Hors de contrôle ! Arrêtez le monde, je veux descendre

· 16 juin 2018

Avez-vous déjà pensé que tout était hors de contrôle ? Avez-vous déjà souhaité arrêter le monde pendant un instant en raison d’un ras-le-bol général que vous expérimentiez ? Nous sommes tous passés par des moments au cours lesquels nous pensions que nous n’en pouvions plus. La routine et le stress quotidien ne sont généralement pas amis du calme et de la tranquillité.

Lorsque vous sentez que la situation actuelle vous dépasse, vous finissez frustrés et avec une sensation de peur désagréable qui peut parfois se déguiser en rage et en désespoir. Tout cela contribue en vous à la création d’une brume de pensées qui vous empêchera de trouver la manière adéquate pour faire face à ce qui vous arrive.

Face à ce scénario, il est important de comprendre ce qu’il vous arrive avant d’agir. Peut-être que vous n’avez besoin que de respirer et d’analyser attentivement votre état. Voyons alors les pas à suivre lorsque nous pensons être hors de contrôle.

Comment fonctionne la peur

La peur est une émotion qui vous envahit subitement lorsque vous êtes face à des situations que votre cerveau considère comme étant potentiellement dangereuses pour votre bien-être. En réalité, son objectif n’est pas de vous effrayer, mais de vous préparer à entrer en action, que cela soit l’attaque ou la fuite. En fait, la peur est là pour vous protéger.

Le mécanisme qui déclenche la peur au niveau biologique se trouve dans le cerveau reptilien, dans le système limbique, qui régule les actions essentielles pour votre survie. Il régule vos émotions et vos fonctions de conservations. De plus, on y trouve l’amygdale qui est la structure cérébrale chargée de provoquer vos sentiments de peur et d’anxiété.

fonctionnement de la peur

D’autre part, la peur correspond au niveau psychologique à un état émotionnel qui vous aide à vous adapter à la peur et à vous protéger. Cependant, cet état répond parfois de manière disproportionnée aux situations dans lesquelles vous vous trouvez. Il se peut que cela provoque en vous une certaine paralysie ou un abasourdissement, en ne parvenant ainsi pas à répondre de manière adéquate.

De plus, la peur peut également apparaître en étant déguisée de rage, de tristesse et même de joie effrénée. Peu importe le masque avec lequel elle se présente. L’important est de répondre de manière assertive à la situation de trouble. Pour cela, il faut premièrement accepter la peur que vous ressentez, puis ensuite commencer à la gérer.

La sensation de perte de contrôle

Lorsque vous vous convertissez en victime de la peur et que vous pensez que rien n’est entre vos mains, que vous êtes hors de contrôle et que vous ne pouvez rien faire face à ce qui vous arrive, il est normal d’expérimenter de la frustration et de l’impuissance. Le détail repose dans le fait que si la peur vous attrape, vous finirez par penser que tout ce qui viendra sera un chaos et que vous ne pourrez jamais rien faire ce qui se traduira par un sentiment de perte de contrôle.

« Si vous laissez la sensation de perte de contrôle vous dominer, vous finirez par vous bloquer. »

Si nous unissons la peur à la sensation de perte de contrôle, la situation se convertira en une formule parfaite pour souhaiter que le monde s’arrête et que vous puissiez descendre de celui-ci. La mauvaise nouvelle est que le monde ne peut pas s’arrêter. Les circonstances ne peuvent changer sur demande et les personnes non plus. Que faut-il donc faire ?

Nous avons une bonne nouvelle : vous pouvez faire une pause sur le chemin. En fait, il s’agit de faire une pause pour réfléchir. Celle-ci est un pilier très important qui vous aidera à résoudre vos soucis car elle vous permettra d’observer la situation depuis un autre point de vue. Il faut donc trouver une approche différente et beaucoup plus efficace.

Cette proposition est basée sur les cercles d’influence ou de contrôle. C’est une pratique très utilisée par les psychologues humanistes ayant une relation spéciale avec le développement théorique de Viktor Frankl, neurologue et psychiatre autrichien.

Que sont les cercles d’influence ou de contrôle

Les cercles de contrôle sont une manière de voir topographiquement votre environnement, l’influence que vous avez sur lui et celle qu’il a sur vous. Pour cela, il est nécessaire de développer trois cercles principaux :

  • Cercle d’attention : celui sur lequel vous avez le plus grand contrôle. Il est lié à vos actes et à vos pensées.
  • Cercle d’influence : c’est celui sur lequel vous avez un certain contrôle, mais pas total. Il est lié à vos relations interpersonnelles, familiales, professionnelles et votre manière de les gérer.
  • Cercle de préoccupation : c’est celui sur lequel vous n’avez aucune influence. Cependant, il se peut que ce cercle en ait sur vous. C’est par exemple le climat, le trafic, les pensées des autres…

Lorsque vous vous sentez hors de contrôle et que vous avez besoin d’arrêter le monde un instant pour en descendre car vous n’en pouvez plus, arrêtez vous un instant et pensez à ces cercles. Tentez de les différencier et de les délimiter pour ensuite tracer un plan d’action réaliste.

Toute l’énergie que vous allez investir dans la tentative de contrôle des cercles sur lesquels vous n’avez pas d’influence est de l’énergie perdue et une retrouvaille certaine avec la peur et la frustration.

sensation de perte de contrôle

A quoi servent les cercles de l’influence ?

Si vous le remarquez, lorsque vous commencez à différencier les cercles et à délimiter le terrain sur lequel se développe vos actions, la situation deviendra moins chaotique. Automatiquement, la paralysie produite par la peur face à la perte de contrôle va commencer à se réduire.

« La sensation d’être hors de contrôle commence à diminuer lorsque vous savez jusqu’où vous pouvez arriver avec vos actions et que vous vous rendez compte du fait que la plus grande partie de contrôle se réalise sur vous-même. »

Le plus important est d’avoir en tête que dans certaines situations, vous pouvez exercer une certaine influence mais que le résultat final ne dépend pas forcément de vous. Dépensez donc le maximum d’énergie dans votre manière d’agir face aux circonstances.

Votre cercle le plus proche, celui sur lequel vous avez le plus de contrôle, est sur vous-même. La manière que vous avez de vous libérer des charges inutiles vous permettra d’accorder plus d’effort et d’énergie à vos actions. Si vous êtes satisfait de ce que vous avez réalisé, bien que les circonstances ne finissent pas comme vous l’auriez souhaité, elles vous affecteront beaucoup moins.

En conclusion…

Ainsi, avant de demander au monde de s’arrêter, arrêtez vous personnellement et concentrez vous de nouveau. En fin de compte, le plus important est de vous sentir satisfait vis-à-vis de ce que vous avez réalisé. Si vous considérez franchement que vous avez donné le meilleur de vous-même, le résultat final arrivera par lui-même.

Les circonstances dans lesquelles vous pouvez être immergés sont souvent indépendantes de votre désir de les changer. En fait, cela signifie que vous n’avez pas de contrôle sur elles. Cependant, vous avez un contrôle absolu sur la manière que vous avez de les laisser vous affecter. Vos pensées et vos sentiments sont affectés par l’environnement, mais une grande partie du contrôle sur eux reposent en vous. Vous devez donc vous concentrer sur ce point.

« Si changer une situation qui vous fait du mal n’est pas entre vos mains, vous pouvez toujours choisir l’attitude avec laquelle faire face à cette souffrance. »

-Viktor Frankl-