Ce que nous avons appris d’un « homme d’exception »

· 5 août 2015

John Nash, ce génie de la vie et des mathématiques qui a inspiré le fantastique film “un homme d’exception”, est décédé.

Basé sur la nouvelle homonyme de Sylvia Nasar, le long-métrage produit en 2001 a été un véritable succès et a obtenu 4 Oscar et de nombreux fans.

Mené par Russell Crowe qui tient le rôle principal, le film nous offre de manière simple un grand message qui nous invite à chercher la manière de passer outre nos limites, quelles qu’elles soient.

A ceux qui ne connaissent pas l’histoire de John Nash

John Nash avait 30 ans lorsqu’on lui a diagnostiqué un schyzophrénie paranoïaque. A l’ambition saine de son esprit hors du commun, s’est imposé le choc d’une terrible maladie qui le désolait.

C’était un esprit brillant, hors norme et prometteur. Rien n’a pu l’arrêter et l’empêcher de poursuivre ses rêves. Après des années de durs traitements qui tentaient de l’aider à passer outre la maladie mentale, John Nash à réussi à controler ses symptômes

 


 Il a appris à vivre avec des voix avec des hallucinations. Il entendait des voix, il voyait des choses, mais il a su s’en accomoder.


 

Son travail intérieur a été immense et ce jusqu’à la fin de ses jours. En toute logique, le fait de vivre sans pouvoir discerner ce qui est réel de ce qui ne l’est pas est très compliqué, mais l’esprit brillant de Nash y est parvenu.

Nash a gagné le Nobel d’Economie en 1994 pour sa théorie des jeux, encore valide aujourd’hui et utile dans le secteur de la stratégie.

John a combattu la schizophrénie durant toute sa vie, et il a réussi à mener une vie complètement différente à celle que la maladie lui réservait.

Sa mort, comme sa vie, n’a pas été celle que l’on esperait. Le 23 mai 2015, Nash est décédé avec son épouse, victimes d’un accident de la route.

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Un exemple de dépassement et d’espoir

Nous devons beaucoup à cet homme, pas seulement pour sa contribution à la science mais également pour nous raconter son histoire et nous montrer qu’en travaillant à l’intérieur de nous mêmes, tous les esprits peuvent être merveilleux.

John s’est attaché à son intelligence et a su vivre avec les voix qui occupaient son esprit, bien qu’elles le rendaient fou. Sa lutte n’a pas été facile. Cependant, il a compris que le chemin de sa vie se trouvait dans l’acceptation et il nous l’a montré.

C’est ainsi qu’il s’est inspiré. Il a réussi à créer un monde stable dans un milieu en changement perpétuel. Et ce qui était au début un combat, a finit par être un foyer où il a pu se développer.

Malgré ses limitations, Nash a réussi à obtenir une place comme professeur du MIT, pendant qu’il récupérait le génie que son problème mental avait entamé.

John Forbes Nash a appris à vivre avec la schizophrénie pendant toute sa vie, en appliquant une règle selon laquelle “ tout problème a une solution”.

Une règle qui , même si elle n’est pas valide pour tous les malades mentaux, peut-être appliquée dans notre vie.

 



Sans aucun doute, John nous a offert la clé pour profiter de la vie : accepter, se laisser porter et agir.


 

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La schyzophrénie se soigne-t-elle?


Parfois, ce dont une personne à besoin, ce n’est pas qu’un esprit brillant lui parle mais qu’une personne patiente l’écoute.


 

Le journaliste d’investigation Robert Whitaker nous raconte que pendant longtemps, la Laponie Occidentale ( Finlande ) avait les taux les plus élevées de schizophrénie parmi sa population.

Parmi les 70000 personnes qui y vivaient dans les années 70 jusqu’au début des années 80, environ 25 cas étaient diagnostiqués chaque année, soit le double ou le triple que dans le reste de la Finlande et de l’Europe.

Mais en 1969, Yrjö Alanen est arrivé à l’hopital psychiatrique de Turku ( Finlande ). A cette époque, peu de psychiatres croyaient en la possibilité de la psychotérapie comme traitement de la psychose.

 


Cependant, Alanen pensait que les hallucinations et les délires paranoïaques des patients schizophrènes, lorsqu’on les analysait minutieusement, montraient des histoires pleines de sens.


 

C’est ainsi qu’ils ont commencé le long travail d’écoute des patients et de leurs familles.

Ils ont créé une nouvelle modalité de traitement qui s’appelle «  thérapie adaptée aux besoins des patients ». Cependant, ils n’ont pas oublié que chaque personne est un monde en soi, et ils ont donc développé en parallèle, la création et l’adéquation d’un traitement spécifique pour chaque cas.

Certains patients devront être hospitalisés, mais d’autres non. D’autre part, certains d’entre eux bénéficieront de faibles doses de médicaments psychiatriques (anxiolytiques ou antipsychotiques) et d’autres non.

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Comme nous pouvons le voir, chaque cas est travaillé et personnalisé minutieusement, en étant conscients des besoins de chaque personne et de chaque famille.

Evidemment, les décisions relatives au traitement étaient prises de manière conjointe, en valorisant chaque opinion.

Les sessions de thérapie ne se focalisaient pas sur la diminution des symptômes psychotiques, mais sur les succès antérieurs du patient, visant ainsi à renforcer le contrôle sur sa propre vie.

 


 

De cette manière, le patient ne perd pas l’espoir d’être comme les autres, de maintenir une normalité et de voir plus loin au lieu de se renfermer sur lui-même.


 

Au cours des dernières années, la Thérapie Dialogue Ouvert a transformé  « le cadre de la population psychotique »  en Laponie Occidentale.

Le coût des services psychiatriques de la région s’est énormément réduit et à ce jour, il s’agit du secteur avec le moins de dépenses en santé mentale de toute la Finlande.

 


Les 25 nouveaux cas de schyzophrénie par an ont été réduit à 2 ou 3.


 

Il existe d’autres types de traitements pour les personnes schizophrènes ou souffrant d’autres types de psychoses qui leur garantissent une vie différente à celle que nous sommes habitués.

Nous les soumettons à des thérapies pharmaceutiques agressives, à des électrochocs et de la compassion, beaucoup de compassion. N’oublions pas la peine, la peur et le rejet dans nos regards envers eux. Si l’on rajoute cela, nous pouvons mettre la main au feu que ce sera un échec assuré.

 


 

C’est pour cela qu’il est important de se rappeler qu’il y a toujours de meilleures manières d’agir. Mais si notre société se sent malade, nous n’arriverons pas à voir qu’il y a une lumière au bout du tunnel pour tous.