Connaissez-vous la théorie de la vitre brisée ?

11 mai 2017 dans Psychologie 455 Partagés

Imaginez que vous êtes dans la rue en train de manger des mandarines et quand vous les a terminez, vous vous retrouvez avec plein d’épluchures dans vos mains, que vous voulez jeter. Vous vous rendez compte que la poubelle est loin et à la seconde suivante, vous regardez le sol. Si vous voyez que sur le sol, il y a déjà des déchets, la probabilité que vous y jetiez les épluchures augmentera. Mais si vous voyez qu’il n’y a pas un seul déchet sur le sol, vous y penserez à deux fois avant d’y jeter les épluchures. Cela s’explique par la théorie de la vitre brisée.

La théorie de la vitre brisée, aussi connue sous le nom de fenêtre brisée ou de carreau cassé, est celle qui prédit que les imperfections de l’environnement vont générer la sensation que la loi n’existe pas. Et dans une situation où il n’y a pas de normes, il est très probable que des comportements de vandalisme apparaissent.

L’expérience des fenêtres brisées

Le professeur Phillip Zimbardo, connu pour avoir réalisé l’expérience de la prison de Stanford, qui a donné lieu à des livres et des films, a réalisé cette célèbre expérience moins connue. Dans cette expérience, il a laissé deux voitures abandonnées, l’une dans un quartier situé dans une zone pauvre et conflictuelle et l’autre dans une zone riche et tranquille.

Le résultat n’est pas très difficile à vérifier. La voiture qui se trouvait dans la zone pauvre, souffrait de considérables imperfections au bout de quelque heures, alors qu’elle est restée intacte dans la zone riche. Avec ce résultat, il est facile de tirer la conclusion suivante : la pauvreté et la marginalisation sont « coupables » du délit.

Cependant, l’étude n’était pas encore terminée. Au bout d’une semaine, la voiture située dans le quartier pauvre était à l’état de déchet alors que la voiture située dans le quartier riche n’avait toujours pas de marques de vandalisme. Les chercheur-se-s ont décidé de changer quelque chose dans la situation et ont cassé une vitre de la voiture qui se trouvait en parfaites conditions. Que pensez-vous qu’il s’est passé ? Le vol, la violence et le vandalisme ont réduit la voiture au même état que celle qui se trouvait dans le quartier pauvre.

La conclusion finale est que la cause n’est pas la pauvreté, mais le fait que la vitre brisée sur une voiture abandonnée transmet une idée de détérioration, de désintérêt et d’insouciance qui va créer un sentiment d’absence de loi, de normes et de règles. La vitre brisée crée la sensation que tout est possible. Dans cette situation, chaque attaque dont la voiture souffre réaffirme et multiplie l’idée que le vandalisme devient irrésistible.

Les vitres brisées dans la ville

Le métro de New-York, dans les années 80, était le lieu le plus dangereux de la ville. Utilisant la théorie de la vitre brisée comme référence, on a commencé à réparer les imperfections qui se trouvaient dans les stations du métro. La saleté a disparu, les graffitis également, les contrôles de ticket ont été possibles et les petits vols contrôlés. Le résultat est que le métro est devenu un lieu sûr.

Au vu des résultats dans le métro, à New-York également, on a impulsé une politique de « tolérance zéro ». Pour cela, on a interdit toutes les transgressions de la loi et des normes de vivre ensemble, et on a organisé le nettoyage et l’ordre dans les communautés. À nouveau, le résultat a été une grande réduction de l’indice de criminalité dans la ville de New-York.

L’évidence des vitres brisées

La confusion que génèrent les normes qui ne sont pas claires supposent que les vitres se brisent petit à petit, provoquant la même situation que celle de la voiture. Cela peut arriver dans les organisations quand la flexibilité apportée se transforme en laxité. Si lorsqu’on casse la vitre d’une fenêtre dans un bâtiment et que personne ne la répare, les autres vitres suivront le même chemin. Si une communauté a des signes de détérioration et que personne ne s’en occupe, le résultat sera sans doute la délinquance.

Les petites erreurs peuvent déboucher sur de grandes transgressions qui mènent au chaos. Cela n’arrive pas uniquement avec la détérioration des éléments matériels. Voici un exemple clair : la corruption. Si de petites transgressions sont consenties, de plus en plus de gens vont avoir les mêmes pratiques, et qui vont s’aggraver. Établir des normes claires, en nommant les exceptions, peut être une solution, à partir du moment où l’on n’arrive pas trop tard.

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