Connaissez-vous le trouble de la personnalité schizoïde ?

19 août 2017 dans Psychologie 177 Partagés

Le trouble de la personnalité schizoïde renvoie à un modèle général de distanciation des relations sociales, et à une gamme restreinte d’expression des émotions dans les situations relationnelles. Ce modèle commence à l’âge adulte et apparaît dans une variété de contextes.

Les personnes atteintes du trouble de la personnalité schizoïde manquent de désir d’intimité. Elles se montrent indifférentes aux opportunités de développer des relations proches et ne ressentent pas une grande satisfaction à faire partie d’une famille ou d’un groupe social.

Elles préfèrent passer du temps seules au lieu d’être avec d’autres. Elles sont souvent socialement isolées ou sont « solitaires ». Elles choisissent presque toujours des activités ou des loisirs individuels qui n’impliquent pas l’interaction avec les autres.

Ces personnes préfèrent des tâches mécaniques ou abstraites, comme les ordinateurs ou les jeux mathématiques. Elles peuvent avoir très peu d’intérêt vis à vis des expériences sexuelles avec d’autres personnes et n’ont presque pas ou aucune activité sexuelle. Elles ont souvent une expérience réduite du plaisir sensoriel, corporel ou interpersonnel dans les activités, comme marcher sur une plage au coucher du soleil ou faire l’amour.

Ces individus n’ont pas d’amis proches ou de confidents, à l’exception, souvent, d’un très proche. Ils sont généralement indifférents face à l’approbation ou à la critique des autres. Ils peuvent être étrangers aux subtilités normales de l’interaction sociale. De plus, ils ne répondent pas souvent aux signes sociaux, et ressemblent à des handicapés sociaux ou superficiels et repliés sur eux-mêmes.

Les personnes atteintes du trouble de la personnalité schizoïde ont rarement des rendez-vous et ne se marient souvent jamais.

En général, ils présentent un extérieur insipide, sans réactivité émotionnelle visible. Ils correspondent rarement avec des gestes ou des expressions faciales, comme les sourires ou les assentiments. Ils affirment qu’ils vivent rarement des émotions fortes comme la colère et la joie.

Ils ont souvent une constriction affective et semblent froids et distants. Cependant, dans des circonstances très exceptionnelles dans lesquelles ils se sentent à l’aise et sincères, ils peuvent reconnaître qu’ils ont des sentiments douloureux, surtout en lien avec les interactions sociales.

Comment diagnostique-t-on le trouble de la personnalité schizoïde ?

Le Manuel Diagnostic et Statistique des troubles mentaux (DSM-V) expose les critères suivants à propos de ce trouble :

A. Modèle dominant de détachement des relations sociales et peu de variété d’expression des émotions dans les contextes relationnels, qui commencent lors des premières étapes de l’âge adulte et qui sont présents dans divers contextes. Il se manifeste par quatre de ces faits (ou plus) :

  • La personne n’a pas envie et n’aime pas les relations intimes, dont le fait de faire partie d’une famille.
  • Elle choisit quasiment toujours des activités solitaires.
  • Elle fait preuve de peu ou d’aucun intérêt pour les relations sexuelles.
  • Elle fait peu ou pas du tout d’activités.
  • Elle n’a pas d’ami-e-s intimes, ni de confident-e-s à part des très proches.
  • Elle se montre indifférente vis à vis des éloges ou des critiques des autres.
  • Elle se montre émotionnellement froide, avec un détachement ou avec une affectivité plate.

B. Ce trouble n’a pas exclusivement lieu dans un contexte de schizophrénie, de trouble bipolaire ou de trouble dépressif aux caractéristiques psychotiques, autre trouble psychotique ou trouble de l’autisme. On ne peut pas l’attribuer aux effets physiologiques d’une autre affection médicale.

Quand l’émotion est « défaillante »

Les personnes atteintes du trouble de la personnalité schizoïde peuvent avoir des difficultés toutes particulières à exprimer leur colère, même en réponse à la provocation directe. Cela contribue à l’impression qu’il leur manque des émotions ou « du sang dans les veines. »

Parfois, il semble que leurs vies manquent de sens et même qu’elles partent à la dérive concernant leurs objectifs. Ces individus réagissent souvent de manière passive face aux circonstances adverses et ont des problèmes pour répondre correctement aux événements importants de la vie. De plus :

  • Ils n’ont pas d’ami-e-s, ni de sexe, ni de mariage : à cause de leur manque de compétences sociales et de leur manque de désir de sexualité, ils n’ont pas d’ami-e-s. Ils n’ont jamais de rendez-vous et ne se marient pas souvent.
  • Ils sont plus rentables dans le monde professionnel quand ils sont en condition d’isolement social : le fonctionnement du travail peut se voir affecté, surtout si la participation relationnelle est requise. Cependant, les individus avec ce trouble peuvent être rentables quand ils travaillent dans des conditions d’isolement social.
  • Parfois, ils perdent le contact avec la réalité : surtout, en réponse au stress, ils peuvent vivre des épisodes traumatiques brefs (de quelques minutes à quelques heures). Dans certains cas, le trouble schizoïde de la personnalité peut apparaître en tant qu’antécédent préalable au trouble délirant ou schizophrène.

Les personnes atteintes de ce trouble peuvent parfois développer un trouble dépressif majeur. Ce trouble coïncide le plus souvent avec un trouble de la personnalité schizotypique, paranoïde et évitant.

Les personnes au trouble de la personnalité schizoïde ressentent rarement des émotions fortes comme la colère ou la joie.

Schizoïde vs schizotypique

Pour conclure, nous allons faire la différence entre schizoïde et schizotypique. Le premier trouble n’entraîne pas de déformations cognitives et perceptives, contrairement au second.

Ainsi, dans le trouble de la personnalité schizotypique, en plus des déficiences relationnelles et sociales, il y a un comportement excentrique et « bizarre ». Les personnes schizotypiques ont des croyances étranges et des pensées magiques qui influent sur leur comportement et ne concordent pas avec les normes culturelles et sociales établies. Elles ont aussi des expériences perceptives inhabituelles, comme des illusions physiques ou des délires paranoïdes.

Bibliographie :

  • Grossman, Seth & Millon, Carrie & Meagher, Sarah & Ramnath, Rowena. Personality Disorders in Modern Life.
  • American Psychiatry Association. DSM-5 – Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, 2015

Lisez aussi : Le trouble de la personnalité dépendante : qu’est-ce et qui affecte-t-il ?

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