Que dit la science de l’amour ?

· 18 avril 2017

Nous avons tou-te-s une idée, plus ou moins claire, de l’amour. La plupart des gens ont expérimenté les émotions qui les envahissent quand nous tombons amoureux-ses. Mais que se passe-t-il dans notre organisme ? Que dit la science de l’amour ? Ces dernières années, la science s’est plongée dans ce sujet pour découvrir ce qui nous pousse à tomber amoureux-ses et quels sont les processus qui sont à l’œuvre dans notre cerveau.

L’amour a un grand impact sur notre vie. Il change notre comportement, notre humeur et la personne en question envahit une grande partie de nos pensées. Il peut même avoir une influence sur les choses que nous faisons au quotidien. L’amour d’un point de vue fonctionnel a pour objectif d’assurer le descendance et les soins dès les premières années. Ainsi, selon les scientifiques, il faciliterait le fait que nous nous regroupions en couple.

La chimie de l’amour

Lorsque nous sommes en train de tomber amoureux-ses, il existe une grande implication de divers neurotransmetteurs. L’activité chimique de notre cerveau change et déclenche la symptomatologie typique. Les neurotransmetteurs qui sont très étroitement liés à ce processus sont la dopamine, la norépinéphrine et la sérotonine.

Les niveaux de dopamine (DA) et de norépinéphrine (NE) augmentent alors que la sérotonine diminue. Les deux premières sont impliquées dans les mécanismes de récompense. Elles permettent de focaliser l’attention sur lui ou elle, et cette personne se transforme en le centre du monde. L’unique objectif est d’obtenir l’amour de l’autre en retour ainsi que son attention.

 

Cette « bombe chimique » ressemble énormément à celle qui se produit lors de la consommation de cocaïne. On peut donc considérer que la phase initiale de l’amour est une addiction. La dopamine fait que nous nous souvenions de minuscules détails sur la personne, alors que la norépinéphrine facilite le souvenir de nouvelles stimulations. La baisse de sérotonine fait que nous avons des pensées obsessives.

Quelles sont les zones du cerveau impliquées ?

Il y a deux zones cérébrales qui ont un lien direct avec l’amour. Il y a l’aire tegmentale ventrale qui produit la dopamine et cette euphorie : la sensation de plénitude que nous pousse à atteindre nos buts. Le noyau caudé est aussi très important lorsqu’il s’agit d’amour. Il s’occupe de la passion et c’est l’une des zones les plus primitives.

Grâce à la neuro-imagerie, les scientifiques ont été capables de détecter de l’activité dans ces zones du cerveau des amoureux. Les zones impliquées font partie du système de récompense qui fait que nous concentrions tous nos efforts sur quelque chose en particulier. De plus, il a été observé que l’activité est similaire à celle que l’on a, par exemple, lorsqu’on mange du chocolat : c’est un modèle d’activation similaire qui est utilisé.

La caractéristique addictive de l’amour fait apparaître l’obsession et la compulsion, le conjoint étant l’objectif de ces comportements. Une dépendance émotionnelle, physique et même un changement dans la personnalité et les goûts ont lieu. Cette sensation de ne pas pouvoir vivre sans cette personne est due à l’augmentation de dopamine dans ces zones cérébrales.

Désir, amour et jalousie

Désirer et aimer quelqu’un n’est pas la même chose. Même si lorsque nous aimons quelqu’un, surtout lors des premières années, nous le désirons aussi. Mais désirer n’implique pas forcément aimer. Le désir a un lien avec une hormone, la testostérone. Cette testostérone se libère en plus grandes quantités lorsque nous sommes amoureux-ses à cause de l’augmentation de la dopamine et de la norépinéphrine qui stimulent sa production.

Mais, le désir déclenche-t-il l’amour ? C’est possible mais ce n’est pas sûr. L’augmentation de testostérone peut le provoquer, en augmentant les neurotransmetteurs en lien avec l’amour. Mais lorsque nous maintenons une relation qui se base uniquement sur le désir, cela nous est égal que l’autre personne ait des relations avec d’autres personnes, ce qui n’arrive pas lorsque nous sommes amoureux-ses.

Lorsque nous sommes amoureux-ses, il existe une obsession pour l’être aimé et nous analysons tout ce que l’autre fait. Si nous sentons que nous n’avons pas l’attention de l’autre, l’obsession peut donner lieu à la jalousie, qui n’est rien d’autre que la preuve de notre insécurité. La jalousie aurait une explication évolutive différente pour chaque sexe. Les femmes en souffriraient par peur de devoir élever leurs enfants seules. Les hommes par peur d’élever des enfants qui ne soient pas les leurs.

Quand l’amour se termine

Le rejet ou la rupture sont difficiles à affronter ; le cerveau et les neurotransmetteurs sont aussi déterminants dans ce cas. Lorsqu’il y a une crise de couple, la libération de dopamine augmente : c’est parce que la tendance à lutter pour ce que nous aimons et ce que nous voulons conserver apparaît. Lorsque la dopamine augmente et que la récompense que nous recherchons ne vient pas, l’amygdale s’active, ce qui déclenche la colère, la première phase.

La première phase de la rupture, la colère, déclenche un passage de l’amour à la haine. Puisque le cerveau ne peut pas se permettre de telles dépenses d’énergie pendant un temps prolongé, une fois dépassée la première phrase, on entre dans une tristesse profonde, on se rend à l’évidence et on accepte que l’on ne nous aime plus.

Les niveaux de dopamine baissent brusquement, ce qui provoque de la tristesse et l’abattement. C’est une sorte de mécanisme cathartique qui nous prépare à recommencer à zéro. Sachez aussi même si la durée de la tristesse dépendra de nombreux facteurs -aussi bien intérieurs qu’extérieurs- en fonction de chaque personne, la chimie cérébrale se restaurera et dans un temps variable en termes de chimie, on sera à nouveau prêt-e pour rencontrer un nouveau partenaire.

L’amour a-t-il une date d’expiration ?

C’est une question à laquelle il est difficile de répondre car nous avons beaucoup d’exemples qui se contredisent. Même si la science a essayé de répondre à cette question de la manière la plus proche possible… et les recherches montrent que nous serions monogames mais de manière successive. C’est-à-dire que nous aurions une chimie cérébrale favorable à un-e seul-e partenaire à la fois, mais pendant un temps déterminé. Autour de 4 ans.

Il existe une tendance universel à changer de partenaire et à commencer un nouveau cycle d’amour avec un nouveau partenaire, de manière cyclique. D’un point de vue évolutif et fonctionnel, cela aurait pour fonction d’obtenir une plus grande diversité génétique et une meilleure descendance, étendant l’ADN dans tout le monde entier.

Mais il est évident qu’aujourd’hui, beaucoup de gens continuent à espérer trouver un partenaire pour toute la vie. Même si les faits biologiques montrent le contraire, il n’est pas impossible de trouver quelqu’un à vie. Il existe des couples qui continuent à ressentir du désir pour l’autre, à partager une complicité, de l’amour et de la confiance toute la vie. Heureusement, nous sommes bien plus qu’une séquence répétée dans laquelle nos niveaux de neurotransmetteurs ne varient pas et des êtres qui traverseraient toujours les mêmes états.