Altruisme, matière grise et cerveau

Des chercheurs de l'Université de Zurich étudièrent la relation entre les manifestations de l'altruisme et la configuration de notre cerveau.
Altruisme, matière grise et cerveau

Dernière mise à jour : 14 juin, 2022

L’altruisme peut se définir comme le souci constant des besoins des autres. En d’autres termes, tout faire pour que les autres jouissent du bien-être et aient ce dont ils ont besoin.

L’altruisme est présent dans la culture, l’éducation et la religion, ainsi que dans le cerveau. Dans le cas des animaux, par exemple, il se pratique lorsqu’un des spécimens est prêt à se sacrifier pour le bien du troupeau.

L’altruisme pur signifie sacrifier quelque chose, que ce soit du temps, de la richesse, de l’énergie ou des connaissances, sans rechercher aucune sorte de récompense ou de compensation en retour. Aucun avantage ne se recherche à travers des actes, directs ou indirects.

Un comportement altruiste au sein du règne animal augmente les chances de survie des autres au prix de la réduction des propres chances de survie. Cette théorie n’explique cependant pas davantage sur ces animaux qui donnent leur vie pour d’autres auxquels ils ne s’apparentent pas.

Qu’est-ce qui nous rend altruistes ?

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Certaines personnes sont à l’opposé des égoïstes. Elles donnent sans regarder à qui, offrent même ce qu’elles n’ont pas pour le bien des autres. La recherche montra que la classe sociale, le niveau d’éducation, le sexe ou le revenu peuvent expliquer pourquoi on peut être altruiste ou égoïste.

Maintenant, il y a un autre aspect fondamental pour avoir un comportement altruiste : la structure cérébrale. Cela ne modifie pas seulement les capacités ou la personnalité, comme on le savait auparavant. L’équipe de recherche suisse dirigée par le professeur Ernsr Fehr conclut qu’il existe un lien étroit entre l’anatomie du cerveau et les attitudes altruistes.

Développement et conclusions de l’étude

Afin de savoir si cela est vrai ou non, les participants ont été divisés en deux groupes, qui avaient la possibilité de sacrifier une partie de l’argent au profit d’une autre personne. Cette action peut se considérer comme altruiste, mais les études révélèrent également quelques différences. Certains des participants ne voulurent jamais donner d’argent, d’autres réfléchirent un peu et un tiers le donna sans hésitation.

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Quelle est la raison de ces différences ? Certes, on pourrait dire que l’éducation, le besoin ou le sens de la communauté. Cependant, il a été révélé qu’une certaine partie du cerveau relie la capacité à faire preuve d’empathie avec les sentiments des autres. Plus précisément, c’est la partie où se trouvent les lobes temporaux et pariétaux.

L’altruisme, sans aucun doute, a un lien avec cette capacité. Ainsi, les chercheurs soupçonnent que les différences entre les trois groupes ont trait à cette “partie” du cerveau. L’hypothèse à vérifier est la suivante : ceux qui se comportent de manière plus altruiste ont une plus grande quantité de matière grise à la jonction entre ces lobes.

Les participants montrèrent différentes activités cérébrales lorsqu’ils décidèrent s’ils voulaient ou non partager l’argent. La région du cerveau située derrière les oreilles s’active lorsque le coût des comportements altruistes est faible chez les plus égoïstes. Au contraire, chez les individus altruistes, cette région devient plus active lorsque le coût est important. Cela signifie que lorsqu’ils ont la capacité de donner quelque chose, il travaille davantage.

Cela se produit, selon les scientifiques, parce qu’il y a un plus grand besoin de surmonter la tendance naturelle à “l’égocentrisme” typique de la société d’aujourd’hui ou le fait de se soucier de soi.

Autres facteurs qui influencent l’altruisme

Ernst Fehr indique que les résultats sont intéressants, même s’il ne faut pas tirer de conclusion unique. Le comportement altruiste n’est pas déterminé uniquement par des facteurs cérébraux ou biologiques. Le volume de matière grise peut être influencé par différents processus sociaux.

Par exemple, être entouré de personnes charitables, ayant l’habitude de donner, de faire l’aumône ou d’aider les autres, augmentera également la possibilité d’être altruiste. Si, au contraire, on vit dans un environnement d’égoïsme, de ne penser qu’à soi et de ne rien donner à l’autre, cela influencera les décisions et les attitudes. Comme nous le disions, ce n’est pas seulement une question de matière grise, il existe d’autres facteurs d’influence.

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