Au-delà de Freud : des écoles et des auteur-e-s de la psychanalyse

· 4 novembre 2017

D’une conception magique-religieuse, jusqu’au canapé de Freud, se sont succedés certains débuts d’écoute active et de préoccupation destinés à une personne ayant des facultés mentales affectées. Les approches se sont succedées, allant du Père Joan Jofré à Valence avec son hôpital pour malades mentaux, jusqu’au traitement de la communauté arabe consistant à écouter le malade non pas comme un fou, mais comme un messager de la parole de Dieu.

Il y a beaucoup de tentatives pour faire de la psychologie, puisque que comme le disait Skinner, en réalité la politique ne nous sauvera pas, seule la connaissance de nous-même peut nous offrir l’opportunité de le faire. Nous avons évolué comme une espèce presque comme un essai et une erreur, sans fournir un grand effort afin de séparer tout ce qui, n’étant pas la vérité, a été pris comme tel dans le processus.

Pour cela, nous allons analyser celle que nous pouvons considérer comme l’une des premières approximations officielles de la psychologie. Souvent attaquée et ignorée, nous lui devons tout de même un intérêt pour analyser certains cas cliniques, elle a semé les graines pour que surgisse cette science passionnante.

Le début de la psychanalyse : Sigmund Freud

La fascination qu’ont provoqué Freud et son œuvre ont des limites aussi larges que floues. Actuellement, nombreux-ses sont celleux qui l’accusent d’avoir été un simple spéculateur, éloigné de la lumière qui émane de la lampe de la méthode scientifique. En revanche, d’autres le considèrent comme un visionnaire qui a su analyser l’être humain et ses problèmes par une perspective révolutionnaire.

Nous devons la première approche sérieuse sur la subjectivité humaine à Freud, quelque chose de révolutionnaire. Qu’est-ce qui nous distingue, pourquoi nous comportons nous d’une manière et non d’une autre. En même temps, la cause et l’aliment de la névrose.

Freud et la psychanalyse

Des explications telles que le complexe d’œdipe, la peur de la castration, l’origine de tous les problèmes psychologiques dus à une libido sexuelle mal fixée sont absolument exclus d’une étude sérieuse et scientifique d’une théorie psychologique et tout cela relève davantage à l’étude de l’origine du trouble dans l’enfance qu’à l’étude d’un adulte en consultation.

Cependant, nous devons remercier Freud pour la description approfondie de certains cas cliniques. Et également pour l’identification de certains phénomènes inconscients, comme la suggestion, la loi de l’attention flottante, la résistance ou le transfert ou contre-transfert qui aujourd’hui sont bien articulés dans le cadre de la thérapie.

Après Freud : Adler, Carl Kung, néofreudiens et tradition analytique du « moi »

Adler fut l’un des premiers à être en désaccord avec Freud, puisqu’il défendait une approche finaliste de la conduite et non pas une approche causaliste. Ce qui est certain est que nombreuses de nos conduites sont réalisées pour le résultat qu’elles impliquent ; ce n’est cependant pas le cas pour de nombreuses autres conduites. Pensez à l’enfant qui se voit ordonner de ranger sa chambre : le résultat est que la chambre est rangée, la cause est le fait que sa mère le lui ait ordonné.

De plus, Adler défend la force du « moi » face à la faiblesse « naturelle » du « moi » freudien. Il parle du style de vie individuel marqué par les relations précoces avec la famille, les valeurs familiales et la constellation familial. Adler se réfère au développement de l’individu non pas comme une réponse à la libido, mais comme un souci de pouvoir afin de surmonter son infériorité organique.

D’autre part, Jung diffère de Freud par son concept d’inconscient : pour Jung, l’individuel va au-delà. Le traitement cherchera une vision plus large dans la manière de comprendre le processus d’individualisation. Il évoque différents archétypes collectifs et des types psychologiques. Sa lecture est recommandable et passionnante.

« La solitude ne fait pas surface pour n’avoir personne à tes côtés, mais pour ne pas pouvoir communiquer les choses qui te paraissent importantes, ou pour maintenir certains points de vue que d’autres considèrent inadmissibles. »

-Carl Jung-

Jung

Jung

D’autre part, nombreux-ses des partisan-e-s de Freud qui se sont identifié-e-s comme une partie de son héritage ont minimisé, en grande ou moyenne mesure, l’importance de la sexualité dans le développement de la névrose. Certain-e-s ont aussi enlevé de l’importance au rôle de l’inconscient ; iels ont insisté sur les domaines culturels et sociaux, les relations interpersonnelles ou ont prêté d’avantage d’attention aux expériences et circonstances qui étaient données à ce moment au/à la patient-e. Certain-e-s de ces néofreudien-ne-s seraint Erich Fromm, Karen Horney y Harry S. Sullivan.

Dans la tradition analytique du « moi », autre courant de la psychanalyse, nous trouvons sa fille Anna Freud, Melanie Klein, Eirk Erikson ou bolwlby. Ce groupe donne une importance spéciale aux fonctions du « moi », en attribuant une grande importance aux relations interpersonnelles, précisément en tant que moteur pour la construction de ce « moi ».

Il faut remarquer des auteur-e-s comme Melanie Klein et son développement de la thérapie du jeu ou la théorie de l’objet transitionnel de Winnicott, autant étudiée et validée par d’autres courants.

De plus, Anna Freud met en relief ce courant psychanalytique par ses fameux mécanismes de défenses : répression, régression, formation réactive, annulation rétroactive, introjection, projection, isolement, retournement contre quelqu’un et transformation en son contraire ou sublimation.

« Les esprits créatifs sont connus pour être capables de survivre à n’importe qu’elle classe de mauvais entraînement. »

-Anna Freud-

Erik Erikson collecta beaucoup de célébrité et de prestige grâce à sa description des états du « moi » et sa théorie est largement acceptée pour son utilité clinique. Dans le contexte établi par Erikson, il existerait 8 étapes de l’être humain et son antithèse : confiance/méfiance, autonomie/honte, incitative/faute, industrie/infériorité, identité/confusion de rôle, intimité/isolement, générativité/stagnation, intégrité du moi/désespérance.

Pour terminer sur ce point, il est important de souligner que John Bowbly a influencé énormément avec sa théorie de l’attachement. L’articulation de sa théorie bénéficie d’une large acceptation en tant que contexte de référence utile pour comprendre la manière dont les enfants entrent en relation avec leurs figures de références. De plus, il explique comment, à partir de ce type de relation si importantes et les dynamiques qu’elles donnent, nous construisons le reste des relations à mesure que nous grandissons.

Bowlby

Bowlby

Autres auteur-e-s et développement psychanalytiques

Il serait impossible de décrire toute la richesse des écoles psychanalytiques qui ont surgi au cours du temps, mais cela vaut tout de même la peine de nommer quelques-unes d’entre elles pour leur poids ou leur influence :

  • La thérapie psychodynamique brève, qui limite la durée de la thérapie. Elle se centre sur une partie principale du problème et adopte une attitude plus directive et active du thérapeute. Les représentants les plus connus sont Sandor Ferenczi et Otto Rank.
  • Alexander et son expérience émotionnelle corrective, un facteur reconnu de réussite thérapeutique dans l’actualité.
  • Ackerman et son étude des relations familiales et troubles névrotiques et psychotiques.
  • Jacob Moreno avec la création du psychodrame.
  • Lacan avec son retour sur les postulats de Freud en incorporant les apports de Saussure et Levis-Strauss.

Nous pourrons accepter ou non les pensées de Freud. Ce qui est inégalables est que ses pensées ont permis une révolution dans la manière de comprendre nos actes et les motivations qui les fondent. Il a aussi marqué, en ouvrant le chemin vers une idée que nous avons aujourd’hui à l’esprit : dans notre passé lointain des souvenirs se sont formés, conscients et inconscients, qui conditionnent notre comportement actuel.