Il existe une grande différence entre se rendre et savoir quand il faut dire stop

26 juin 2017 dans Psychologie 349 Partagés

Il y a des histoires, des relations et de liens qui n’ont plus rien à offrir. Ce sont comme des cordes qui se sont trop tendues, comme des cerfs-volants qui veulent s’échapper et que nous ne pouvons plus retenir, des trains qui doivent partir à l’heure et que nous ne pouvons pas arrêter. Les laisser partir n’est absolument pas à un acte de lâcheté ou d’abandon car reconnaître que l’heure est venue de l’accepter est au contraire un acte de bravoure.

S’il y a bien une chose à laquelle nous ne sommes pas préparé-e-s, c’est de nous éloigner de personnes significatives ou de cesser d’investir du temps et des efforts dans un projet, dans une occupation ou dans une dynamique qui était jusqu’alors très importante pour nous. Nous disons que “nous ne sommes pas préparé-e-s” parce que notre cerveau est très résistant au changement, parce que pour cet organe merveilleux et sophistiqué toute rupture avec la routine ou les habitudes suppose un saut dans le vide qui engendre de nombreuses peurs.


“Ça suffit !”, cria le cœur. Et, pour une fois, lui et le cerveau se mirent d’accord sur quelque chose.


Ce penchant du cerveau à toujours nous maintenir dans les mêmes espaces, les mêmes occupations et avec les mêmes personnes rend difficile toute intention de franchir les limites de notre zone de confortCet attachement presque obsessif envers ce que l’on connaît nous fait dire des choses comme “il vaut mieux que je le supporte encore un peu” ou “je vais attendre un peu plus, pour voir si les choses changent”.

Cependant, s’il y a bien une chose que nous avons fini par savoir, c’est qu’il y a des changements qui n’arrivent jamais et que, parfois, supporter un peu plus une situation revient à trop attendre. On nous a toujours répété l’idée classique et injustifiable que “ce qui ne tue pas nous rend plus fort-e-s” et que celui/celle qui abandonne quelque chose ou quelqu’un le fait parce qu’iel se rend et que sa force de volonté a été vaincue.

Bien, mais au-delà du “problème”, on voit surtout une insatisfaction chronique et écrasante. Si physique qu’elle en vient à nous ôter l’air et la vie. Mettre de côté ces situations, au moins pour un temps, est sans aucun doute un acte de courage et de santé.

Savoir quand il faut dire stop n’est pas toujours facile

Quand nous trébuchons, tombons et nous blessons, nous n’hésitons pas à nous soigner directement et à comprendre qu’il vaut mieux éviter cette partie du trottoir parce qu’elle est dangereuse. Pourquoi ne faisons-nous pas la même chose avec nos relations et avec chacun de ces domaines dans lesquels nous ressentons de la douleur ou de la souffrance ? Cette question simple a une réponse qui renferme des nuances aussi complexes que délicates.

Dans un premier temps, et même si on nous le répète, il n’y a pas, dans la vie, de trottoirs avec des trous ou de chemins pleins de pierres. Nous savons que ce type de métaphore est très utilisé mais le problème réside dans le fait que, dans la vie réelle, les dangers ne peuvent jamais être identifiés avec autant de précision. Les personnes ne portent pas de panneau pour avertir à propos de leur manière d’être, de leur façon d’aimer ou de leurs intentions. Dans un second temps, il est utile de rappeler que nous sommes des êtres emplis de multiples besoins : d’attachement, d’affiliation, de communauté, de loisirs, de sexe, d’amitié, de travail… C’est là, finalement, que se trouve le changement : nous sommes dynamiques et changeant-e-s par nature.

Ces variables nous poussent à effectuer d’authentiques “sauts dans le vide” pour essayer, pour faire des expériences et même pour survivre. Ainsi, il nous arrive même d’offrir des secondes et troisièmes chances aux personnes les moins adéquates parce que notre cerveau est pro-social et donnera toujours plus de valeur à la connexion qu’à la distance. Il préférera également rester en terrain connu plutôt que de s’aventurer vers l’inconnu.

Tout cela nous aide à comprendre pourquoi nous avons tant de mal à voir quand quelque chose a dépassé la limite, quand les coûts dépassent les bénéfices et quand notre propre esprit agit comme un authentique ennemi en nous susurrant encore et encore ce refrain incessant : “n’abandonne pas, ne te laisse pas vaincre”. Cependant, il est nécessaire d’intégrer quelque chose de basique et essentiel dans notre cerveauquelqu’un qui met de côté quelque chose qui est nocif et ne rend pas heureux ne se rend pas mais SURVIT.

Apprenez à découvrir votre “point doux”

Trouver son “point doux” est un peu comme trouver son équilibre, son homéostasie psychologique et émotionnelle. Il s’agirait de savoir à tout moment ce qui est le plus optimal et adéquat pour nous-mêmes. Il convient cependant de dire que cette capacité n’est pas liée à l’intuition mais à un auto-apprentissage objectif et méticuleusement acquis à travers l’expérience, l’observation et cette inférence de la vie elle-même, par laquelle on apprend de ses erreurs et de ses réussites.


“Rien n’est suffisant pour celui pour qui le suffisant est peu.”

-Épicure-


Le “point doux” est par ailleurs cet état où chaque chose que nous obtenons, que nous faisons et pour laquelle nous investissons du temps et de l’énergie nous est bénéfique et nous satisfait. Cependant, dès qu’apparaît l’ombre du stress, de l’offuscation, de la peur, des larmes ou de l’épuisement extrême, nous passons au “point amer” : une zone nocive dont nous devons sortir dès que possible.

Il faut aussi préciser que cette stratégie toute simple peut s’appliquer à tous les domaines de la vie. Trouver ce point d’équilibre est un acte de sagesse et un outil personnel qui nous rappelle que tout a une limite dans cette existence et que savoir à quel moment dire stop n’équivaut pas à se rendre mais plutôt à comprendre où se trouvent nos limites. Nous parlons de cet équateur qui sépare le bonheur de l’insatisfaction, l’amertume des opportunités.

Commençons à intégrer ce point d’équilibre dans notre quotidien pour gagner en qualité de vie.

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