Gregorio Marañón et sa théorie de la personnalité

20 décembre 2018
Gregorio Marañón a été l'un des intellectuels espagnols les plus importants du XXème siècle. Même s'il était officiellement médecin, il a effectué de nombreuses recherches dans les domaines de la culture et de la pensée. Ses horizons étaient si vastes qu'il a fait partie de cinq des huit Académies Royales d'Espagne: celles de Médecine, des Sciences Exactes, Physiques et Naturelles, de la Langue, des Beaux Arts et d'Histoire.

En tant que médecin, Gregorio Marañón s’est spécialisé dans le domaine de l’endocrinologie. C’était un expert en la matière et sa renommée était internationale. C’est précisément grâce à cette formation que Gregorio Marañón a énoncé une théorie de la personnalité, qui n’est pas très connue mais est néanmoins très intéressante.

« C’est une loi inexorable dans la vie des sexes, l’action anaphrodisiaque de l’habitude. »

-Gregorio Marañón-

Selon Gregorio Marañón, la glande endocrine est celle qui détermine aussi bien le tempérament que la personnalité d’un individu. Même si cette théorie est devenue obsolète avec le temps, elle a apporté de précieux éléments pour le développement de la science psychologique.

Quelques données à propos de Gregorio Marañón

Gregorio Marañón est né à Madrid (Espagne) en 1887. Il est devenu médecin en 1910 et s’est totalement consacré à l’endocrinologie, que ce soit du point de vue de la recherche ou d’un point de vue clinique. Il a été l’un des pionniers de cette spécialité, que ce soit en Espagne ou dans le monde.

Gregorio Marañón avec un squelette

 

Gregorio Marañón a publié plusieurs œuvres sur l’endocrinologie qui l’ont rendu très célèbre. Il a aussi exposé sa pensée éthique et sa vision de l’Espagne dans différents articles et discours. Cela l’a mené à devenir une référence au niveau de la pensée humaniste. Enfin, il a légué de précieux apports dans le domaine de la gérontologie. 

Cet intellectuel a personnellement connu Sigmund Freud et a validé certains concepts psychanalytiques sans s’inscrire dans ce courant. C’était aussi un activiste politique convaincu. Son esprit était à la fois rigoureusement scientifique et radicalement humaniste. Marañón est décédé en 1960.

La typologie masculine

Gregorio Marañón a énoncé une théorie de la personnalité plutôt complexe, basée sur l’influence du système endocrinien. Selon lui, les hormones ont une relation étroite avec le système nerveux et déterminent le tempérament et la personnalité. Elles auraient aussi une grande influence sur le rythme psychique, l’affectivité et l’excitabilité neuromusculaire.

figure humaine

 

À partir de ces considérations, Gregorio Marañón a élaboré une typologie de l’homme et de la femme. Selon celle-ci, il y aurait des types spécifiques chez les deux sexes. Ceux-ci se manifesteraient dans leur apparence physique et détermineraient une personnalité spécifique.

Pour lui, il existe plusieurs types de constitutions chez les hommes, qui peuvent être considérées comme « normales » :

  • Hypoplasique. Sa constitution est petite et infantile.
  • Asthénique. Avec un thorax plat et étroit, un squelette gracile, de petites épaules et une musculature peu développée.
  • La constitution opposée à l’asthénie.

Les constitutions anormales seraient :

  • Celles démesurément grandes
  • Celles particulièrement petites
  • Celles qui ont un faible développement génital et des caractères sexuels secondaires
  • Le contraire du point précédent

La typologie féminine

Pour Gregorio Marañón, les hommes ont une constitution stable qui se maintient de façon plus ou moins constante au cours de leur vie. En revanche, les femmes ont une constitution changeante. Il identifie ainsi trois types de femmes :

 

  • Type I ou infantile. Traits infantiles, érotisme peu présent, fragilité et suggestivité.
  • Type II ou asthénique. Taille moyenne, érotisme tardif, grand instinct maternel, menstruations régulières, sensible, émotionnelle, narcissique.
  • Type III. Grandes femmes robustes, avec des traits plus ou moins masculins, libido énergétique, décidées et indépendantes.

Ainsi, Gregorio Marañón conditionne la vie sexuelle de la femme à sa constitution biologique. Cette idée est devenue très polémique. On remettait surtout en question le fait de considérer l’anorgasmie féminine comme un fait physiologique.

L’évolution des constitutions

Selon Gregorio Marañón, la constitution biologique évolue à travers le temps. C’est pour cela que le tempérament subit aussi des modifications. Il appelle cela la « courbe du bonheur ».

Il a aussi affirmé que lorsque les traits de chaque type sont très marqués, il n’y a pas de grands changements au fil du temps. Cependant, il y a une évolution chez la majorité des personnes, même si elle ne s’exprime que très légèrement.

Par ailleurs, Gregorio Marañón soutient que les hommes et les femmes traversent un âge critique lors de ce développement. Pour les hommes, ce moment a lieu lors de la puberté. Chez les femmes, c’est au moment du climatère. Même si ses idées sont intéressantes, elles ont radicalement été démenties et ne constituent quasiment plus une référence académique.