Contagion émotionnelle : comment transmettons-nous nos émotions aux autres ?

· 16 août 2017

Vous est-il déjà arrivé que, lorsque vous souriez à la personne avec qui vous êtes en train de parler, elle vous sourit également ? Avez-vous remarqué ce qui arrive lorsque quelqu’un de proche de vous est triste et qu’il vous raconte ce qui lui arrive ? Ce qui arrive aux fans de foot lorsque leur équipe marque un but ? Les réponses à ces questions, vous pouvez les trouver dans un phénomène connu sous le nom de contagion émotionnelle. Voyons de quoi il s’agit dans la suite de cet article.

A chaque fois que l’on interagit avec une ou plusieurs personnes, les mécanismes de contagion émotionnelle se mettent en marche. Que ce soit avec notre compagnon/compagne, dans notre groupe d’ami-e-s ou sur notre lieu de travail, nos relations se voient affectées par la manière dont nous nous adressons à l’autre.

Ainsi, et en accord avec Daniel Goleman, chacun-e d’entre nous est en grande mesure responsable de comment iel détermine les sentiments des personnes avec lequelles iel interagit tous les jours, aussi bien au niveau positif que négatif. Mais…quels sont les mécanismes responsables de ce phénomène ?

Les émotions sont contagieuses

La manière dont nous salue le/la chauffeur-se de bus ou notre compagnon/compagne au début d’une nouvelle journée peut nous mener à nous sentir ignoré-e-s, aigri-e-s ou au contraire, valorisé-e-s. Les émotions, bien qu’invisibles, se propagent comme si elles étaient un virus, et elles le font au travers d’un échange souterrain dans chacune de nos relations, les percevant comme négatives ou nutritives.


La contagion émotionnelle, c’est comme un processus imperceptible et subtil qui arrive constamment où sont émis des signaux émotionnels affectant les personnes de notre entourage.


La transmission d’émotions est un processus primitif et inconscient qui agit comme une synchronie et qui fait partie de notre survie. Au travers de divers mécanismes, les gens se lancent dans une danse émotionnelle pour entrer en syntonie via la mimique de l’expression faciale. Tout commence par un sourire, une expression de haine ou quelques larmes. Il suffit de voir quelqu’un exprimer une émotion pour que s’évoque en nous ce même état.

Même si génétiquement, nous sommes tou-te-s préparé-e-s à participer à cette contagion, il y a des personnes qui ont une plus grande capacité à transmettre des émotions ou à être touchées par celles des autres. Les personnes hypersensibles, par exemple, sont comme des éponges émotionnelles capables d’absorber la moindre once émotionnelle qui se produit autour d’elles. Au contraire, il y a aussi des personnes incapables de ressentir des émotions, telles que les psychopathes. Mais, qui sont les responsables du fait que cette contagion émotionnelle se produise ?

Le rôle des neurones miroir dans la contagion émotionnelle

Dans notre cerveau, il existe un groupe de neurones qui selon Daniel Goleman fonctionnent comme une sorte de « wifi neuronal » pour se connecter à d’autres cerveaux et qui reflètent en nous ce que l’on observe chez les autres. Ce sont les neurones miroir. Ils sont responsables, par exemple, du fait que l’on soit ému-e-s lorsque l’on voit un film, ou du sursaut que l’on ressent lorsque l’on voit une personne se prendre un coup.

Quand les neurones miroir s’activent, ils mettent en fonctionnement les mêmes circuits cérébraux que ceux qui sont activés chez la personne que l’on observe, de manière à ce qu’on puisse ressentir une émotion comme étant la nôtre. Ainsi, grâce à ces neurones miroir ainsi qu’à d’autres zones de notre cerveau telles que le cortex insulaire, on peut expliquer le phénomène de la contagion émotionnelle.

Mais, quelle est la personne qui marque le ton émotionnel dans un groupe ? Selon différentes études menées à ce sujet, c’est le/la membre le/la plus expressif-ve émotionnellement, s’il s’agit d’un groupe de pairs. Or, lorsqu’il s’agit d’un contexte comme le travail ou une classe, où il y a des différences de pouvoir, ce sera la personne la plus puissante qui marquera l’état émotionnel du reste.


La contagion émotionnelle se produit toujours quand il y a interaction. Son fil conducteur, c’est l’empathie.


Empathie VS contagion émotionnelle

Nombreux-ses sont celleux qui assimilent le phénomène de contagion émotionnelle à l’empathie. Pourtant, même si les deux partagent bien sûr quelques points communs et si parfois l’une se sert de l’autre, il s’agit bien de deux choses différentes.

Faire preuve d’empathie, c’est se mettre à la place de l’autre, tenir compte de son point de vue sur la vie et de ses sentiments. Tout un art que tout le monde n’est pas capable de maîtriser et de mettre à profit dans ses relations avec les autres, mais qui servira beaucoup à celleux qui sauront l’utiliser. Or, le fait de se mettre à la place de l’autre n’implique pas de se défaire de ses propres sentiments et émotions. Il s’agit simplement de tenir compte du fait d’essayer de comprendre l’autre.

D’un autre côté, la contagion émotionnelle correspond au fait de s’approprier les émotions des autres, et de ne pas savoir comment s’en débarrasser, souffrant ainsi des conséquences.

Pour comprendre la différence, on peut se dire que l’empathie, c’est comme se submerger dans l’eau et que la contagion émotionnelle, c’est comme boire un verre d’eau. Dans le premier cas, on le fait pour connaître et comprendre le comportement de ce fluide et dans le second cas, pour qu’il fasse partie de nous.

Or, cette différence n’implique pas que parfois on n’ait besoin ni de l’une ni de l’autre ni que pour arriver à faire preuve d’empathie soient nécessaires de petites doses de contagion émotionnelle, sans pour autant en arriver à tomber dans la séquestration émotionnelle. Cela ne veut ps dire que la contagion émotionnelle soit mauvaise ; ce qui est certain, c’est que l’on garde notre autonomie, mais si les émotions qui sont propagées sont positives, bienvenue ! Qui donc n’apprécie pas ce rire bête que nous sommes incapables d’arrêter car on a vu d’autres faire et que leur rire a été contagieux ?