La psychologie de la délinquance

20 janvier 2020
La criminologie développementale est une branche de la psychologie criminologique. Elle porte sur l'étude du développement de la délinquance.

Qu’est-ce qui est à l’origine des phénomènes criminels et de la délinquance ? Comment expliquer les comportements déviants ? Pendant des années, la psychologie sociale a essayé de répondre à ces questions. C’est ainsi que la psychologie criminologique a vu le jour.

Ainsi, parmi les principaux domaines d’étude de la psychologie criminologique, on compte le comportement antisocial, l’agression ou encore la corrélation entre les liens sociaux et la criminalité.

Cependant, comment expliquer un comportement délinquant ? Il semble que cela implique des aspects liés aux émotions, aux gratifications, aux traits de personnalité ainsi qu’aux croyances et aux attitudes (1).

La psychologie criminologique est un domaine d’étude assez récent. Son objectif principal est de comprendre les causes des phénomènes criminels et les comportements qui en sont à l’origine.

La question est donc de savoir comment une personne devient un délinquant ? Selon les chercheurs Santiago Redondo et Antonio Andrés Pueyo, de l’Université de Barcelone en Espagne, il y a 5 possibilités qui peuvent expliquer ce phénomène.

Les raisons de la délinquance

Voici les 5 facteurs qui peuvent amener à commettre des actes de délinquance (1) :

1. La délinquance s’apprend

Le modèle qui domine actuellement pour expliquer le phénomène de délinquance est celui formulé par Akers (2). D’après ce modèle, dans le processus qui mène au comportement délictueux, il y a une relation entre 4 mécanismes :

  • Tout d’abord, la fréquentation de personnes ayant des habitudes délictuelles
  • L’acquisition par l’individu de définitions favorables au délit
  • Le renforcement différentiel du comportement délictueux
  • Enfin, l’imitation de modèles favorables à la délinquance
Orange Mécanique, un exemple de délinquance

 

2. Il existe des prédispositions individuelles à la délinquance

Selon certaines recherches en biopsychologie, certains éléments peuvent prédisposer au développement du comportement antisocial ou délictueux. Il s’agit par exemple de présence de lésion crânienne, d’une faible activité du Système Nerveux Autonome ou du lobe frontal.

3. La délinquance en réponse aux situations de stress et de tension

Au cours des années, la recherche en psychologie criminologique s’est penchée sur l’influence du stress sur les comportements délictueux. (3, 4). Il apparaît ainsi que de nombreux vols avec intimidation, homicides, féminicides et agressions sont perpétrés par des personnes éprouvant de profonds sentiments de colère, de vengeance, d’anxiété ou de mépris envers les autres.

La théorie générale du stress nous indique pour sa part comment se caractérise chez une personne la relation entre le stress et l’acte délinquant (5).

  • Les sources de stress peuvent être multiples et variées. On distingue ainsi, parmi celles-ci, le fait d’être soumis à des situations de rejet très marqués
  • Ce type de tension crée chez la personne desémotions négatives qui peuvent stimuler un comportement visant à corriger la situation. Un comportement typique peut être la colère
  • Ainsi, le comportement criminel pourrait être une forme d’action corrective contre une source de tension vécue par la personne
  • Par contre, si la source de stress est supprimée, la tension est également relâchée. Cela renforce le mécanisme comportemental utilisé par la personne pour soulager sa tension

4. La rupture des liens sociaux est souvent à l’origine des comportements délictueux

Travis Hirschi, sociologue et criminologue américain, a établi que les jeunes s’intègrent à la société par l’intermédiaire de divers moyens tels que l’école, la famille, l’amitié ou encore le sport. Les mécanismes sociaux suivants déterminent le degré avec lequel le jeune est attaché à ces facteurs. Il s’agit de l’attachement, de l’engagement, de la participation et des croyances.

Ainsi, Hirschi pense que l’apparition de comportements antisociaux réside dans la rupture de ces mécanismes dans un ou plusieurs environnements sociaux.

5. Le fait de s’engager et de maintenir des activités délictueuses dépend du développement de l’individu, en particulier durant l’enfance et l’adolescence

La criminologie développementale est une branche de la psychologie criminologique. Elle porte sur l’étude du développement de la délinquance.

 

La délinquance et la criminologie

Prévention et traitement grâce à la psychologie criminologique

Il existe plusieurs formes d’aide psychologique auprès des délinquants, notamment en milieu carcéral. On peut citer par exemple :

  • Tout d’abord, les interventions auprès des jeunes détenus
  • Les interventions auprès des délinquants sexuels
  • Les interventions auprès des agresseurs
  • Egalement, les interventions auprès des délinquants fichés comme à haut risque
  • Enfin, les interventions de prévention au suicide

Aujourd’hui, le grand nombre de personnes incarcérées ne facilite pas la mise en œuvre de ces traitements dans les prisons. Ce phénomène n’est pas nécessairement dû à une réelle augmentation du nombre de crimes mais plutôt au durcissement spectaculaire et systématique du système pénal.

Il semble donc que plusieurs facteurs se conjuguent pour que le crime se produise. Le domaine de la psychologie criminologique tente depuis quelques années d’expliquer, de prévenir et de traiter les comportements criminels.

Pour cela, elle s’appuie sur des théories solides. Toutefois, des recherches supplémentaires semblent nécessaires, notamment pour améliorer la prévention et le traitement des comportements dits antisociaux.

 

  1. Redondo Illescas, S., & Pueyo, A. A. (2007). La psicología de la delincuencia. Papeles del psicólogo, 28(3).
  2. Akers, R. L. (2006). Aplicaciones de los principios del aprendizaje social. Algunos programas de tratamiento y prevención de la delincuencia. Derecho penal y criminología como fundamento de la política criminal, 20, 1117-1138.
  3. Andrews, D. y Bonta, J. (2006). The Psychology of Criminal Conduct (4ª ed.). Cincinnati (EEUU): Anderson Publishing Co.
  4. Tittle, C. (2006). Desarrollos teóricos de la Criminología. En R. Barberet y J. Barquín (ed.), Justicia penal siglo XXI. (pp. 1-54). Granada: Editorial Comares.
  5. Agnew, R. (2006). Pressured into crime: an overview of general strain theory. Los Ángeles: Roxbury Publishing Company.
  6. Redondo, S. (2007). Manual para el tratamiento psicológico de los delincuentes. Madrid: Pirámide.