Vous êtes le/la créateur-trice de vos obligations

25 mai 2017 dans Psychologie 225 Partagés

Nous sommes accablé-e-s d’obligations de tous types : de celles que nous devons assumer au travail aux obligations domestiques, telles que celle de faire à manger tous les jours. Dans cette société exigeante au sein de laquelle nous vivons, nous devons être attirant-e-s, d’excellent-e-s travailleur-se-s, toujours être à jour de l’actualité, être de bons parents, etc.


Les obligations sont ces attentes que l’on devrait satisfaire si on veut être de meilleures personnes. Or, réfléchissons un instant ; qui m’impose toutes ces obligations ? De qui viennent réellement ces attentes ?


Le/La lecteur-trice pourrait être tenté-e de répondre à cette question en disant que le style de vie que l’on mène est responsable de toutes les obligations quotidiennes auxquelles on doit faire face, et que l’on doit s’y adapter. Cependant, si on prend le temps d’y réfléchir un peu, on se rendra alors compte que la plupart de nos obligations sont en fait auto-imposées et que leur but consiste à nous mener à satisfaire les attentes des autres plutôt que les nôtres.

Combien de fois vous êtes-vous vu obligé-e de réaliser une chose qui ne vous plaisait pas car c’était ce que vous « deviez » faire ? Le mot « devoir » fait partie des grandes croyances irrationnelles et implique un besoin caché que l’on doit satisfaire pour nous sentir heureux-ses, ou au moins pour ne pas nous sentir mal.

Pensées qui parlent d’obligations

Les émotions perturbatrices viennent généralement d’une obligation. Comme le souligne la psychologie cognitive, ce que l’on pense est la cause directe de la façon dont on se sent, et cette dernière influe à son tour sur notre manière de penser. Si on s’en tient à cette logique, si on est anxieux-ses, déprimé-e-s ou irritables, probablement se crée-t-on une infinité d’obligations dans notre esprit.

Ces obligations peuvent porter sur nous-mêmes, sur les autres ou sur le monde en général et parlent de la fausse idée de comment doivent être les choses. Ces « tu devrais » ferment la porte à la clé du bien-être émotionnel : l’acceptation inconditionnelle.


Quand les obligations portent sur nous-mêmes, on pense qu’on devrait être ou agir d’une manière déterminée et pas d’une autre.


On ne s’accepte pas tel-le que l’on est, ce qui crée en nous une estime de nous-même déficiente, en plus d’une sensation d’anxiété de vouloir atteindre les attentes auto-imposées ou la dépression si on n’a pas été capables de les satisfaire. « J’aurais dû agir correctement dans cette situation », « Je devrais faire parfaitement mon travail chaque jour », « Je ne dois pas échouer »… Tout autant d’exemples de pensées perturbatrices que l’on peut abriter lorsque l’on s’oblige nous-mêmes à être des personnes que nous ne sommes pas.

Les « tu devrais » portant sur les autres génèrent un sentiment de haine, de même que ceux qui se réfèrent au monde. Le fait de vouloir que les gens de notre entourage et de notre vie se comportement d’une certaine manière qui doit correspondre à nos critères personnels est aussi irréaliste que de prétendre que le ciel est de couleur rose.


Ces obligations, comme nous le disions, cachent un faux besoin qu’il faut chasser de notre esprit pour ressentir une plus grande plénitude.


Lorsque les obligations portent sur nous-mêmes, nous cachons le besoin d’approbation et de perfectionnisme : « Je dois faire mon travail parfaitement car j’ai besoin d’être reconnu-e au sein de mon entreprise ». Cependant, quand on prétend que c’est notre entourage qui agit d’une manière concrète, on a besoin de confort : « Les embouteillages ne devraient pas exister car je m’ennuie dans ces conditions, ils sont gênants, j’arrive tard là où je veux aller, etc »

Changer le « je devrais » par « j’aimerais »

Si on est capables de modifier notre dialogue interne pour un autre plus adapté au monde tel qu’il est, c’est que l’on aura découvert la technique qui permet de nous sentir plus heureux-ses. Le changement, évidemment, ne doit pas être simplement verbal, mais on doit aussi croire en ce que l’on nous dit et le faire jusqu’à tel point que nos émotions négatives et mauvaises deviennent bonnes.

Toutes les obligations et les « tu devrais » qui régissent nos vies sont imposés par nous-mêmes, même si on pense que l’on ne peut pas y échapper. Si on y réfléchit bien, personne ne nous a mis un pistolet sur la tempe pour nous forcer à avoir la vie que l’on mène.


Tout ce que l’on fait et la manière dont nous nous comportons est le produit d’une décision personnelle et c’est pour cela que la seule chose qui nous concerne est le changement.


Peut-être pensez-vous qu’il y a des obligations inévitables, comme le travail ou l’éducation des enfants. Si on a choisi un travail en particulier et aussi que l’on a voulu être parents, une fois de plus nous nous sommes auto-imposé-e-s l’obligation. Tous nos actes ont des conséquences et si on veut continuer à payer l’hypothèque de notre maison ou que nos enfants deviennent des personnes éduquées, il est certain que l’on doit agir dans la direction qui produit ce résultat.


Rien ni personne ne nous a obligé-e-s à opter pour la vie que nous avons aujourd’hui ; c’est la conséquence d’une série de décisions prises en liberté.


Même si souvent on se sent obligé-e-s de prendre un chemin ou un autre, ce qui est certain c’est que finalement, que ce soit parce c’est celui qui nous convient le plus, par influence, parce qu’on le veut ou par peur, on choisit celui que nous décidons de prendre.

Pour ne pas vous sentir aussi obligé-e-s et anxieux-ses, il faut commencer à changer votre dialogue interne. A chaque fois qu’un « je devrais » apparaît dans votre esprit, remplacez-le rapidement par un « je préférerais » ou un « j’aimerais » sans tomber dans les exigences. Finalement, vous devez accompagner le « j’aimeras » par un « si tout ne se passe pas comme je veux, le monde ne s’arrêtera pas de tourner » ou « si les choses ne se passent pas comme ça, j’aurais d’autres options ».

Avec la pratique et l’intériorisation de ces « j’aimerais », on commencera à se sentir bien plus apaisé-e-s dans ce monde si exigeant.

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