Autorégulation émotionnelle : l'autre montre nos blessures

L'autorégulation des émotions et des impulsions dépend largement de l'interaction entre le cortex préfrontal et les centres émotionnels, en particulier les circuits qui convergent vers l'amygdale. Dans cet article, nous parlons de ce processus fascinant.
Autorégulation émotionnelle : l'autre montre nos blessures

Dernière mise à jour : 16 décembre, 2020

Personne n’est libre s’il ne se maîtrise pas. En ce sens, l’autorégulation émotionnelle est un élément clé pour parvenir à la maîtrise de soi.

Epictète prononçait déjà ces mots il y a 2000 ans. Ce n’est qu’en 1995, que cette phrase a pris tout son sens grâce aux travaux de Daniel Goleman décrits dans son livre l’Intelligence Émotionnelle. En effet, jusque là, les émotions n’avaient pas la place et l’importance qu’elles méritaient dans le domaine de la psychologie.

Les neurosciences contemporaines ont donc mis en évidence le rôle essentiel de l’amygdale cérébrale dans la préparation d’une réaction émotionnelle anxieuse et impulsive. Mais une autre partie du cerveau est chargée d’élaborer une réponse plus adaptée (Goleman, 1996, p. 50-53).

Il est ainsi apparu possible de réguler les réponses émotionnelles par la pratique. Selon Goleman (1996, p. 61), la capacité de former ses émotions peut aider à :

  • Se motiver.
  • Persévérer dans l’effort malgré les possibles frustrations.
  • Contrôler les pulsions. Les émotions ont quatre façons de se manifester : au niveau corporel, cognitif, sentimental et, enfin, sous forme de pulsions.
  • Reporter les récompenses.
  • Réguler ses propres humeurs.
  • Eviter que la détresse n’interfère avec les facultés rationnelles.
  • Faire preuve d’empathie et de confiance envers les autres.

“La colère, le ressentiment et la jalousie ne changent pas le cœur des autres, seulement le vôtre.”

-Shannon L. Alder-

Une femme pensive, les yeux fermés.

Les raisons évolutives et la nécessité d’une formation à l’autorégulation émotionnelle

Offrir une réponse rapide permet de gagner quelques millisecondes critiques face à une situation dangereuse. Cela a certainement dû avoir un intérêt évolutif qui s’est révélé vital pour nos ancêtres. Cette caractéristique s’est gravée dans le cerveau de tous les proto-mammifères, y compris dans celui de l’homme.

Chez les espèces qui n’appartiennent pas à la classe des mammifères, le cerveau est proche du cerveau de base des mammifères. Celui qui permet une réponse émotionnelle très rapide. Mais, bien que rapide, il s’agit souvent aussi d’une réponse très grossière.

En effet, les cellules impliquées ne permettent qu’un traitement rapide et imprécis de l’information. Ces confusions émotionnelles rudimentaires – basées sur les sentiments plutôt que sur la pensée – sont les émotions précognitives (Goleman, 1996).

Cela pose un problème. L’amygdale cérébral se trompe souvent. Elle reçoit en effet des informations en provenance d’un seul neurone de l’œil et de l’oreille sur ce qui est vu et entendu. Cette information se propage à grande vitesse dans de cerveau.

L’amygdale ne reçoit alors qu’une petite fraction des signaux que ces organes complexes captent. La grande majorité de l’information va dans d’autres parties du cerveau qui prennent plus de temps pour analyser l’information, et en faire une lecture plus précise (Goleman, 2015).

L’autorégulation et l’apprentissage socio-émotionnel

Toutes les compétences de l’intelligence émotionnelle se développent grâce à un apprentissage vital. Et ce, dès l’enfance.

Des programmes d’apprentissage socio-émotionnel sont développés pour donner aux enfants les leçons dont ils ont besoin alors même que leur cerveau est en train de se développer. C’est pour cette raison que l’on dit qu’ils sont adaptés au développement (Goleman, 2015).

Le cerveau est le dernier organe du corps à atteindre sa maturité physiologique. Si nous examinons les phases du développement de l’enfant, ses changements annuels dans sa façon de penser, de se comporter et de réagir, nous observons le développement cérébral.

L’activation de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien interfère avec l’efficacité cognitive et l’apprentissage. Si une personne se concentre sur la colère ou toute autre émotion qui présente un degré élevé de stress, elle aura une capacité d’attention moindre. L’autorégulation émotionnelle aide à identifier ces processus et à les adapter au contexte.

D’autre part, si on arrive à contrôler ces revers émotionnels, la mémoire fonctionnelle progresse. Il s’agit de cette capacité à prêter attention et à stocker des informations. L’apprentissage socio-émotionnel enseigne à gérer les sentiments nuisibles, et cela favorise l’apprentissage.

Autorégulation émotionnelle : le rôle du cerveau.

Comment favoriser l’apprentissage émotionnel ?

L’autorégulation émotionnelle aide l’individu à s’adapter aux aléas émotionnels. Si nous y parvenons, de nouvelles connexions se créent et ces circuits deviennent de plus en plus performants. Et ce, jusqu’au jour où nous sommes en capacité de faire ce que nous avons à faire de la manière appropriée sans même avoir à y réfléchir deux fois.

À ce moment-là, les circuits seront tellement connectés et tellement denses que le cerveau les activera automatiquement. Lorsque ce changement se produit, l’habitude corrigée devient alors la norme (Goleman, 2015).

Bien entendu, un adulte peut aussi mettre en oeuvre le même ensemble de compétences dans son environnement de travail pour obtenir de meilleurs résultats. Il n’est ainsi jamais trop tard pour améliorer ses compétences dans le domaine de l’autorégulation émotionnelle.

“Ce n’est pas l’émotion qui cause de la douleur. C’est la résistance ou la suppression d’une émotion qui provoque la douleur.”

-Frederick Dodson.

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