Épicure : le philosophe qui a développé la théorie de la recherche du plaisir

Épicure nous a laissé un grand héritage. Il nous a montré comment atteindre la sérénité et le bonheur auxquels nous aspirons grâce à des éléments aussi importants que l'amitié et la gestion de la douleur.
Épicure : le philosophe qui a développé la théorie de la recherche du plaisir

Dernière mise à jour : 24 octobre, 2021

Les êtres humains sont régis par différents principes. Tout au long de l’histoire, des auteurs se sont consacrés à leur étude. Épicure était l’un d’entre eux. Par le biais de la philosophie, il a exploré des recoins merveilleux de notre nature pour nous rapprocher de sa compréhension.

Grâce à sa carrière et à sa grande passion pour le savoir, il a fondé sa propre école. Sa contribution était si importante qu’elle est encore étudiée aujourd’hui.

Nous vous proposons donc un voyage à travers la philosophie d’Épicure : nous parlerons de sa vie, de ses théories et de l’ampleur de son héritage. Plongeons ensemble dans la philosophie de ce fabuleux auteur !

“Ne pas avoir faim, ne pas avoir soif, ne pas avoir froid ; celui qui dispose de cela, et a l’espoir d’en disposer à l’avenir, peut lutter comme il arrive, et coulera des jours heureux.”

-Épicure-

homme dans la lumière

Vie d’Épicure

Épicure est né en 341 avant Jésus-Christ. Il était connu sous le nom d’Épicure de Samos, précisément en raison de son origine. Sa mère était une devineresse et s’appelait Querestrata et son père était un professeur et s’appelait Néoclès. Sa famille appartenait à une couche sociale aisée.

Épicure a passé son enfance et son adolescence à Samos, une île grecque. Plus tard, lui et sa famille ont été expulsés de Samos et se sont réfugiés à Colophon. À l’âge de 14 ans, Épicure s’installe à Théos et y reste pendant trois ans. Il y reçoit l’enseignement de Nausiphanes, le disciple de Démocrite, et c’est alors qu’il s’intéresse à la pensée et à la philosophie.

Après son 18e anniversaire, Épicure se rend à Athènes pour suivre une formation militaire de deux ans, car celle-ci est requise pour obtenir la citoyenneté. Il semble que pendant son séjour, il ait écouté la pensée de Xénocrate, le successeur de Platon dans les idées, et d’Aristote, qui se trouvait à Athènes à l’époque.

Il n’existe aucune trace des dix années suivantes, la plupart des hypothèses suggèrent qu’il était occupé à voyager et à étudier. En fait, il est probable qu’au cours de cette période, il ait développé sa vision philosophique grâce à des échanges avec les platoniciens et les aristotéliciens.

On sait par une lettre qu’il a écrite à Théos, conservée par Diogène, qu’à l’âge de 32 ans, il a commencé à enseigner, d’abord à Mytilène et ensuite à Lampsacus. En divers endroits, Épicure a rencontré ses disciples, qui ont contribué au développement de l’école épicurienne.

Il a créé une école en 306 avant J.-C., qu’il a appelée “l’école du jardin” ; celle-ci est devenue célèbre parce qu’elle impliquait les femmes et cultivait l’amitié ; à cette époque, les académies les plus importantes étaient celles de Platon et d’Aristote.

À l’âge de 72 ans, il est mort d’une prostatite. Il a dédié une lettre affectueuse à ses amis de Lampsaque, dans laquelle il prône la sérénité même au milieu de la douleur comme un acte de fidélité à sa philosophie.

L’héritage d’Épicure

Épicure a laissé derrière lui plus de 300 manuscrits après sa mort. Diogène Laërce  l’a décrit comme un écrivain prolifique, et a conservé trois de ses lettres et les Maximes capitales. Voyons un peu plus en détail les trois lettres et les Maximes :

  • Lettre à Hérodote. Dans lequel il parle de physique et de gnoséologie.
  • Celle écrite à Pistocles. Dans cette lettre, il parle de météorologie. Il fait également référence à la cosmologie et à l’astronomie.
  • Lettre à Ménécée. Dans laquelle il lui parle d’éthique et de théologie.
  • Maximes. Ce sont les principales doctrines d’Épicure qui consistent en quarante courtes déclarations aphoristiques. Ils préservent les croyances éthiques centrales de l’école de philosophie épicurienne.

En outre, selon Diogène Laërce, les principales œuvres du philosophe, outre celles déjà mentionnées, sont : Sur la nature, Sur la justice et autres vertus, Essai sur l’angle d’un atome et Quatre essais sur les vies.

La philosophie d’Épicure

La philosophie d’Épicure s’opposait à la philosophie platonicienne et aristotélicienne. Sa pensée tournait autour d’une idée : il n’y a rien au-delà de la réalité et du monde sensible ; il niait donc l’immortalité de l’âme. En fait, il a promu l’idée que l’âme, comme les autres éléments, était composée d’atomes.

Maintenant, nous pouvons diviser la philosophie d’Épicure en trois branches :

  • Philosophie canonique. À travers elle, il a examiné la façon dont nous connaissons. Selon Épicure, la sensation est la base de la connaissance, et celle-ci résulte de l’arrivée d’images à nos sens. En outre, il a formulé que l’expérience est la seule chose sur laquelle nous pouvons compter pour obtenir des informations du monde extérieur.
  • Physique. Épicure croyait que toute la réalité était constituée d’atomes et de vide. Et, bien qu’il ait été influencé par Démocrite, il a introduit l’élément de hasard dans le mouvement des atomes. En effet, dans la lettre qu’il a écrite à Hérodote, il affirme que rien ne découle de ce qui n’existe pas.
  • Philosophie éthique. C’est peut-être pour cela qu’Épicure est le plus largement reconnu. Il parlait de la philosophie comme ayant pour but de conduire au bonheur celui qui s’y plonge. Mais en se basant sur : l’autonomie, la confiance en soi et l’ataraxie. De plus, il associait les plaisirs au calme et à la paix, c’est pourquoi il faisait référence aux plaisirs comme étant la source du bonheur.

En outre, Épicure mettait l’accent sur les peurs. Il qualifie d’absurde la crainte des dieux : ils devraient être un modèle de vertu, car selon lui, ils n’interviennent pas dans les affaires humaines. À propos de la peur de la mort, il a également dit qu’elle était irrationnelle. Il a compris qu’elle était produite pour deux raisons : l’imagination qui nous pousse à penser qu’il y a des choses horribles après la mort, ou le résultat du sentiment généré par la pensée de cesser d’exister.

Épicure a également consacré un certain espace à la peur de la douleur et de l’échec. Il a déclaré que la crainte de la douleur n’était pas fondée. Sa réflexion était que, si la douleur est légère, elle peut être facilement surmontée ; si elle est intense, sa durée peut être brève. Quant à la peur de l’échec, il considère que son origine réside dans l’ignorance du fait que le bonheur dépend de facteurs internes.

L’une des contributions les plus importantes d’Épicure est sa formulation de la recherche du plaisir. Il a jugé nécessaire de distinguer les désirs naturels et nécessaires, par exemple satisfaire la faim ou la soif, de ceux qui sont naturels et non nécessaires, par exemple la gourmandise, et de ceux qui ne sont ni nécessaires ni naturels, par exemple le plaisir d’obtenir des honneurs.

Ainsi, il en est venu à conclure que nous ne pouvons emprunter qu’une seule voie vers le bonheur, et c’est celle du plaisir. Mais en valorisant ce qui est vraiment indispensable, en tenant compte de l’autonomie, et d’autres facteurs internes. Et aussi en cultivant l’amitié. Pour tout cela, il faudrait donc abandonner nos peurs irrationnelles, et s’ancrer dans la réalité par l’expérience.

Enfin, nous pouvons souligner qu’Épicure accorde une grande valeur à l’amitié. En fait, il considérait la générosité comme l’une des vertus les plus importantes. Dans Épicure et sa philosophie, nous trouvons une défense du plaisir d’être en vie ou de l’autonomie. En conclusion, nous lui donnons la parole :

“Seul celui qui peut se passer de la richesse est digne d’en jouir. ”

“L’homme qui ne se contente pas de peu ne sera jamais content de rien. ”

“Rien ne peut suffire à celui qui considère comme étant peu de chose ce qui est suffisant. ”



  • Gual, C.G. (1981). Epicuro. Madrid: alianza editorial.
  • Ullman, R.A: (1996). Epicuro: o filósofo da alegria.