Pourquoi Freud fut un révolutionnaire ?

· 31 mars 2018

Freud, à sa manière, a ébranlé les fondements de la psychologie en façonnant plusieurs écoles avec une racine commune, lesquelles restent aujourd’hui encore appréciées et mises en pratique dans le cadre de nombreuses consultations. C’est que Freud fut un révolutionnaire dans sa façon de nous voir et de voir nos esprits.

Nous nous concentrerons dans cet article non pas tant sur sa contribution sinon sur sa méthode révolutionnaire d’analyse et sur pourquoi il reste encore aujourd’hui l’une des figures de référence, indispensable si nous voulons comprendre l’histoire de la psychologie, et même de la pensée. Car effectivement, certains de ses postulats furent pour la psychologie ce que fut pour la physique le célèbre tournant copernicien qui modifia le centre de l’univers. Plongeons dès à présent dans cet intéressant voyage !

L’inconscient

L’inconscient fut peut-être la plus grande révolution proposée par Freud et constitue peut-être aujourd’hui l’une des moins remises en question. A l’époque historique à laquelle vécut Freud, bien que la psychologie sociale n’était pas encore développée, nous savions déjà que nous ne disposions pas du contrôle absolu de ce qui nous arrivait. Certaines variables externes, telles que la quantité de lumière solaire, peuvent influencer notre humeur. En outre, cette même lumière solaire pourrait nous aveugler et nous faire trébucher. Freud est cependant allé un peu plus loin.

Avec la proposition de l’inconscient, Freud souligna qu’il se trouvait en nous un aparté auquel nous ne pouvions pas accéder de manière consciente ou directe, mais qui se manifestait à travers nos émotions, nos pensées et nos comportements. Une sorte de génie qui agissait en coulisses, faisant bouger les ficelles dans une large mesure, sans se montrer ouvertement.

Une sorte de moi ignorée par la conscience qui pourrait à l’occasion nous jouer de très mauvais tours. Cet inconscient pourrait nous rendre triste sans motif apparent, participer à nos rêves de manière symbolique ou générer certaines lapsus dans notre discours.

Aujourd’hui, rares sont ceux qui nient qu’il existe une partie de nous qui nous influence et à laquelle notre conscience n’a pas facilement accès. Il peut s’agir d’un souvenir de l’enfance, mais également d’une estime de soi détériorée ou d’un modèle d’attachement mal construit ou très réprimé lors des dernières années, nous amenant à échouer dans toutes nos relations.

yeux

Le pouvoir des mots

Freud, entre autres vertus, chérissait celle d’être un magnifique écrivain. Les détails, la clarté et l’élégance de son exposition sont trois des adjectifs qui pourraient qualifier ses travaux. Non seulement il prenait soin des mots et les utilisait pour exprimer sa pensée avec maîtrise, mais il les convertit également en une partie centrale de sa thérapie.

Par exemple, comme nous l’avons souligné précédemment, Freud défendit l’idée selon laquelle l’une des manifestations les plus innocentes de l’inconscient sont les lapsus que nous commettons tous de temps à autre dans nos discours. Il mis par ailleurs l’accent sur l’association libre en tant que moyen d’accéder à l’information inconsciente sans contamination.

L’association libre s’est constituée comme la méthode fondamentale de la technique psychanalytique, reléguant au second plan d’autres techniques à partir desquelles elle s’était formée (par exemple : l’hypnose) et qui, au début, lui avaient semblé très utile dans ce même but. Le grand avantage de l’association libre est que, lorsqu’elle est correctement réalisée, elle est dépourvue de toute suggestion et, en même temps, des restrictions de la conscience.

Un autre regard sur l’enfance

Freud comprend l’enfance comme un domaine vital dans lequel se produisent des événements qui nous influenceront tout au long de notre vie. De plus, ils le feront essentiellement à travers l’inconscient, ce qui nous obligera à fonctionner avec des modèles que nous aurons intériorisés, sans pour autant les avoir traités.

D’autre part, Freud nous dit que la sexualité joue aussi un rôle important dans l’enfance ; très important selon lui, en réalité. Nous pouvons le constater, par exemple, dans son articulation des complexes d’Œdipe et d’ElectreIl parle en outre de la sexualité des enfants comme de quelque chose de naturel, sans entrer dans un débat moral.

Pour lui, cette sexualité est très présente et peut avoir des conséquences. Dans le cas d’un garçon, par exemple, la compétition avec le père pour l’amour de la mère peut servir de stimulant à sa croissance, pour imiter le père et essayer de le vaincre. D’autre part, cette idéalisation, si elle n’a pas été brisée, peut agir à travers l’inconscient influençant sur le type de personnes qui lui résulteront attirantes lorsqu’il s’agira de maintenir une relation.

Si quelque chose caractérisait Freud, c’était de ne pas avoir peur de se battre pour mettre fin à certains tabous. Celle-ci peut être, fut l’une des plus importantes, rompre avec l’idéalisation de l’enfance.

Le conflit et la névrose

Une autre des révolutions générée par ses postulats tournait autour de la névrose. Freud signala que se sont les conflits internes, entre ce que nous voulons (ça-  instinct) et ce que nous nous permettons (surmoi – interdit culturel ou social), qui forment les nœuds nous entraînant vers une névrose. Ainsi, dans le cadre du deuxième thème, les troubles névrotiques surviennent par le déplacement du ça inconscient de la part du surmoi, dans une tentative de les étouffer.

freud

Le travail de Freud est beaucoup plus complet et couvre de nombreux autres aspects que nous n’avons pas abordés ici. Cependant, ceux traités dans cet article sont peutêtre les plus importants afin de comprendre pourquoi son travail fut le point de départ d’une révolution. Ainsi, de même que nous parlons d’un tournant copernicien, nous pouvons parler d’un tournant freudien, et de l’impact énorme qu’il eut.