La différence entre le fantasme et le désir

9 août 2016 dans Psychologie 0 Partagés

Il nous passe des millions de pensées par la tête chaque jour, mais nous ne sélectionnons que celles que nous considérons comme les plus importantes.

Nous choisissons les pensées qui nous représentent le plus dans un moment précis, celles qui nous servent à résoudre des problèmes ponctuels et celles qui sont le plus liées à notre vision du monde, aux personnes et à l’avenir.

C’est cette capacité si humaine qui nous permet de changer le monde qui nous entoure en modifiant notre manière de l’interpréter.

Notre esprit est capable d’imaginer le meilleur, mais aussi de recréer nos pires cauchemars
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L’anxiété pathologique, par exemple, s’appuie sur notre interprétation de situations que nous répertorions comme menaçantes et qui n’existent que dans notre imagination.

C’est-à-dire que nous sommes nous-mêmes influencés par ces hypothèses de ce qui peut arriver, celles qui nous paralysent face à une menace inexistante.

Notre pensée, liée aux expériences antérieures et aux réactions corporelles de peur, anticipe un désastre.

Le meilleur ami et le pire ennemi de l’âme est le fantasme

Le fantasme nous permet de construire des mondes parallèles, des créatures impossibles et de grands scénarios de films.

Non seulement la création artistique tire profit de cette capacité, mais la science avance aussi grâce au fantasme d’aller au-delà de ce que nous voyons.

Il est important de connaître la limite entre fantasme et réalité. C’est dans ce point que se cache le grand mystère de ce que nous voulons réellement et de ce que nous ne faisons qu’imaginer.

La solution se trouve dans le fait de savoir que nous sommes capables d’imaginer le meilleur, mais aussi le pire, et que nous ne désirons pas tout ce que nous fantasmons. Ce ne sont que des pensées.

Nous pouvons être en voiture, imaginer que nous tournons brusquement le volant et qu’à partir de cet acte volontaire, nous déclenchions une série d’événements qui finissent par déboucher sur un désastre.

Nous sommes capables d’imaginer le moment, les mots de nos proches à l’hôpital, la douleur que nous provoquons, l’image de la voiture accidentée et, si nous le voulons, jusqu’à nos propres funérailles. Mais non, nous ne le désirons pas.

Nous pouvons marcher dans la rue, observer une personne et imaginer une histoire autour d’elle : fantasmer sur sa vie, son passé, son travail, ses passions, ses faiblesses et même imaginer une rencontre avec elle.

Toutefois, cela ne ne signifie pas que ça soit le cas ou que nous le désirions.

Le fantasme peut se transformer en désir

Le désir est quelque chose de plus important que le fantasme. Le fantasme reste dans notre pensée, nage dans notre tête et développe notre esprit créatif.

Dans le désir, il y a un composant d’action, une intention de mouvement, alors que dans le fantasme, le composant est mental
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Quand nous désirons, nous savons que ce quelque chose nous anime intérieurement, et il s’adapte à notre morale et à notre manière de comprendre notre monde.

Nous avons un fantasme, nous nous demandons si ça nous plairait de le réaliser et notre réponse est oui.

À partir de ce moment, nous pouvons effectuer une action, un geste, qui nous mène vers l’objet de notre désir.

Pour bien comprendre la différence, prenons le sujet de l’infidélité.

Nous pouvons avoir des fantasmes avec d’autres personnes qui ne sont pas notre conjoint, mais ne pas réellement désirer aller jusqu’au bout de cette action.

Cela ne nous sert vraiment qu’à recréer notre imagination et à profiter d’elle en silence, ou à transformer cette histoire en expression artistique.

Cela ne signifie pas que nous sommes infidèles, ce n’est qu’un fantasme, et il ne faut pas se sentir mal pour cela.

Si ce fantasme se transforme en désir, cela peut signifier qu’il va au-delà d’un jeu mental.

Il peut faire bouger quelque chose en nous et ce désir peut nous amener à réaliser un geste orienté pour l’assouvir.

Cela ne signifie pas irrémédiablement qu’il devienne réalité, mais on peut considérer que nous désirons quelque chose quand nous allons plus loin que notre pensée.

Le fantasme n’est pas du désir. Nous pouvons avoir des fantasmes et ne jamais vouloir les assouvir.
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