J’aimerais que les gens comprennent ce qu’est de perdre un enfant

15 février 2016 dans Emotions 1893 Partagés

Ce que j’aimerais que les gens comprennent à propos de la perte d’un enfant, c’est que personne n’est préparé à cela.

Il est donc primordial de profiter de chaque instant avec les siens. Rien dans cette vie n’est sûr, rien n’est garanti, pas même le fait que les enfants survivent à leurs parents.

S’il y a un aspect qui ressort concernant toutes les personnes qui ont vécu cette tragédie, c’est le sentiment de solitude et d’incompréhension qu’elles ressentent lors des premiers moments.

Beaucoup se sentent isolées car elles pensent que personne ne peut comprendre leur douleur.

Perdre un enfant, c’est avoir la sensation qu’un projet de vie et que nos propres rêves se sont évanouis. Cependant, il arrivera toujours un moment où nous découvrirons que la vie vaut la peine d’être vécue malgré tout, car elle implique de conserver le souvenir de cet être cher.

Tout d’abord, il faut dire qu’il n’existe pas de stratégies qui puissent nous servir à tous de la même manière, lorsqu’il s’agit d’affronter le deuil face à la perte d’un enfant.

Cependant, ce qu’il faut savoir, c’est que nous ne devons jamais affronter cette étape seul. Le noyau familial doit rester uni et se soutenir, tout en apprenant à vivre avec ce vide au quotidien.

Il est donc important de tenir compte de ces petites réflexions que nous voulons partager avec vous dans cet article.

Je dois lutter chaque jour contre la paralysie de mon esprit, de mon corps

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Perdre un enfant suppose que du soir au matin, le monde s’arrête. C’est quelque chose de contre-nature que notre esprit ne peut pas accepter. Et nous restons statiques, sans air, comme si on nous avait enlevé notre âme….

La pensée la plus récurrente que ressentent les parents est le classique « ça n’a pas de sens ». La paralysie vitale et émotionnelle, ainsi que le manque de motivation peuvent finir par devenir une souffrance chronique.

C’est quelque chose que nous devons éviter. Notre esprit est incapable d’assimiler ce qui est en train de se passer, d’où les négations, le blocage et l’immobilité. Cependant, le processus même du deuil doit nous aider à gérer toutes ces émotions. 

Nous devons éviter de rester trop isolés, car la solitude nous pousse à cette même paralysie. Il est vital de pouvoir compter sur l’aide de la famille, des amis et de tout professionnel de santé pour apprendre à accepter.

Je dois apprendre à vivre avec ma tristesse

Dire que la mort d’un enfant se surmonte n’est pas vrai, car personne ne peut passer au-dessus d’une telle absence, d’un vide qui prend racine dans notre propre essence en tant que personne.

  • La mort d’un enfant s’assume, se pleure et s’accepte. Nous apprenons à vivre avec ce vide, mais nous sommes conscients que cette tristesse restera toujours dans notre coeur.
  • Que nous le croyons ou non, il arrive un jour où la douleur n’est plus aussi déchirante, et où nous pouvons respirer sans que cela nous fasse tant de mal, marcher sans que l’âme nous pèse tant et respirer sans que le coeur nous fasse trop de mal.
  • Vivre à nouveau, c’est honorer la mémoire de la personne qui n’est plus. L’amour pour elle nous transcende malgré la tristesse.

Je ne dois pas négliger mon conjoint

Perdre un enfant fait que le projet vital et familial d’un couple devient tout d’un coup orphelin. Le vide est immense et les liens ne sont plus les mêmes, mais cela ne doit pas nous entraîner à abandonner ce projet.

  • Il est nécessaire d’éviter la culpabilisation et le reproche. Dans ces situations, même le silence peut être nocif et destructeur.
  • Nous devons respecter la manière dont chaque personne vit son deuil. Il y en a qui ont de meilleures stratégies et qui sont capables de s’ouvrir. A l’inverse, d’autres ont besoin de temps « pour pouvoir réagir ». C’est quelque chose qu’il faut comprendre.
  • L’intimité, l’engagement et la passion sont trois piliers qui doivent être présents dans le cercle du couple. Si l’on continue à les alimenter, la relation continuera. Si nous sommes vides, ou que nous nous rejetons la responsabilité à la figure, l’éloignement surviendra, inéluctablement.

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Perdre un enfant et ne pas négliger les autres

Les enfants vivent la mort différemment de nous. Nous ne devons pas négliger leur propre manière d voir la mort, surtout s’ils ont entre 6 et 10 ans.

La mort est quelque chose que personne ne comprend, que les adultes voient avec colère et les enfants avec confusion.

La mort ne permet pas toujours de dire au revoir, d’où l’intérêt de donner de l’importance au souvenir, à la tendresse quotidienne, et à la mémoire de la personne.

Il est conseillé que les enfants expriment leurs mots. Il est bon d’écouter leurs doutes et de favoriser leur soulagement émotionnel sans pour autant cacher sa propre souffrance. La douleur doit prendre forme pour pouvoir se libérer et se canaliser.

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Il est important de recommencer à avoir des projets dans le quotidien, de se permettre de rire à nouveau avec les enfants, en honorant la mémoire de celui qui n’est plus.

Nous apprendrons à vivre sans cet enfant mais nous n’abandonnerons jamais ce recoin privilégié dans notre coeur.

La vie sera différente après cette perte, évidemment, mais il est important de se permettre d’être heureux à nouveau. Vous ne devez en aucun cas vous sentir coupable. 

Image de Lucy Campbell, Claudia Tremblay

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