Chaque comparaison a un côté hostile

· 7 septembre 2017

Si en vérité vous souhaitez être joyeux-se, ne tombez pas dans la tentation de comparer l’instant présent avec des moments du passé, qui à leur tour n’ont pas été valorisés car vous les avez comparés avec des moments qui allaient arriver. En ce sens, la comparaison est l’art de se gâcher la vie. Il n’y a pas plus flou que de comparer des moments passés avec des moments actuels.

La phrase « n’importe quel moment du temps passé fut meilleur » résume en elle-même les risques auxquels la comparaison nous expose. Selon le neurologue et psychiatre Alan R-Hirsh, nous nous souvenons du passé comme d’une combinaison de nombreux instants différents, d’un processus dans lequel les émotions négatives sont atténuées. Au moment de se rappeler, nous conservons surtout les émotions positives, en idéalisant ainsi les moments passés qui sortiront toujours gagnants, précisément pour le parti pris que nous venons de décrire, dans la comparaison avec l’instant présent.

Pour évoluer nous devons écrire une histoire avec nos souvenirs, notre histoire, mais nous ne devons pas admettre que notre attention reste coincée dans celle-ci. Ce qui nous est arrivé hier a pu être grandiose, mais cela ne signifie rien si nous ne poursuivons pas avec notre présent. Nos actions ne peuvent être une tentative de récupération de l’irrécupérable, mais doivent être axées sur la création de nouveaux moments.

« Dans un monde dans lequel la comparaison est une coutume, en nous classant de plus ou moins intelligent, plus ou moins beaux, ayant plus ou moins de réussite, il n’est pas facile de croire en un amour qui ne fasse pas de même. »

Pourquoi nous comparons-nous ?

Selon la théorie de la comparaison sociale de Festinger, des caractéristiques déterminées de la situation, comme son ambiguïté, seraient très pertinentes au moment de nous motiver à faire des comparaisons. Il arriva à cette conclusion à travers l’observation d’un principe qui régule toutes les comparaisons sociales : la conformité.

femme souffrant de comparaison hostile

Cette théorie explique comment nous évaluons nos propres opinions et capacités en utilisant l’information que nous obtenons de la comparaison par rapport aux autres grâce à cette même comparaison. La comparaison répondrait ainsi à la nécessité des personnes d’obtenir leurs propres évaluations.

En ce sens, lorsque nous sommes dans une situation dans laquelle nous interagissons avec d’autres personnes, nous pouvons préserver ou affirmer notre autonomie et notre identité en nous différenciant des autres. Lorsque quelqu’un sent que son identité est menacée, l’une des réponses probables est de se différencier pour sortir de l’échelle de comparaison.

Nous nous comparons car nous nécessitons de savoir quelle place nous occupons dans le monde ou dans un groupe. Par exemple imaginons deux frères, l’un est très studieux et l’autre non. Le second, pour sauvegarder son identité et en sachant qu’il ne pourra pas se faire remarquer pour le point sur lequel son frère se démarque, investira probablement ses efforts sur un autre domaine, comme celui du sport. De cette manière il équilibre une possible comparaison avec son frère : l’un n’est pas meilleur que l’autre, ils sont différents.

« Nous n’avons pas à comparer nos réussites avec celles des autres. Nous devons seulement nous poser une question : Ai-je donné le meilleur de moi ? »

Lorsque la comparaison cherche seulement à nous faire du mal

Selon nos caractéristiques personnelles, nous nous comparons aux autres à la hausse ou à la baisse. Lorsque nous nous comparons aux autres à la hausse, nous analysons des comparaisons pour lesquelles nous sortirons probablement défavorisé-e-s. Au contraire, dans la comparaison à la baisse, nous évaluons les caractéristiques pour lesquelles nous sortirons bénéficiaires.

La comparaison avec d’autres personnes considérées comme supérieures à soi-même provoque plus de mal-être que la quantité de bien-être provoquée par la comparaison avec des personnes considérées comme inférieures. Cette découverte pourrait être due au fait que nous percevons les comparaisons à la hausse comme une menace.

fillette souffrant de comparaison hostile

La communication et le marketing utilisent dans les publicités des comparaisons à la hausse, ce qui a pour habitude de générer de l’insatisfaction chez la population générale, insatisfaction qui nous rend plus vulnérables aux effets préjudiciables de l’exposition aux images projetées par les moyens de communication. Les personnes les plus insatisfaites par elles-mêmes ont un risque plus grand d’être affectées par ce type de publicité qui nous montre des modèles retouchés par des logiciels informatiques.

« L’être humain a la capacité unique de comparer. C’est une grande habileté mentale, mais rappelons-nous qu’elle peut également être accompagnée d’une grande insatisfaction vitale. »