La cruauté du manque d’amour, ou l’histoire d’ « Ivan le Terrible »

· 13 septembre 2015

« Certaines personnes, emportées par leur ardent désir de bâtir un monde au sein duquel ne pourrait pénétrer aucune menace extérieure, augmentent démesurément leurs défenses contre l’extérieur, appauvrissant ainsi leur intérieur »
Paul Coelho

Qu’est-ce qui peut mener une personne à en brûler vivante une autre, ou à la découper en morceaux ? Qu’est-ce qui peut conduire quelqu’un à faire preuve d’une telle cruauté, à rester impassible face à ses propres atrocités, voire même à y prendre goût ? C’est l’histoire d’Ivan le Terrible.

Ce qu’on vit au cours de notre enfance nous marque pour toute la vie.

Nos premières expériences, les relations qu’on entretient avec nos proches ainsi que les modèles qu’ils nous inculquent et les leçons qu’ils nous donnent, tout cela nous accompagne pour le restant de notre vie…pour le meilleur et pour le pire.

Voilà pourquoi l’amour est si important. Ce n’est pas pour rien si on dit que l’amour fait bouger le monde.

L’amour et la haine, son opposé, sont les moteurs des plus belles réussites, comme des plus grandes atrocités qui ont pu être commises tout au long de l’Histoire.

Dans la suite de cet article, vous découvrirez donc l’histoire d’Ivan le Terrible, qui montre bien à quel point l’enfance peut marquer assez terriblement, une personne.

Si Ivan le Terrible est passé dans l’imaginaire collectif, c’est précisément pour son surnom, « le Terrible », n’étant autre qu’une mauvaise traduction du russe, « le strict ».

Pour autant, bien que mal traduit, ce surnom illustre bien les atrocités qu’a pu commettre cet homme.

Tout commence dans son enfance… A 3 ans, il perdit son père, et devint alors « Grand Prince de Moscou », même si, du fait de son si jeune âge, le pouvoir était détenu par sa mère. Mais cette dernière mourut 5 ans plus tard, probablement empoisonnée par les clans boyards qui se disputaient le pouvoir.

Ivan fut donc éduqué par les boyards, lesquels l’humilièrent de mille et une façons tout au long de son enfance. Ils le maltraitaient, l’humiliaient, le frappaient, ou l’enfermaient dans le palais du Kremlin. Il vivait donc presque comme un mendiant.

Tout ce qu’a traversé Ivan pendant son enfance se reflète dans son premier acte de cruauté. A 13 ans, il fit dépecer un de ses ennemis en lançant à ses trousses une meute de chiens…

Son impuissance finit donc par se transformer en colère et en contre-attaque… Ivan commença alors à être respecté.

Peu à peu, son caractère se modela. Son enfance terrible, la tristesse de voir son frère, qu’il estimera grandement tout au long de sa vie, atteint d’une maladie mentale, et la mort d’Anastasia, son épouse bien-aimée, tout cela continua à faire souffrir Ivan à l’âge adulte…et à ciseler son caractère.

Ivan perdit son épouse et détruisit Novgorod

Même si Ivan le Terrible se maria 7 fois, seule Anastasia, sa première épouse, a été celle qu’il a vraiment aimée.

Elle tomba malade et, peu de temps après, elle mourut. Ivan raconta qu’elle avait été empoisonnée, mais à cette époque, personne ne le croyait.

Or, le temps et les études menées postérieurement ont fini par lui donner raison. L’analyse des os d’Anastasia révéla qu’une dose de mercure lui fut administrée, ce qui finit par la tuer.

Suite à la mort de son épouse, le caractère d’Ivan devint encore plus « terrible », et sa méfiance envers le monde et les autres n’eut de cesse de croître

Son épouse était la seule personne en qui il avait toujours eu vraiment confiance, et la vie la lui enleva.

Comme on le sait tous, « notre tête dirige nos actes ». Mais, malgré son désir de conquérir la région de la Baltique, Ivan ne put jamais concrétiser ce rêve.

Il manquait à Ivan tout ce que son rival avait, et il avait des vues sur la ville de Novgorod, connue dans toute la région pour l’éducation et les modèles de ses habitants.

La ville jouissait d’un commerce florissant. Les marchands construisaient des églises afin de demander avec amour à Dieu de les aider pour que leur commerce soit prospère…

Mais, la conquête par la force était difficilement réalisable, et Ivan se heurta donc à l’échec et l’impuissance.

Il reproduisit donc ce qu’il avait toujours vu, aimé, et vécu : avoir recours à la cruauté.

Ivan attaqua donc de nouveau. Il dévasta la ville et tortura, décapita et empala de nombreux habitants. Selon les études menées à ce sujet, 2000 à 3000 personnes trouvèrent alors la mort.

Ivan tua son propre fils

Son dernier acte terrifiant, fut l’assassinat de son fils. Un jour, Ivan vit sa belle-fille habillée, selon lui, d’une façon inappropriée, suite à quoi son fils s’énerva contre lui.

Ivan, alors envahi par la colère qui le caractérisait, le frappa jusqu’à le tuer.

Les experts affirment que seules la furie, l’agressivité et la haine prenant le contrôle d’une personne à un moment donné de sa vie, peuvent la mener à commettre de telles atrocités, et ici, en l’occurrence, à tuer son propre fils.

200 ans plus tard, Pierre le Grand réussit partout où Ivan échoua à cause de sa folie et son emploi récurrent de la force : il modernisa et construisit Saint-Pétersbourg.

Et si tout cela fut possible, c’est uniquement grâce à l’amour… La morale de cette histoire est là !