La réciprocité, l’un des ciments de nos relations

· 23 septembre 2016

Nous vivons dans une société où nous avons tendance à mesurer tout ce que nous donnons et également ce qui nous paraît juste de recevoir en fonction de ce que nous avons offert.

Nous passons beaucoup de temps à évaluer ce que les autres nous rendent en échange de ce que nous leur donnons. Nous avons converti la réciprocité en une monnaie de change.

Cela nous fera sûrement souffrir car souvent, nous découvrons que nous recevons moins de ce que nous croyons donner, ce qui peut faire que nous nous sentions injustement traité et insatisfait dans nos relations inter-personnelles.

La réciprocité n’est pas de la souffrance si nous découvrons le grand potentiel qu’elle a pour nous permettre de profiter des relations, ainsi que de ce que l’on donne aux autres.

Attendre des autres

Nous avons tendance à attendre des autres, au moins la même chose que ce que nous avons donné.

Cela nous amène de la souffrance car nous sommes rarement exactement sur la même longueur.

Nous ressentons de la frustration ou nous avons l’impression que les autres nous utilisent car ils n’ont pas su nous rendre autant que ce qu’on leur a donné.

Le fait d’attendre quelque chose des autres et de ne pas voir nos attentes comblées peut générer de dures déceptions.

Cela peut faire que nous reconsidérions le fait de continuer à donner autant et que nous commencions à envisager des alternatives plus conservatrices.

“L’amitié est une relation de réciprocité”
-Anonyme-

Plaire aux autres

Souvent, ce qui nous motive à donner quelque chose aux autres est un intérêt pour leur bien-être. Nous voulons qu’ils soient bien, qu’il ne leur manque rien etc…

En principe, nous pourrions affirmer que nous ne souhaitons rien de plus.

Amies-calin-rues

Cependant, dans les situations où nous nous sentons mal ou qu’il nous manque un soutien, percevoir ce manque de réponse nous rend d’autant plus triste.

Quand nous avons besoin d’une main, personne n’est disposé à nous la donner alors que nous n’avons pas hésité à la donner précédemment.

C’est alors que nous commençons à penser que ce que nous obtenons est indépendant de ce que nous offrons.

La besoin de valorisation

Souvent, bien que que n’en soyons pas conscient, le sens profond de nombreux comportements que nous avons et grâce auxquels nous plaisons prennent leur source dans le besoin de recevoir.

Nous donnons, presque de manière désespérée, car nous avons aussi besoin.

D’une manière inconsciente, nous pensons que « si nous regardons vers les autres, ils finiront par regarder vers nous » et c’est une croyance erronée qui nous mènera à la souffrance et aux conflits dans les relations inter-personnelles.

Car nous avons remarqué mille et une fois que ce n’est pas ainsi, même si nous sommes convaincus que cela « devrait être ainsi ». Et c’est pour cela que nous souffrons.

Il est bien plus sain de se regarder soi-même, sans rien attendre des autres, et donc sans vouloir plaire pour recevoir.

Bien sûr, cela ne veut pas dire que nous devons arrêter de prêter attention aux autres.

Mais si nous faisons quelque chose, nous le faisons pour cette chose, et non pas en attendant quelque chose en retour.

Ainsi, la satisfaction de donner aux autres deviendra l’unique raison de le faire et le moteur principal de la réciprocité continuera à agir mais sans que ce soit une torture lorsque les choses ne se passent pas comme prévu.

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J’ai le droit à la réciprocité 

« J’ai le droit à la réciprocité » signifie se permettre de recevoir ce que les autres veulent me bien me donner, en en profitant.

Si nous n’attentons rien de personne, la gratitude et la satisfaction seront maximales.

Ainsi, nous comprenons que la réciprocité est un acte de liberté et qu’il revient à chaque personne de décider ce qu’elle veut donner, quand et comment.

C’est seulement avec le respect envers les décisions des autres que nous pourrons profiter pleinement des bienfaits de la réciprocité.

“Ingrat est celui qui nie le bienfait reçu : ingrat est celui qui le dissimule, plus ingrat est celui qui ne le rend pas, et bien plus ingrat encore est celui qui l’oublie”
Sénèque-

Chacun décide

Chaque personne décide de donner ou de faire quelque chose pour les autres.

Ainsi, personne ne doit rien à personne, nous n’avons pas l’obligation de correspondre aux autres, et eux ne doivent pas non plus le faire avec nous.

Nous arrêterons alors de mesurer ce que les autres nous donnent, car cela ne provient que de leurs décisions, et ils n’ont pas d’obligation à nous donner, même si nous leur avons beaucoup donné.

De même, nous arrêterons de nous sentir obligé ou avec des dettes, et de rendre ce que les autres nous ont donné.

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L’équilibre des relations inter-personnelles

Quand nous respectons les décisions des autres, nous découvrons une autre manière de comprendre les relations.

Ainsi, la réciprocité devient un instrument d’échange spontané, de satisfaction et de reconnaissance.

Avec la réciprocité, bien comprise, nous nous sentirons plus libre et plus maître de nos propres décisions, acceptant et reconnaissant ce que les autres veulent nous offrir.

Si l’on comprend la réciprocité ainsi, nous nous permettrons de profiter des relations et de tout ce dont nous sommes capable d’y apporter.