Derrière les crises de nerfs fréquentes bien souvent se cache aussi l’orgueil

21 février 2018 dans Emotions 170 Partagés

Derrière les crises de nerfs fréquentes se cache très souvent l’orgueil. En effet, les personnes qui font des crises de nerfs ont besoin de toujours avoir raison, elles ne tolèrent pas d’être contrariées ou corrigées et, de plus, elles sont constamment victimes de leur propre frustration. Ainsi, il est important de souligner que derrière l’orgueil se trouve cette fois le narcissisme, conformant ainsi un type de personnalité très usante.

On dit souvent d’une personne orgueilleuse qu’elle ne reconnaîtra jamais ses « pêchés ». Elle ne le fera pas car elle a le nez tellement collé sur son reflet dans le miroir qu’elle n’arrivera même pas à se voir elle-même. Cependant, nous nous sommes tellement habitués à ce type de profil dans notre entourage que sans nous en rendre compte, nous en sommes arrivés à normaliser le narcissisme et l’orgueil. Nous le voyons dans les élites politiques, nous le voyons dans nos entreprises et nous le voyons même dans une partie des nouvelles générations.

« Il est plus facile d’écrire contre l’orgueil que de le vaincre. »

Francisco de Quevedo

Tous ces profils, en apparence si distants entre eux, montrent en réalité des caractéristiques communes. Peu importe leur âge, ce sont des personnes « qui savent tout », celles à qui personne ne peut rien apprendre ou montrer car « elles ont déjà tout vu et tout vécu ». De plus, elles se caractérisent également par cette tendance à reléguer les besoins des autres au second plan, mais aussi à avoir la maturité émotionnelle d’un enfant de 6 ans.

Ainsi, ceux qui ont affaire à ces personnes au quotidien seront déjà familiarisées à leurs crises de nerfs fréquentes. Elles ont « la peau très fine » et un très fort orgueil, on le sait, d’où le fait qu’à la moindre contrariété elles en viennent à perdre le contrôle et à adopter des comportements aussi communs que celui de cesser de nous parler pendant un temps ou tout simplement de nous disqualifier car nous les avons contrariées sur un petit aspect insignifiant…

femme en colère

Les crises de colère fréquentes et ce qu’il y a derrière ce masque

L’orgueil, ce n’est qu’un costume, un déguisement de porc-épic où les pics agissent comme des barrières défensives visant à ne laisser personne deviner nos peurs, nos faiblesses de caractère et nos fragilités. Ainsi, si quelqu’un me dit que je dois être plus patient et prendre les choses calmement, je n’hésiterai pas à me mettre en garde et à élever mes pics (car on a mis en doute la qualité de mes agissements). Peu importera également que cette personne m’ait fait ce commentaire de bonne foi : moi, je le prendrai comme un affront.

L’estime de soi de ce genre de personnes est très faible. Cependant, ce sentiment d’infériorité se transforme souvent en un ressort d’agressivité, une catapulte chargée de haine, de dépit et d’amère frustration. Ainsi, leur besoin d’être au-dessus dans chaque situation, circonstance ou contexte, donne forme à ce « mensonge d’autorité » où personne ne doit les discréditer ni aller à leur encontre ; n’importe quoi, même le plus insignifiant des commentaires, serait perçu comme une insulte.

L’orgueil est dans ces cas-là un système sophistiqué de compensation. Ainsi, le plus intéressant dans ces profils, c’est que généralement, ce costume plein de pics se forge dans l’enfance comme un moyen de masquer les insécurités. Plus tard, cela devient un mode de réaction face aux problèmes et aux déceptions. Les choses en sont ainsi car la personnalité orgueilleuse instrumentalise l’arrogance et l’agression comme manière de marquer le territoire, comme canal pour se valider soi-même.

Même ainsi, tout ce qu’elles arrivent réellement à faire, c’est mettre des distances et évoluer dans un cercle de relations superficielles.

homme faisant une crise de nerfs

Que faire face aux crises de nerfs fréquentes de ces personnes qui nous entourent ?

Derrière les crises de colère fréquentes, il y a un clair problème de gestion émotionnelle, d’estime de soi et d’équilibre psychologique. Personne ne peut vivre sous la croûte d’une crise de colère chronique, enveloppée dans sa crinière de lion et rugissant deux fois sur trois. C’est pourquoi, si dans notre entourage nous avons une personne qui dérive constamment sur ce type de dynamique, il y a quelque chose que nous devrons pas oublier : le problème ne vient pas de nous, nous ne sommes pas la cause de son mal-être. Le problème vient en réalité d’elle.

« Tout le monde peut s’énerver, c’est quelque chose de très simple. Mais s’énerver auprès de la bonne personne, dans la bonne mesure, au bon moment, dans le bon but et de la bonne manière, ça en revanche, ce n’est pas si simple. »

Aristote

Lorsque la colère devient une manière d’être, rien ne grandira plus autour de soi. Ainsi, si sous cette peau réside l’orgueil et cette personnalité narcissique qui veut tout contrôler et trouver un bénéfice dans tout, la meilleure chose que l’on puisse faire dans ces cas-là, c’est mettre de la distance et ne pas gaspiller notre énergie en nous y confrontant.

Car l’orgueil ne se soigne pas par la dispute ; il s’agit en réalité de permettre à la personne orgueilleuse de se regarder dans le miroir et de se débarrasser de sa gueule de lion et de son déguisement de porc-épic. Sous toutes ces peaux se trouvent leurs fragilités, leurs manques, leurs labyrinthes d’insécurités voire même, pourquoi pas, cet enfant intérieur encore effrayé qui continue à répondre avec haine à ce qui ne lui plait pas.

Les crises de colère fréquentes, qu’on le veuille ou non, sont à l’ordre du jour dans la vie de bien des adultes. Par conséquent, il vaut la peine de consacrer du temps, de l’attention et une bonne dose d’affection à nos enfants, à ces petits qui dès leur plus jeune âge sont souvent frustrés et nous disent des choses comme « je m’énerve toujours, et ça m’empêche de respirer ».

Sachons bien gérer ces situations, et éduquer correctement nos enfants.

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