle est la science qui étudie les sexes. Il existe une nuance dans cette brève définition. En effet, on utilise le terme « sexes » (au pluriel) et non pas « sexe » (au singulier).

On n’étudie pas seulement le « sexe que l’on pratique », c’est-à-dire les relations intimes. Tout comme on n’étudie pas que le « sexe que l’on a », en référence aux parties génitales. Cette discipline étudie les sexes comme un fait inhérent à la condition humaine.

On parle bien de sexes au pluriel, en référence aux hommes et aux femmes. Il y a deux sexes, mais les façons de vivre et de ressentir en tant qu’homme ou femme sont infinies. La sexologie est donc une discipline qui considère le sexe (les sexes) comme un fait diversifiant.

Pourquoi est-elle substantielle ?

Nous bénéficions actuellement d’un corpus littéraire très bien fourni sur ce thème. L’épistémologie est suffisamment développée pour parler de la sexologie en tant que discipline et non pas en tant que branche ou spécialisation. Cependant, ces savoirs sexologiques sont très fragmentés et dégradés.

La fragmentation se perçoit dans chacune des disciplines qui étudie le sexe comme une partie et non comme un tout. Nous retrouvons ainsi la « psychologie sexuelle », la « médecine sexuelle », « l’anthropologie sexuelle », etc. Cette fragmentation dérive vers une dégradation de la connaissance sexologique.

sexologie

La sexologie s’associe à ce que les personnes font dans leur lit et non pas au fait sexuel humain. Ce dernier est beaucoup plus développé et n’inclut pas que les relations intimes : il fait aussi référence aux questions qui sont liées aux personnes en tant qu’être sexués.

La sexologie substantielle reçoit cette appellation car elle se dresse en tant que sexologie qui englobe toutes ces connaissances, totalement structurées, harmonieuses et cohérentes dans une discipline propre.

Elle se démarque donc du « sexuel », réduit à l’état d’adjectif par beaucoup de disciplines, comme nous l’avons commenté un peu plus haut, et devient substantielle pour se transformer en discipline qui étudie « les sexes ».

Les avantages de la sexologie substantielle

Bénéficier d’une entité propre, d’une épistémè, d’une histoire, d’une méthodologie et d’outils spécifiques permet à la sexologie de traiter les difficultés et les problèmes d’une façon beaucoup plus efficace et complète. Voici quelques avantages de cette reformulation :

  • Des professionnels mieux formés. Les professionnels bénéficient de larges connaissances sur le sexe humain et pas uniquement dans un domaine concret.
  • Elle promeut la diversité. Etudier le sexe non pas comme facteur de différenciation mais comme source de diversité, garantit la compréhension de tous les faits de diversité sexuelle. La façon de traiter les problèmes et les difficultés des hommes et des femmes devient donc beaucoup plus holistique.
  • Rôle académique. Le discours unifié de la sexologie substantielle permet à cette discipline d’avoir son propre diplôme universitaire. Le fait de rassembler toutes les connaissances sexologiques et de les harmoniser dans une seule discipline est, en soi, une motivation pour atteindre l’objectif final.
  • Une discipline au service de la société. Cet ensemble de connaissance va éclaircir des doutes à propos de questions très répandues. Des concepts comme la virginité, le désir, la séduction ou des pratiques avec une faible visibilité vont être débarrassés de préjugés et de stéréotypes. Cela se fera grâce aux professionnels de sexologie substantielle, à travers une éducation sexuelle de meilleure qualité.
consultation sexologue

Cette nouvelle sexologie est celle qui décrit le mieux tous les faits de diversité sexuelle. Par ailleurs, elle intègre tous les discours sur les sexes et ce qu’ils impliquent.

Le terme « substantielle », qui revendique ce qu’est et ce que doit être la sexologie, a un caractère transitoire. Lorsque la sexologie obtiendra l’importance et l’entité qu’elle mérite, il n’y aura plus besoin de lui attribuer un deuxième nom pour la qualifier. Elle deviendra un véritable substantif.