Comment se défendre des vampires émotionnels

· 28 novembre 2018
Les vampires émotionnels font de nombreuses victimes, qui d'ailleurs ne sont parfois même pas conscientes d'en être.

Les vampires émotionnels sont des trous noirs qui aspirent tout. Ils nous drainent avec leurs demandes. Nous fatiguent avec leurs comportements et leur non-conscience de l’offense, de la manipulation ou des dommages personnels. Il y a des parents vampires. Des conjoints vampires. Des amis et même des enfants vampires auxquels nous concédons le pouvoir d’abuser et de spolier notre autorité et notre dignité.

Mark Twain disait avec une touche d’ironie que le principe de donner et de prendre exige d’être suffisamment habile pour offrir une chose et en recevoir dix en échange. Une chose que nous explique un expert, Adam Grant, professeur à l’Université de Pennsylvanie et auteur du livre « Give and Take » est que les vampires n’existeraient pas sans les victimes. En d’autres termes, nous tombons parfois nous-mêmes dans la spirale de cet échange non réciproque. Nous sommes ceux qui permettons à la balance de toujours pencher du même côté.

« Les vampires ont une marque distinctive: ils aiment obtenir plus que ce qu’ils ne donnent. Ils inclinent la réciprocité en leur faveur, en faisant passer leurs propres intérêts avant les besoins des autres ».

Il ne s’agit pas de chercher des coupables mais de prendre conscience que, dans toute type d’interaction, il y a un échange. Les personnes offrent leur temps, donnent des idées, de la motivation, des conseils, s’appuient sur les autres et les autres s’appuient sur elles. Certaines ont cette capacité inhérente d’offrir de la lumière. De fournir ce substrat qui nourrit continuellement. Qui motive et donne de la force au reste des gens. Elles le font sans s’en rendre compte. Parce que les victimes innées comprennent la vie de cette façon.

Cependant, à côté d’une victime, il y aura toujours un vampire. Quelqu’un qui prendra de plus en plus de pouvoir en se voyant servi. Quelqu’un qui a toujours un « radar » pour identifier plus de victimes. Et s’en nourrir sans la moindre gêne.

vampires émotionnels

Les vampires émotionnels : naissent-ils ainsi ou se construisent-ils petit à petit ?

Il faut malheureusement avouer qu’il n’existe pas d’études concluantes sur le sujet. Le pédiatre et chercheur William Sears, connu pour ses travaux sur l’attachement parental, a introduit dans les années 90 le terme de « bébés aux besoins intenses ». Selon cet expert, certains bébés viennent au monde avec des besoins émotionnels plus intenses. Ce sont des petits qui ont du mal à trouver le sommeil. Leur éducation est normalement plus complexe et exigeante.

Ceci pourrait expliquer pourquoi certaines personnes ont plus tendance à recevoir qu’à offrir et demandent plus d’attention au lieu d’en donner. Cependant, beaucoup d’experts en la matière invoquent une autre idée. Et s’appuient sur un point de vue intéressant et révélateur. Les vampires émotionnels sont des personnalités narcissiques. Qui plus est, en 1979, les professeurs Robert Raskin et Calvin S. Hall ont développé une échelle pour identifier la personnalité narcissique. Ce patron toxique et épuisant se retrouvait chez ces personnes.

Les vampires émotionnels représentent une facette supplémentaire du narcissisme. Ils font preuve d’un sentiment de supériorité qui les pousse à être le centre de l’attention. À prendre le contrôle de chaque conversation. À avoir l’exclusivité de chaque initiative, l’autorité sur chaque projet, l’attention dans n’importe quelle circonstance et le pardon en cas d’offense. Ce sont ces trous noirs qui aspirent tout et dépouillent les autres de leur énergie, de leurs droits et de leur estime personnelle.

victime de vampires émotionnels

 

La majorité d’entre nous sommes victimes dans nos relations d’amitié et de couple. Puisque nous le sommes, nous pensons que les autres le sont aussi. Nous avons donc du mal à reconnaître les vampires émotionnels. Eux ont un radar pour reconnaître les victimes ; nous, au contraire, n’avons pas de détecteur.

Comment se défendre face aux vampires émotionnels ?

Nous le signalions au début. Les victimes émotionnelles sont très habiles pour reconnaître les autres victimes. En revanche, ceux qui sont habitués à tout donner sans attendre la moindre chose en retour, ceux qui considèrent les relations comme des échanges sincères et réciproques d’affection et d’attention, ne sont pas du tout habiles pour détecter les vampires narcissiques.

Voyons donc ce que nous devons faire pour nous défendre face à ces personnalités.

Ecoutez votre corps

Les vampires émotionnels génèrent du mal-être. Au début, nous ne serons peut-être pas conscients de leur attitude, de leurs stratagèmes et de leurs intentions. Cependant, nous percevrons bien la contradiction au fond de nous, la sensation d’épuisement physique, la fatigue quand nous passons du temps avec cette personne…

N’idéalisez rien et ne cherchez pas de justifications

Quand quelqu’un fait quelque chose qui nous gêne, nous provoque du mal-être ou nous fait sentir des émotions contradictoires, nous cherchons à justifier ce comportement. Nous nous disons que c’est peut-être à cause du stress, qu’il l’a fait sans le penser et qu’il finira par s’en rendre compte et nous demander pardon. Nous idéalisons cette personne parce qu’il s’agit de notre conjoint. De notre ami. Ou de notre frère/soeur. Nous l’idéalisons parce que nous aimons, finalement, ce vampire.

Nous devons être capables de désactiver les filtres que nous plaçons devant la réalité pour voir les autres tels qu’ils sont.  

 

Souvenez-vous de ce que vous méritez et faites-le savoir : soyez assertif

La meilleure stratégie pour nous défendre face aux vampires émotionnels serait sans doute de prendre de la distance. Cependant, ce n’est pas toujours possible. Et ce n’est pas la solution la plus intelligente. Le vampire narcissique doit être conscient de l’effet de ses actes. Pour cela, nous devons lui montrer nos limites et les conséquences de ses actes.

  • Quiconque cherche à s’imposer face à n’importe quelle circonstance et à n’importe quel moment cessera tôt ou tard d’être une priorité.
  • Quiconque pense qu’il mérite plus que les autres ne recevra, tôt ou tard, que de l’indifférence.

Nous devons pratiquer la tolérance « zéro » avec ceux qui se sont habitués à boycotter nos limites. Pour cela, et en utilisant l’assertivité, nous devons leur montrer ce que nous ne tolérons pas, ce dont nous avons besoin, ce que nous sommes disposés à donner et ce que nous espérons recevoir en échange.

Pour conclure, il faut signaler que la meilleure chose à faire consiste à être attentif et à reconnaître à temps les personnes qui sont prêtes à nous fatiguer. A nous priver de bonheur. Comme le disait Shakespeare, une once de prévention vaut mieux qu’une livre de guérison.