Comment fonctionne l'esprit d'un coureur de fond ?

Le mental est une épée à double tranchant. Il peut vous couler ou vous pouvez utiliser son énorme potentiel pour surmonter n'importe quelle adversité. Voulez-vous savoir comment?
Comment fonctionne l'esprit d'un coureur de fond ?
Bernardo Peña Herrera

Rédigé et vérifié par Psychologue Bernardo Peña Herrera.

Dernière mise à jour : 27 décembre, 2022

Quand j’étais petit et que ma pratique sportive était exclusivement axée sur le basket amateur, j’ai entendu à la télévision une idée qui est restée à jamais gravée dans ma mémoire : « L’esprit doit s’abstraire pour continuer à avancer ».

Cela m’a semblé quelque chose de très abstrait, de très complexe à comprendre parce qu’à ce moment-là, je n’avais pas encore pu le vivre ni le réaliser. En effet, cela semblait complexe mais, au fil du temps, j’ai réalisé que ce n’était pas le cas. Nous devons garder à l’esprit que ceux qui ont dit cela n’étaient ni plus ni moins qu’Abel Antón et David Meca. Oui, des athlètes de haut niveau espagnols.

Dans l’esprit d’un coureur de fond

Je vais essayer de résumer comment un athlète qui parcourt de longues distances doit agir mentalement pour améliorer ses performances et éviter les problèmes causés par le manque de mentalisation. C’est-à-dire une diminution de sa volonté de continuer, de la fatigue, des douleurs, de l’épuisement, etc. Cette mentalisation doit se faire en deux parties : avant la course et pendant celle dernière.

Mentalisation avant la course

Les sports auxquels nous essayons de faire référence nécessitent essentiellement des efforts individuels soutenus sur le long terme. Personne ne peut prétendre préparer un marathon en 15 jours. On ne doit pas non plus dépendre d’un partenaire ou d’un ami pour aller courir. L’effort ne dépend que de vous.

Ces deux facteurs doivent être équilibrés avec une motivation inébranlable. Être clair sur son objectif et connaître les étapes à suivre pour l’atteindre avec succès vous aideront à le faire. Deuxièmement, cette période doit servir à compléter une bonne connaissance de nous-mêmes et de notre corps. Quelles sont nos ressources ? Et nos limites ?

Enfin, il faudra accepter que le chemin ne sera pas facile. Comme on l’a déjà dit, un triathlon ou une course cycliste de 100 kilomètres demande plusieurs mois de préparation. Il faut accepter le fait que l’on va courir sous la pluie, nager dans le froid ou pédaler contre le vent. J’ai pu voir que l’esprit apprécie, dans une certaine mesure, cette souffrance. Surmonter l’adversité et se surpasser.

Mentalité pendant l’effort de la course

Le grand jour est arrivé et nous sommes prêts à tester notre physique mais surtout notre mental. Respectons l’ordre dicté par les grands : vous sortez de votre lit et votre tête doit se focaliser sur deux aspects : contrôler vos nerfs et observer le défi avec une mentalité positive. Chaque personne est totalement différente face à cet état. Comme nous l’avons déjà dit : la connaissance de soi est la clé.

L’immense nervosité et l’impatience seront remplacées, sur la ligne de départ, par une révision de la stratégie mise en place et une concentration totale sur celle-ci. Et, enfin, on atteint le pic maximum d’anxiété, l’épreuve touche à sa fin. En temps normal, ces 10 kilomètres ne signifient rien pour vous mais, aujourd’hui, ils représentent tout.

Dans mon cas, l’abstraction est la clé qui ouvre cette porte. Notre esprit est capable de bloquer le reste du corps dans des conditions extrêmes comme celles que nous vivons. Jusque-là, les cris d’encouragement et les harangues de nos compagnons servaient. Maintenant, il faut oublier tout ça. Détournez l’attention, revoyez tout ce que vous avez fait la veille, les paroles de la chanson qui passe dans vos écouteurs ou la recette de votre dessert préféré. Faites en sorte que votre esprit bloque la sensation de douleur dans vos muscles, ceux qui vous incitent à abandonner.

Pour conclure, l’esprit est extrêmement complexe mais nous pouvons l’utiliser à notre avantage. J’ai entendu David Meca dire qu’il était difficile d’établir un point limite pour l’effort de notre corps. Parce que notre pouvoir sur nos pensées est capable de le faire varier.

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  • Cox, R. H., & COX, R. (2008). Psicología del deporte: conceptos y sus aplicaciones. Ed. Médica Panamericana.
  • Dosil, J. (2004). Motivación: motor del deporte. Psicología de la actividad física y el deporte, 127-153.
  • Dosil, J. (2004). Psicología de la actividad física y del deporte. Madrid: McGraw-Hill.

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