Anne Frank, biographie d'une jeune fille résistante

08 juin, 2020
Anne Frank a fait de son journal un véhicule de réflexion et de réaffirmation, au milieu de conditions extrêmement précaires. Son oeuvre a été traduite en 70 langues et s'est vendue à 35 millions d'exemplaires. Nelson Mandela a affirmé que ce journal lui avait donné des forces pendant sa captivité.

Anne Frank a toujours rêvé de devenir journaliste, puis grande romancière. Lorsqu’elle a commencé à écrire son journal, elle y a vu un projet d’avenir, qu’elle concrétiserait sûrement après la guerre, lorsque tout serait rentré dans l’ordre. Les choses ne se sont pas passées comme elle l’avait imaginé, mais elle a finalement obtenu ce qu’elle désirait.

On considère le Journal d’Anne Frank comme l’un des témoignages les plus émouvants de tous les temps. Ce qui le rend si spécial, c’est la franchise avec laquelle il a été écrit et l’innocence avec laquelle il décrit l’horreur de la guerre. Il est aujourd’hui l’un des livres les plus lus au monde et est inscrit au Registre de la Mémoire du monde de l’UNESCO.

Anne Frank et sa famille ont dû se cacher dans un petit grenier, pour échapper à la haine nazie. La captivité a duré un peu plus de deux ans, et pendant cette période, Anne a écrit son journal. C’est un charmant récit de la vie d’une jeune fille en pleine croissance entourée d’une réalité terrifiante.

“Tant que tu pourras contempler le ciel sans crainte, tu sauras que tu es pur intérieurement et que malgré les ennuis tu retrouveras le bonheur.”

-Anne Frank-

La courte vie d’Anne Frank

Anne Frank et le nazisme

Anne Frank est née le 12 juin 1929 à Francfort-sur-le-Main, en Allemagne. Son père, Otto Frank, avait servi dans l’armée allemande pendant la Première Guerre mondiale et avait reçu le grade de lieutenant, ainsi qu’une décoration pour bravoure : la Croix de fer. Il devient ensuite banquier et en 1925, il épouse Edith Höllander.

Le couple a eu deux filles. D’abord Margot, en 1926, et, trois ans plus tard, Anne. Ils formaient tous une famille juive traditionnelle de la classe moyenne supérieure.

Lorsque Hitler prit le pouvoir en Allemagne en 1933, la persécution des Juifs commença et la famille décida de déménager à Amsterdam, aux Pays-Bas.

Dans leur nouvelle maison, Otto Frank a ouvert un magasin vendant de la pectine et des épices. Tout allait bien jusqu’en 1942, lorsque les nazis envahirent la Hollande et, comme c’était leur coutume, commencèrent la “chasse” aux Juifs. Les Néerlandais sont les seuls Européens à s’être ouvertement opposés à cette persécution, mais leurs protestations n’ont guère eu d’effet.

Fuir les persécutions

La situation des Juifs devient de plus en plus tendue et Otto Frank comprend que toute la famille est en grand danger. Leur capture n’est plus qu’une question de temps. Ainsi, avec l’aide de quelques collaborateurs de son travail, il a préparé une cachette dans le bâtiment où il avait son magasin.

À cet endroit, il y avait un autre bâtiment à côté, séparé seulement par une cour. Il comptait trois étages, et au dernier étage, une porte secrète conduisait à un grenier. L’entrée était cachée derrière une étagère qui menait à un escalier. Ce dernier conduisait à son tour à un petit endroit où se trouvaient deux petites pièces et une salle de bain.

Otto a parlé de ces plans à sa femme et à sa fille aînée, mais Anne Frank n’en savait rien. Du moins jusqu’à ce qu’il soit temps de se cacher. Cela s’est produit le 9 juillet 1942, trois jours après que Margot, la fille aînée, ait été informée qu’elle devait se présenter aux autorités allemandes. Cela signifie qu’elle sera arrêtée et expulsée.

Face à cette situation, Otto a décidé qu’il était temps pour la famille de se cacher. Ils devaient quitter leur maison la nuit, en portant tous les vêtements qu’ils pouvaient mettre, car il était très dangereux de transporter des valises. Ils ont quitté leur maison dans le désordre et avec une note désinvolte suggérant qu’ils s’enfuyaient vers la Suisse. Le plan a été conçu pour fonctionner.

Une statue d'Anne Frank

Un refuge, un univers

Pendant les deux années suivantes, la famille a vécu dans le refuge, où une autre petite famille et un dentiste sont également arrivés. Au total, huit personnes ont partagé le refuge. Anne Frank a réussi à décrire chacun d’eux avec beaucoup de profondeur et de talent, les transformant en personnages littéraires.

Le journal parle de leurs caractères et des tensions auxquelles ils ont dû faire face dans la situation précaire dans laquelle ils vivaient. Les réfugiés ont survécu pendant cette période grâce à l’aide de leurs amis néerlandais, qui leur ont fourni de la nourriture et les ont tenus au courant des événements. C’est dans ce petit endroit qu’Anne a pensé le monde et est tombée amoureuse pour la première fois.

Tout s’est terminé le 4 août 1944. Ils ont été découverts lors d’une inspection de routine par les responsables de la Gestapo néerlandaise. Les réfugiés ont été envoyés dans un camp de concentration et la famille Frank a été séparée à Auschwitz.

Finalement, Anne est restée seule avec sa soeur et toutes deux ont été envoyées au camp de Bergen-Belsen, où elles sont mortes toutes deux du typhus.

Le seul survivant était Otto, le père d’Anne Frank. Lorsqu’il est retourné à la cachette, à la recherche d’indices sur sa famille, la Croix-Rouge l’a informé de la mort de tout le monde. Puis ils lui ont donné le journal d’Anne, qu’il ne connaissait pas. Il a tout de suite su qu’il s’agissait d’un document d’importance historique. Deux ans plus tard, il a réussi à le faire publier. Et, ainsi, il a réalisé le rêve de sa petite fille, décédée à 15 ans.

 

Frank, A., Rops, D., & Lozano, J. B. (1962). Diario de Ana Frank. Editorial Hemisferio.